‹ Le quatrième évangileChapitre 621 sur 857 · I Cor. xi · texte numérisé non relu

I Cor. xi

4. Témoignage de s. Ambroise (De ini/st. 6), pour l'Eglise de Milan.

et dans l'office ecclésiastique du jeudi saint, la tradition n'a jamais entendu cet ordre à la lettre. Cependant aucun sacrement ne peut s'autoriser d'une recommandation plus formelle et plus précise. Si le lavement des pieds n'est pas devenu un sacrement ecclésiastique, quoique le récit, pris littéralement et scolastiquement interprété ^, eût dû conduire à ce résultat, ce n'est point parce que le précepte ne serait particulier que dans la forme et embrasserait toutes les œuvres de charité ~, car le précepte est aussi déterminé que l'exemple, et on le détruit en l'universalisant; ce n'est point non plus parce que le précepte se rapporterait à la disposition morale du renoncement personnel^ non à l'acte même où un exemple de renoncement a été donné par le Sauveur '\ car Jésus prescrit le lavement des pieds et non le renoncement, il indique un exemple à suivre comme il l'a donné, non à imiter sous telle autre forme que l'on voudra; mais c'est que le lavement des pieds n'est que le symbole d'un sacrement existant ; c'est que la recommandation regarde l'acte en tant que figuratif, s'applique à la chose signifiée, non au symbole; c'est qu'il était trop tard, lorsqu'on interpréta cette histoire comme un récit ordinaire, pour que le lavement des pieds se fît une place importante dans la liturgie et le système sacramentel de TEglise.

Il est bien vrai que le précepte du Christ est à entendre dans un sens plus large que la lettre, mais cette interprétation plus large n'est justifiée que par le caractère symbolique de Tacte qui est l'objet du précepte ; c'est dans ce symbolisme et non ailleurs qu'on doit la puiser. Jésus ayant figuré dans le lavement des pieds la totalité du service de salut qu'il a rendu à l'humanité, principalement dans sa mort, c'est ce service, tel que Jésus l'a pratiqué sur la croix, tel qu'il l'a représenté dans l'eucharistie, qui est recommandé au chrétien ; c'est dans l'esprit de Jésus mourant que le chrétien doit participer à l'agape eucharistique et exercer la charité, pour demeurer uni à Jésus par l'une et par l'autre, par l'une dans

1. S. Bernard (éd. Migne, II, 273) appelle le lavement des pieds « sacramentum remissionis peccatorum quotidianorum

2. MoLTZMANN, loc. cU. J. Uéville, 238. L'emploi de xaOfo; ne justifie pas rapplicalion à dds œuvres semblables; il est commandé par 'j7z6oBi-^[xa. Jésus ne dit pas : (( Faites tout, comme j'ai fait cela », mais : (( Faites cela comme je Tai fait. »

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