‹ Le quatrième évangileChapitre 572 sur 857 · Cf. supr. p · texte numérisé non relu

Cf. supr. p

L'ONCTION (Jean, xii, 1-11)

Le chapitre xii sert de conclusion aux récits précédents, à la relation du ministère judéen, et d'introduction à la dernière partie de l'Evangile, à la catastrophe finale et au dénouement de l'histoire évangélique. Il commence par deux tableaux symboliques, étroitement coordonnés, l'onction du Christ ^ et l'entrée à Jérusalem ~, qui figurent, sous l'apparence d'un grand succès dans la ville sainte, la conversion du monde; et il s'achève par deux discours 3, où, après l'intervention des païens qui annonce la conversion des Gentils, et après la constatation de l'incrédulité judaïque, la réprobation d'Israël est expliquée et proclamée. Les tableaux feraient croire que la masse des Juifs est gagnée à l'Evangile, et les discours qu'elle lui est opposée. Ces deux points de vue contradictoires sont vrais surtout selon leur signification symbolique : Jean a voulu faire entendre que la conversion des Juifs était toute préparée, et qu'elle a été empêchée par les chefs ; en attendant, le triomphe éphémère qu'il attribue à Jésus, d'après la tradition synoptique, représente la triomphe durable que le Christ obtiendra dans le monde païen ; l'on prévoit que l'insuccès bien vérifié du ministère judéen, insuccès non moins complet que celui du ministère galiléen, n'est pas définitif et sera largement compensé par la diffusion de l'Évangile chez les Gentils.

xn. 1. Cependant Jésus, six jours avant la Pâque, vint à Béthanie, où était Lazare, que Jésus avait ressuscité des morts. 2. On lui apprêta donc à souper là ; Marthe servait, et Lazare était un de ceux qui étaient à table avec lui. 3. Or Marie, prenant une livre de parfum de nard pur, très précieux, oignit les pieds de Jésus et lui essuya les pieds avec ses che-

Page 1