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L'évang-éliste conduit donc son lecteur au soir d'avant la Pâque^ au soir qui précède, selon lui, la mort de Jésus. Il va parler du dernier repas que les Synoptiques ont aussi décrit, mais qu ils ont identifié au festin pascal et auquel ils rattachent Finstitution eucharistique. D'après le quatrième Evangile, ce n'est pas le dernier repas du Christ, mais sa mort, qui coïncide avec l'ouverture de la fête de Pâque. Cette substitution n'a rien que de conforme aux procédés ordinaires de l'auteur K On verra, au fur et à mesure que le récit se développera, j^our quelles raisons symboliques et avec quelles précautions la date indiquée par les Synoptiques a été changée. Le sens des données chronologiques étant suffisamment clair de part et d'autre, les efforts des exégètes qui ont voulu prouver l'accord matériel des Synoptiques et de Jean se trouvent condamnés par les textes mêmes, et il ne semble pas utile de discuter ici les différents systèmes qui ont été proposés à seule fin d'établir que Jean a voulu dire la même chose que les Synoptiques, ou les Synoptiques la même chose que Jean. C'est dans le caractère des récits qu'il faut chercher la solution de la difficulté. Or, si la narration synoptique donne lieu à quelques objections, elle n'en garde pas moins la valeur d'un témoignage substantiellement historique, où les préoccupations du théologien et de l'apologiste n'apparaissent que dans le& détails, tandis que l'histoire de la passion, dans le quatrième Evangile, est dominée, comme tout le reste du livre, par le principe du symbolisme dogmatique ~. Quant à l'institution de l'eucharistie^ bien qu'elle ne soit pas racontée par Jean, son souvenir remplit tousles récits et discours de la dernière soirée, et elle tient plus de place dans le quatrième Evangile que dans les Evangiles antérieurs où elle est expressément signalée.
(( Avant la fête de la Pâque ^ » ne peut être le soir de la Pâque, 14 nisan, mais la veille, 13 nisan, comme il résulte de l'enchaînement des faits dans ce chapitre et dans les suivants. C'est le dernier soir de Jésus, le commencement de son dernier jour, et c'est pourquoi Ton dit tout d'abord que « l'heure est venue pour lui de passer de ce
1. ((Il ne lui en coûtait pas plus de changer la date de la mort de Jésus que de supprimer le- baptême, la tentation, l'institution de la cène ou l'agonie de Gethsémani. » J. Réville, 288.