Cf. HOLTZMANN, loc. cU
LE BON PASTEUR
(Jean, x, 1-21)
Le discours qui suit l'histoire de Taveug-le-né lui sert de commentaire. La réponse que Jésus était censé adresser à quelques pharisiens se continue naturellement par les considérations sur les faux pasteurs ; on trouvera, pour fînir^ qu'elle a été adressée aux Juifs. Les chefs religieux du judaïsme, aveug-les volontaires, ne se prétendent pas seulement éclairés, ils veulent guider les autres : mauvais bergers, qui s'opposent à Tunique pasteur, à celui qui donne librement sa vie pour ses brebis. L'instruction commence en réalité par la parole sur les non voyants qui voient et les voyants qui deviennent aveugles ^ ; elle tend à réfuter l'argumentation des pharisiens, c'est-à-dire du judaïsme, contre la guérison de l'aveuglené, c'est-à-dire contre la vérité du salut apporté par Jésus. Le développement de la pensée va des faux pasteurs au vrai, puis au troupeau que le vrai pasteur doit constituer. Tout le discours est allégorique, et en cela il ne diffère pas des autres discours du quatrième Evangile, si ce n'est que Fauteur paraît avoir voulu imiter de plus près qu'à l'ordmaire les paraboles des Synoptiques, en s'inspirant particulièrement de celle du pasteur aux cent brebis ainsi que de la sentence concernant la porte du salut ^.
X, 1. En vérité, en vérité je vous (le) dis, celui qui n'entre pas par la porte dans l'enclos des brebis, mais qui Tescalade par ailleurs, est un voleur et un brigand. 2. Mais celui qui entre par la porle est le pasteur des brebis. 3. C'est à lui qu'ouvre le portier, et les brebis écoutent sa voix ; il appelle ses brebis par leur nom et il les fait sortir. 4. Quand il les a toutes fait sortir, il marche devant elles, et les brebis le suivent,
1. IX, 21<. La formule à[j.r]v à[i.7iv Xs^to G;j.îv (x, 1) ne se rencontre pas d'ordinaire au commencement d'un discours.
2. Matth. XVIII, 12-14 ; Luc, xv, 4-7 ; cf. Mattii. ix, 36 ; xxvi, 31.