‹ Le quatrième évangileChapitre 622 sur 857 · U. Weiss, 4:i8 ; Sciianz · texte numérisé non relu

U. Weiss, 4:i8 ; Sciianz

LE GRAND EXEMPLE

Tautre. Le Christ va proclamer heureux celui qui suivra son exemple : la promesse serait encore disproportionnée à son motif, si un seul acte symbolique ne résumait pas le tout du christianisme, Tamour sacrement et dévouement.

Puisque le Verbe incarné s'est fait le serviteur des hommes, ceux qui sont sauvés par lui doivent être prêts à l'imiter : le serviteur n'a pas d'idéal plus élevé que son seigneur, ni l'envoyé que celui dont il tient mission ; il va sans dire que le maître et celui qui envoie ne sont pas autres que Jésus lui-même, et qu'il n'y a pas ici, à proprement parler, de comparaison, mais une allégorie conforme aux habitudes du langage johannique. Application assez nouvelle du proverbe synoptique : « Le disciple n'est pas au-dessus du maître K » « Si vous savez ces choses », si vous comprenez la leçon du lavement des pieds, « heureux serez-vous en les accomplissant » ; le salut dépend de l'union à Jésus dans le sacrement et la pratique de la charité.

Mais la pensée du Christ revient au traître; la réserve énoncée plus haut dans l'assertion : (( Vous êtes purs, mais non pas tous », reparaît sous une autre forme. Jésus vient de promettre le bonheur à ses apôtres, pourvu qu'ils suivent le programme de sacrifice dont il leur a donné l'exemple ; cependant il y en a un parmi eux qui n'est pas prêt à exécuter ce programme et qui ne goûtera jamais ce bonheur. Ce n'est donc pas à tous qu'il a songé en faisant la promesse ; il a fait une exception pour celui qui va le trahir, car il connaît ceux qu'il a choisis; il sait ce que valent les onze apôtres fidèles et ce que vaut Judas. S'il a choisi un traître, il ne s'est pas trompé sur son compte ; il devait faire ce choix pour accomplir les desseins de la Providence, afin de réaliser la parole prophétique : » Celui qui mangeait mon pain a levé contre moi le talon )) L'ingratitude dont se plaint le Psalmiste est imputée à Judas, qui a été si longtemps commensal du Christ et qui assiste encore à ce repas de l'amour, qu'il souille de sa présence. Saint Augustin a vu, dans le pain du Christ, l'eucharistie, et si tel n'est pas le sens direct du texte, c'en est du moins le sens mystique, tel

Page 1