Admise même par Holtzmann
3. V. 17. £[j.apTup£t oùv 6 oyXo; 6 (îiv {jlet' aùxou ore xôv Aoc^apov eçtovrjaev Ix tou pTiM-etou xal Tj'yEipev auTOv ex vexpwv (nAB, Vg. etc. Ss.j.D etc. mss. lat. lisent OTt,
l'entrée a Jérusalem et le triomphe a venir
qui suivaient Jésus ^ Ces deux portions du cortège deviennent deux foules distinctes, dont l'une, où il faut mettre les témoins de la résurrection de Lazare qui ont été convertis par ce miracle, et probablement aussi les Juifs qui sont venus la veille à Béthanie à cause de Lazare, accompagne le Christ depuis Béthanie, et l'autre, formée de la masse des pèlerins, qui ont connu aussi le miracle, mais n'ont pas bougé avant qu'on leur annonçât la venue du Sauveur, sort de Jérusalem pour venir à sa rencontre. La confusion est dans le récit même, et il est impossible d'en sortir. L'évangéliste doit avoir en vue deux groupes de croyants : ceux qui ont vu ressusciter Lazare, c'est-à-dire les disciples du Sauveur et les premiers convertis du judaïsme palestinien, et ceux qui ont cru sur la parole des premiers, les pèlerins, les convertis du judaïsme dispersé, auxquels vont se joindre immédiatement les païens.
Cependant les pharisiens, témoins de cet enthousiasme, sont obligés de s'avouer leur impuisssance et l'inefficacité de toutes les mesures prises par le sanhédrin pour empêcher le peuple de s'attacher à Jésus : (( Voilà que le monde - court après lui ! » Tout le monde, dans leur bouche, peut bien signifier le public, le peuple ; dans la pensée de l'évangéliste et pour le lecteur, ce doit être vraiment le monde, l'univers. Comme on ne nous dit pas où est le cortège, il est superflu de se demander où sont les pharisiens, sur le chemin de Béthanie, dans Jérusalem, ou en séance du sanhédrin. Aussi bien que la scène de triomphe, la remarque des pharisiens est orientée vers l'avenir et ne s'achève pas dans le présent. En cet endroit, Jean ne se propose pas seulement de faire voir que Jésus ne succombera que quand il le voudra ; il veut bien plutôt faire ressortir l'inutilité de lout ce que le judaïsme a tenté contre Jésus lui-même et contre l'Eglise. Pour ce qui est de l'histoire, il laisse entendre que le j)euple juif aurait été gagné au Christ sans
leçon plus facile que ors, du moins en apparence, et qui a pu en sortir aisément. Indépendamment des autorités qui la recommandent, la leçon oxs semble garantie par la description qui est faite du miracle. S'il ne s'agissait que de témoignage, l'auteur aurait écrit simplement : « la foule... témoignait qu'il avait ressuscité Lazare ». La formule : « il avait appelé Lazare hors du tombeau » suppose les témoins oculaires de la leçon ots. Cf. B. Weiss, 434.