‹ Le quatrième évangileChapitre 611 sur 857 · ScHANZ, loc. cit · texte numérisé non relu

ScHANZ, loc. cit

6. ' Luc, XXII, 24-30. La dépendance à l'égard du troisième Evangile ne paraît pas douteuse ; mais le récit de Jean n'est pas pour cela une simple réalisation de la métaphore de Luc (Sciimiedel, E. B. II, 2539); il ne s'agit pas de traduire en fait, mais d'interpréter symboliquement la donnée de Luc, transformée en tableau.

7. V. 3. £t$wç OTt Tiavxa ïBtoxsv aùioi ô 7:aT7]p sî; xà; yslpaç. Cf. m, 35 ; siip?\ [). 342.

du salut, avec les moyens de raccomplir, « qu'il venait de Dieu et qu'il retournait auprès de Dieu » : c'est dans cette pleine conscience de sa mission divine, de son origine éternelle et de sa destinée céleste, qu'il se lève de table pour laver les pieds de ses disciples.

Le rapport des choses et la liaison des idées n'apparaissent pas du premier coup, si l'on s'en tient à la lettre du récit. Une hypothèse banale se présente naturellement et a trouvé crédit auprès des commentateurs : bien qu'il soit si g-rand ^, ou parce qu'il est si grand 2, il veut s'abaisser , donner un exemple d'humilité. Mais le contraste de la grandeur à l'abaissement n'est pas indiqué. Ce qui ressort du texte, c'est la pleine connaissance qu'a Jésus de sa mission et de son départ, avec l'intention, qu'il exprimera plus loin, de laisser aux siens un souvenir de sa vie et de sa mort, un exemple significatif où se résume l'enseignement de l'une et de l'autre La situation est absolument la même que dans les Synoptiques pour l'institution de l'eucharistie, et le dessein de l'auteur est évident. Le lavement des pieds, en tant que mémorial du Christ serviteur, vivant et mourant pour les siens, s'est substitué à la distribution symbolique du pain et du vin. De cet échange résulte une disproportion apparente entre l'introduction solennelle, où la vocation du Christ est montrée si grande, et l'acte commémoratif de cette vocation, qui semble si commun et si insignifiant. Une disproportion analogue, quoique moins sensible, s'est déjà rencontrée entre la parole : « Je suis la lumière du monde ^ », et la guérison de r aveugle-né ; entre la parole : « Je suis la résurrection -^ », et le rappel de Lazare à la vie, si l'on considère simplement les miracles comme des faits matériels, non comme l'expression réelle de la vérité qui est proclamée à leur occasion. L'équilibre se rétablit entre le préambule et l'action, dès qu'on entend celle-ci comme l'évangéliste l'a comprise.

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