Cf. I Mach. IV, 50-59 ; II Macii. i, 18 ; x, J
LE QUATRIÈME ÉVAN(ilLE
et l'on ne doit pas trouver extraordinaire cette lacune de trois mois, puisqu'il y en a une plus considérable entre le chapitre v et le chapitre VI, et entre le chapitre vi et le chapitre vu. Les exégètes qui veulent faire rentrer dans le même cadre les Synoptiques et le quatrième Evang-ile ont imaginé diverses combinaisons pour placer entre la fétè des Tabernacles et la Dédicaceun voyage en Pérée. Rien de plus facile, puisque l'espace est vide ; rien de plus hypothétique, puisque les récitsde laSynopse n'ontpas été conçus dansle cadre johannique et que le cadre johannique n'a pas été fait pour les englober; rien déplus gratuit, puisque l'auteur ne dit mot de ce voyage et laisserait plutôt entendre que Jésus n'a pas quitté Jérusalem. On est d'autant plus autorisé à ne pas regarder cette perspective comme réelle que Jean lui-même n'en tient pas compte. Le discours placé dans la bouche de Jésus à l'occasion de la Dédicace suppose connu ce qui a été dit plus haut du bon pasteur et des brebis, comme si les deux discours ne formaient qu'un tout logique, et que l'intervalle de trois mois qui est censé les séparer n'existât que pour la forme.
{( Jésus se promenait dans le temple, sous le portique de Salomon. » 11 semble que ce soit à cause de la saison que Jésus est sous ce portique et non dans le parvis. Le portique de Salomon est mentionné au livre des Actes K Cependant saint Augustin et quelques autres interprètes ont pensé que l'hiver figurait les dispositions morales des Juifs Ce serait encore à cause de l'hiver que Jésus marcherait, au lieu de rester en place et de haranguer la foule. Mais cette raison, si elle existe, en cache une autre plus profonde. Jésus ne prêchera jdIus dans le temple ; quand il y parlera, ce sera pour répondre aux questions qui lui seront posées ; après avoir annoncé sa mort et sa résurrection, proclamé l'inutilité de ses efforts auprès des Juifs et le succès futur de l'Evangile auprès des Gentils, le Christ n'a plus rien à faire à Jérusalem. La situation est la même qu'en Galilée après la désertion en masse qui a été signalée à la fin du chapitre vi, avec cette différence que les Galiléens incrédules ont abandonné Jésus, tandis que les Hiérosolymitains incrédules veulent se défaire de lui. Jésus néanmoins se montre au milieu d'eux, il y reste même autant qu'il faut pour prouver que leur haine est impuissante contre lui, jusqu'à ce que (( l'heure » soit venue.