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Qu'est-ce que ce don plus grand que tout ? Ce seraient sans doute les brebis ^ ; mais on ne voit pas pourquoi ce don serait dit infini ; on voit moins encore comment la qualité de ce don fait qu'on ne peut le prendre au Père. S'il ne s'agit pas des brebis, on n'a plus que le choix entre des abstractions telles que le pouvoir de racheter ou bien la puissance et la nature divines -^^ idées qui auraient eu besoin d'être mieux exprimées et qui n'amènent pas naturellement l'intervention du Père pour la sauvegarde des brebis. On aura craint de laisser entendre que le Père, « plus grand que tous » les êtres, était plus grand que le Fils, et Ton aura voulu insinuer que le Fils tenait du Père tout ce qui appartient à celui-ci. Mais la déclaration que Jésus fait en cet endroit est parallèle à celle qu'il fera plus tard: « Mon Père est plus grand que moi ^ », et le rapport métaphysique du Père et du Fils, leur consubstantialité, leur unité transcendante n'est pas définie dans le quatrième Evangile.
En disant que le Père et lui sont un ^, Jésus enseigne la présence actuelle du Père dans le Fils, dans le Verbe incarné, non Tunité indivisible de la nature divine qui leur est commune. On peut dire que l'unité d'action suppose l'unité de nature; que la présence du Père dans le Fils ne résulte pas du simple accord de leurs volontés ; que les Juifs, croyant que Jésus se fait Dieu, ne sont pas taxés de contresens par le Christ ni par l'évangéliste. Mais tout cela ne va pas plus loin que l'explication : « Le Père est en moi et je suis dans le Père ^ », explication qui fait suite à l'énoncé du prologue : « Au commencement était le Verbe, et le Verbe était à Dieu, et le Verbe était Dieu. » Ce qui est signifié directement dans tous ces passages n'est pas la consubstantialité des personnes divines, mais la relation intime du Père et du Verbe, éternel ou incarné, fondée sur la communication de nature et d'attributs divins