‹ Le quatrième évangileChapitre 518 sur 857 · Matth. vu · texte numérisé non relu

Matth. vu

parce qu'elles connaissent sa voix. 5. Et elles ne suivraient pas un étranger, mais elles le fuiraient, parce qu'elles ne connaissent pas la voix des étrangers. »

Rien de plus facile que de discerner le faux pasteur du vrai. Celui qui s'introduit dans le parc en franchissant la clôture ne peut être qu'un voleur, non un berger. Le vrai berg-er ne passe pas ailleurs que par la porte ; celui qui garde Feutrée s'empresse de lui ouvrir ; les brebis le connaissent et lui-même les appelle toutes par leur nom; les ayant fait sortir du parc, il se met à leur tête, et elles le suivent, ce qu'elles ne feraient pas si un étranger les appelait ; elles s'enfuiraient plutôt, ne connaissant pas sa voix. Jean appelle cette description « comparaison » ou u parabole ))^, mais ce n'est pas du tout une parabole comme celles que Jésus prononce dans les Synoptiques. Il n'y est pas question de bergers ni de brebis, avec application morale à un autre objet, par manière de comparaison, mais d'abord et uniquement des docteurs juifs, du Christ et de ses fidèles. Nonobstant les détails dont le tableau est chargé, et bien que tous ne semblent pas avoir une signification allégorique, ce n'est pas une histoire de bergers qu'on raconte, ce sont les rapports, très différents, des maîtres d'Israël et de Jésus avec les hommes, qui sont décrits en termes figurés. Les voleurs sont les représentants delà tradition pharisaïque; cela est évident dès le commencement, quand même Jésus ne le dirait pas tout aussitôt de façon expresse ; et le berger n'est pas autre que le Christ. Sans doute l'allégorie tend à prendre l'apparence d'une parabole, et l'on vient de dire pourquoi ; ce n'est pas néanmoins une parabole, jDarce que l'auteur du quatrième Evangile, prenant les paraboles synoptiques pour des allégories, ne les a imitées que dans la forme descriptive, non pour le caractère et Tesprit du récit.

Il suggère à la pensée la représention d'un parc clos de murs ou de palissades, gardé par un berger auxiliaire, où le troupeau est enfermé pendant la nuit ; des gens s'introduisent dans ce parc par escalade et ne peuvent être que voleurs et brigands; le berger principal vient à la porte, et le gardien, qui le connaît, le fait entrer; le berger compte les brebis à la sortie du parc, quand il les conduit au pâturage, et au retour; ces brebis ont chacune leur

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