‹ Le quatrième évangileChapitre 554 sur 857 · IIOLTZMANN · texte numérisé non relu

IIOLTZMANN

LAZARE

confiance. Elle croit que Jésus peut obtenir par sa prière la résurrection du mort. Ce qu'elle en dit n'est point conforme au préjugé des Juifs ^, mais bien à ce que Jésus lui-même prendra soin d'enseigner avant de faire le miracle -, et au principe déjà formulé à propos de l'aveugle 3.

Pour consoler Marthe et répondre à la foi dont elle fait preuve, Jésus lui dit : « Ton frère ressuscitera ^. » Parole de style tout à fait johannique, c'est-à-dire à double sens, puisqu'elle dissimule derrière l'idée de la résurrection générale la promesse du miracle particulier que Marthe demande. Marthe ne perçoit que l'idée générale, ce qui permet à Jésus de développer son enseignement sur la résurrection et de donner en même temps la clef du miracle qu'il va faire, le mot de Fhistoire que Jean raconte. « Je sais, dit Marthe, qu'il ressuscitera dans la résurrection » de tous les justes et amis de Dieu, « au dernier jour » du monde. Elle ne dit rien de plus, mais on voit clairement qu'elle attendait et qu'elle désire encore mieux que cette espérance lointaine, que cette consolation dont tout Juif aurait pu trouver la formule et où ne se manifeste pas la toutepuissance miséricordieuse du Christ envo^^é de Dieu. Jésus lui montre que sa parole n'était point banale, mais qu'elle était l'expression du rôle qui appartient au Fils de Dieu : « Je suis la résurrection et la vie '\ » Ainsi l'attention est rappelée vers la personne du Christ comme vers le principe de la vie éternelle, de cette résurrection dernière à laquelle Marthe a pensé, et de la vie surnaturelle qui naît de la foi et qui triomphe de la mort. « Celui qui croit en moi, quand même il mourrait », perdant ainsi la vie naturelle, (( vivra » de la vie éternelle, qu'il doit à la foi et que la mort ne peut lui ravir; « et quiconque vit » ici-bas de la vie terrestre « et croit en moi » pourra bien perdre cette vie, mais « il

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