‹ Le quatrième évangileChapitre 633 sur 857 · Ewald, np. B. Weiss, loc. cit · texte numérisé non relu

Ewald, np. B. Weiss, loc. cit

7. ScHANz, 465. Et ce n'est pas seulement un avis de quitter la salle (Knaben BAUEH, 415). Cf. II, 19, s/;/)/', p. 201.

LE TRAITRE

sion vulgaire : c'est une démarche condamnable en elle-même, odieuse et diabolique, dont Satan et Judas croyaient avoir le secret, et de laquelle, le Père et le Christ sont encore seuls à le savoir, dépend le salut du monde.

Aucun des convives, si ce n'est Judas, ne voyait ce que Jésus avait voulu dire. Le disciple bien-aimé, qui maintenant connaissait le traître, est censé n'avoir pas soupçonné que la trahison devait se produire tout de suite et que Jésus lui-même en pressait l'exécution. Comme Judas a été dit trésorier de la troupe apostolique, les plus avisés croient pouvoir conjecturer quelque achat de provisions « pour la fête » , c'est-à-dire pour la Pâque du lendemain, ou une distribution d'aumônes en vue de la même occasion. L'hypothèse ne ferait pas g-rand honneur à leur perspicacité^ puisque l'on ne pouvait guère acheter, ni visiter les pauvres, pendant la nuit, mais il faut voir surtout la pensée de l'évangéliste et ne pas s'inquiéter des vraisemblances historiques. L'auteur a peut-être moins pensé aux aumônes qui se faisaient chez les Juifs, en vue de la solennité pascale ^, qu'à celles qui suivirent de bonne heure chez les chrétiens la cène eucharistique. La trahison de Judas semble conçue de façon à figurer les dénonciations de Juifs, ou même de chrétiens renégats, contre les fidèles. Le mauvais chrétien, le faux converti peut être un dignitaire de la communauté, traître aux siens, sacrilège à l'eucharistie. L'Eglise est comme les disciples, elle ignore ces faux frères jusqu'à ce qu'ils se tournent ouvertement contre elle, et les trahisons, souvent prévues, la surprennent toujours.

Judas a compris ce que les autres ne comprennent pas. On a soin d'observer qu'il prit la bouchée que Jésus lui présentait, et cette insistance montre que le détail en question doit avoir une signification importante dans le récit ~. « Ayant donc pris le morceau », Judas (( sort tout de suite », conformément à l'ordre du Christ. « Et il faisait nuit. » Il est parfaitement inutile de chercher ce qui s'est passé dans la conscience de Judas et de supposer que, se voyant découvert, il a formé subitement sa résolution -K Le parti est censé arrêté d'avance; mais le diable et Judas ne peuvent agir tant

2. Noter aussi l'emploi emphatique de iots, au v. 27 {supr.p. 728, n. 2), pour marquer le rapport delà « bouchée » avec la possessiou diabolique.

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