‹ Le quatrième évangileChapitre 533 sur 857 · viir · texte numérisé non relu

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A LA FÊTE DE LA DÉDICACE. LE FILS DE DIEU

a été dit dans le dernier discours touchant les brebis du Christ. Les brebis, ceux qui sont de Dieu, écoutent la parole de l'envoyé de Dieu ; Jésus les coiuiaît et elles le suivent, elles ne se séparent pas de lui, et il leur donne la vie éternelle ; elles ne subiront pas la mort, parce que nulle puissance humaine ou diabolique ne saurait les enlever au bon pasteur. Jésus a déjà parlé de ce don d'immortalité qu'il procure aux siens ^ ; il le rappelle ici, non qu'il fasse allusion aux efforts des Juifs pour détourner Faveugle-né -, mais parce que l'auteur veut ainsi préparer et introduire l'histoire de Lazare, le mort ressuscité ^. Il n'est pas dit que le don de la vie éternelle soit la récompense de la docilité des brebis et moins encore que l'on puisse toujours devenir brebis ou cesser de l'être \ L'Evangile n'entre pas dans la subtilité de ces problèmes. Toutes les brebis sont censées devoir être fidèles ; elles sont prédestinées à l'immortalité ; et pareillement ceux qui ne sont pas brebis sont supposés devoir persévérer dans l'incrédulité ; ils sont prédestinés à la mort. Que tous soient libres et traités selon leurs mérites, rien sans doute n'est plus vrai ; mais c'est une vérité dont l'Évangile ne parle pas. Il ne s'agit pas de savoir si les brebis peuvent s'égarer, mais pourquoi ces brebis élues ne courent aucun danger sous la conduite de leur pasteur.

Nul ne peut les ravir au Fils, parce que le Père qui les lui a données « est plus grand que tous ^ ». Telle est du moins la lecture la plus vraisemblable, réclamée par le contexte et autorisée par des témoins fort anciens Si l'on ne peut ravir les brebis des mains du Fils, c'est parce c{ue le Père les lui a données ; que lui-même est un avec le Père; que vouloir lui prendre ses brebis serait vouloir les prendre au Père, tentative insensée, puisque la puissance divine du Père défie tout autre pouvoir. La leçon commune : « Ce que m'a donné le Père est plus grand que tout », introduit une idée obscure et indéfinissable, sans rapport logique avec le reste du discours.

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