‹ Le quatrième évangileChapitre 530 sur 857 · ACT. III, il · texte numérisé non relu

ACT. III, il

2. <( Quia animi .ludacorum frig'idi eraiit. » Maldonat, II, 765.

A LA FÊTE DE LA DÉDICACE. LE FILS DE DIEU

En attendant, il ne tente pas d'effort inutile pour convertir les Juifs. Les données synoptiques touchant l'évolution du ministère galiléen se trouvent ainsi transposées et comme dédoublées dans la perspective johannique du chapitre vi et des chapitres vii-x, les deux ministères, galiléen et hiérosolymitain, étant condensés chacun en un acte principal dont les préliminaires, les péripéties et la conclusion sont tout à fait analogues.

Surpris que le Sauveur ne leur dise plus rien, les Juifs l'abordent et le somment de proclamer franchement s'il est le Christ. Les déclarations antérieures de Jésus à ce sujet ne manquaient pas de netteté; mais il y a probablement dans cette demande un écho des Synoptiques 1 , et l'évangéliste a soin de faire demander une réponse claire ^. Les Juifs sont aveugles au delà de ce qu'on peut imaginer; ils n'ont pas encore compris ce que le Sauveur a voulu leur dire, et ils ont encore besoin d'apprendre de lui-même s'il se regarde comme le Messie. C'est cet aveuglement fatal et volontaire que l'on veut mettre en relief ; il n'est pas nécessaire de prêter aux interrogateurs quelque intention cachée, le désir de se procurer matière à délation auprès des chefs. L'analogie extérieure avec telle question captieuse des pharisiens dans les trois premiers Evangiles n'autorise pas une telle induction. Il faut admettre que l'esprit de ces Juifs est réellement suspendu et inquiet dans l'attente d'un aveu formel qui ne vient pas ; ils n'ont pas d'ailleurs la moindre inclination à reconnaître Jésus pour le Messie, et l'on peut être assuré d'avance qu'ils ne croiraient pas en lui s'il s'attribuait ouvertement cette qualité. Le Christ johannique se fait connaître comme Messie à la Samaritaine, à l'aveugle, à ses disciples, mais non au public galiléen ou hiérosolj^mitain, quoique ce qu'il affirme de luimême, de sa mission, de ses rapports avec le Père, signifie beaucoup plus que le simple titre messianique ; il n'avouera même sa qualité de roi qu'à Pilate, et le grand-prêtre n'obtiendra rien. Ce procédé singulier permet à l'évangéliste d'exposer longuement sa théologie dans les discours, tout en respectant extérieurement, par une sorte de fiction logique et littéraire, les indications générales des Synoptiques.

Si Jésus ne répond pas directement à la question posée, ce n'est

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