‹ Le quatrième évangileChapitre 635 sur 857 · Luc, XXII · texte numérisé non relu

Luc, XXII

LE COMMANDEMENT NOUVEAU. SIMON-PIERRE

(Jean, xiii, 31-38)

Les discours d'adieu commencent dès que Judas est parti. Le lavement des pieds^ la dénonciation du traître leur servent d'introduction ou d'illustration préliminaire. Le premier tableau signifie symboliquement la loi et le régime de charité qui vont être expliqués dans les discours. Le second fait entrevoir les difficultés, les embûches, les sacrifices, l'atmosphère de persécution et de mort que les disciples de la charité devront traverser, après leur Maître, pour le rejoindre dans sa gloire. Par l'éloignement du faux frère le cercle des fidèles est comme purifié et constitué. L^'amour du Sauveur va se répandre d'autant plus librement qu'il a été plus longtemps contenu. C'est la première et la seule fois que le quatrième Evangile montre le Christ en conversation intime avec les disciples. Ainsi le voulait sans doute la conception systématique de l'auteur. Un exposé complet de la doctrine johannique doit couronner l'œuvre, mais il ne pouvait être bien compris que des vrais enfants de Dieu, et l'on verra que les apôtres, en cette conclusion du livre plus que partout ailleurs, représentent l'Eglise chrétienne. Comme la doctrine se résume dans la charité, rien n'a été plus facile que d'en faire un thème eucharistique, de façon à garder, en l'élargissant, le cadre des premiers Evangiles. Un incident auquel la tradition synoptique attachait de l'importance, l'annonce du reniement de Pierre, y a gardé sa place, et l'évangéliste l'amène, par un jeu de dialogue qui lui est familier, après que Jésus a formulé en général l'objet des discours qui vont suivre. Au fond, l'auteur se conforme à l'ordre adopté dans le récit de Luc ^, où on lit d'abord l'institution de l'eucharistie, puis la dénonciation du traître et l'avertissement à Pierre.

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