JuD. XVI, 24; cf. I Sam. xxxi, 13; I Ciihon. x
A. LoisY. — Le quatrième Évangile. 41
qu'avaient lieu les visites de condoléances. D'après la coutume orientale, les hommes rendent visite aux hommes, et les femmes aux femmes; mais il n'y avait plus que des femmes dans la famille de Béthanie, et Jean tient à avoir des hommes, «. les Juifs », pour témoins du miracle.
Marthe, la sœur aînée, qui joue le rôle de maîtresse de maison et qui reçoit les visiteurs, prévenue que Jésus arrive, va aussitôt à sa rencontre, tandis que Marie reste assise dans Tintérieur de l'habitation, suivant l'usage, pour écouter les condoléances. L'attitude de l'une et de l'autre est en rapport avec ce que Luc nous apprend de leur caractère, ou plutôt de leur manière d'être; car l'enseignement du Christ est ici donné à Marthe, dont la foi se trouve avoir beaucoup plus de relief que celle de Marie ^ Pourquoi Marthe n'avertit-elle pas sa sœur avant d'aller trouver Jésus? Marthe a-t-elle cédé à un premier mouvement? Voulait-elle entretenir Jésus à part ? A-t-elle pensé ménager la sensibilité de sa sœur, en cherchant à connaître d'abord les espérances que le Sauveur apportait avec lui? On ne peut faire à ce sujet que des conjectures superflues. L'évangéliste insinue que Marie devait, par égard pour les visiteurs, rester à la maison tant que Jésus ne la demanderait pas, et il obtient un meilleur effet dramatique en amenant successivement les deux sœurs devant le Christ.
« Seigneur, dit Marthe en l'abordant, si tu avais été ici, mon frère ne serait pas mort. » On ne voit pas comment ces paroles se référeraient à ce que Jésus lui-même a dit devant le messager ^ : « Cette maladie ne va pas à la mort. » Il n'y a pas de correspondance entre ce qu'a dit le Christ et la réflexion de Marthe. Celle-ci devrait dire plutôt que la prévision du Sauveur a été trompée, puisque son frère est mort. Elle ne fait qu'exprimer l'idée qui est sous-entendue dans le discours de Jésus aux disciples : « Je me réjouis de n'avoir pas été là. » S'il avait été auprès de Lazare malade, il n'aurait pu le laisser mourir, il l'aurait guéri. Le reproche est sans amertume, et c'est une plainte douloureuse plutôt qu'un reproche. En dépit de la mort, la sœur de Lazare garde une espérance, car elle ajoute : « Et maintenant je sais que tout ce que tu demanderas à Dieu, Dieu te l'accordera. » La venue du Sauveur lui inspire cette