B. Weiss
4. D lits'çTfjv /(ôpav SaaipojpEiv. D'après une conjecture |)eu probable de Resch, IV, 141, 204, ce serait le nom d'une bourgade samaritaine voisine de Béthel. C'est dans cette région que l'on place communément Ephraïm, d'après Josèpiie, Bell. jud. IV, 9, 9. On peut traduire : c Dans la campagne, près du désert. >» Cependant la formule : « dans la région », semble appeler un nom propre, et l'on peut se demander si u au pays de... » et « à la villedite Ephraïm» ne sont pas deux variantes d'une même indication. L'auteur aurait-il eu en vuel'Ephrata de Micii. v, 1 ?
o. Voir dans Scuanz, 42o,et Le Camus, Vie de N.-S. Jésns-Chrisl 471- 472, diverses hypothèses (lescommentateurs. Ephraïm tient chez Jean la place de Jéricho dans les Syno[)tiques , mais ce n'est pas raison pour supposer (Ciievne, E. B. II. 1321) que Jean lui-même avait écrit « Jéricho » et non (* Ephraïm ».
LE CONSEIL DE CAÏPHE
semble pas que Jésus sorte de la province de Judée, ni qu'il se retire bien loin de Jérusalem, car le désert en question ne peut être que le désert de Juda, qui s'étendait vers le nord jusqu'à Jéricho. Jean, qui a passé sous silence le séjour au désert que les Synoptiques signalent au début de l'Evangile, aurait-il introduit par compensation cette retraite finale « près du désert » ?
Quoi qu'il en soit, la Pâque des Juifs était proche, et le séjour du Christ à Ephraïm ne devait pas durer longtemps. Déjà les gens de la province, c'est-à-dire des environs de Jérusalem, affluaient dans la capitale pour s'acquitter, avant la fête, de toutes les cérémonies et sacrifices expiatoires moyennant lesquels ils se mettraient en parfait état de pureté légale. Les relations avec les Samaritains et les étrangers, pour ceux qui demeuraient sur la frontière de Judée, étaient une occasion permanente de souillures ; et de même le voyage pour ceux qui venaient de plus loin. Ces pèlerins, dans les cours du temple, s'entretenaient de Jésus : Viendrait-il à la fête, ou n'y viendrait-il pas? Le sentiment qui dicte ces questions est la curiosité, non la malveillance. Les gens sont incertains de ce que fera Jésus, parce qu'ils n'ignorent pas les instructions données par les chefs du sacerdoce et les pharisiens : la consigne était de le dénoncer dès que Ton saurait où il se trouvait, afin que le sanhédrin le fît arrêter aussitôt. Les pèlerins et le sanhédrin sont probablement censés ignorer que le Christ, à ce moment, vit tran-^ quille à Ephraïm.
L'indication des mesures prises par le grand conseil est destinée par avance à expliquer la façon dont Judas livrera son maître : négociation et marché seront superflus ; le premier venu qui saura où Ton peut saisir Jésus n'a qu'à se jDrésenter pour faire sa dénonciation; l'efTet suivra sans tarder. Seulement l'évangéliste a pris soin d'intercaler, entre ce décret et la mise à exécution, l'entrée triomphale du Sauveur à Jérusalem, afin de bien établir que le Christ n'a été pris que quand il a été temps pour lui de le permettre. Jésus est entré en vainqueur à Jérusalem, et le sanhédrin, son décret, sa police ont dû le laisser passer. On doit noter ^ aussi que le décret du sanhédrin anticipe la résolution de cette assemblée dans les Synoptiques ~, et même la séance de condamnation le quatrième