‹ Le quatrième évangileChapitre 527 sur 857 · HOLTZMANN · texte numérisé non relu

HOLTZMANN

l.E QUATRIÈME ÉVANGILE

tains Juifs qui avaient cette attitude modérée à l'ég'ard des chrétiens. Toujours est-il que le récit n'a pas d'autre conclusion. Les Juifs persévèrent en masse dans leur endurcissement, bien que quelques-uns fassent observer que Jésus pourrait bien n'être pas le possédé que Ton prétend, et que son œuvre témoignerait plutôt en sa faveur.

Cette minorité se fait, sans le vouloir, l'apologiste du Christ et du christianisme. Tous admettent implicitement que les miracles ne peuvent pas être l'œuvre du démon, mais la plupart refusent d'admettre la réalité des miracles. C'est que le miracle johannique n'est pas seulement un phénomène extraordinaire de l'ordre physique ; c'est un prodige de l'ordre spirituel. Ainsi s'explique la contradiction qui existe sur ce point entre le quatrième Évangile et les Synoptiques. Dans les trois premiers Evangiles, les Juifs ne contestent pas les faits miraculeux, mais ils disent que Jésus chasse les démons par Beelzeboul K Rien ne sert de dire que l'expulsion des démons et la guérison des maladies sont choses distinctes -, car les deux se confondent plus ou moins dans la conception toute populaire des Synoptiques, tandis que, chez Jean, les cas de possession sont éliminés, et les miracles sensibles figurent des œuvres spirituelles beaucoup plus importantes et plus merveilleuses. Le symbolisme johannique ne permettait guère de laisser se produire, même pour être rejetée, l'idée que les miracles du Christ pourraient être l'œuvre du démon. Ces miracles, s'ils sont réels, sont œuvre divine ; de là vient que les Juifs incrédules aiment mieux les nier contre toute évidence, et que, lorsqu'ils ne peuvent plus nier, après la résurrection de Lazare, ils prennent le parti insensé de supprimer celui qui fait les miracles.

4. Mattii. XII, 24; Luc, xi, lo. Noter que Jkan, x, 20, résume et interprète Marc, iir, 21 (opinion des parents de Jésus), et m, 30, opinion des pharisiens (seule reproduite dans Matthieu et Luc). Cf. p. 502. supr.

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