‹ Le quatrième évangileChapitre 666 sur 857 · XV · texte numérisé non relu

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et, contidents du maître, ils sont ses amis. Ainsi l'explication amène sous le nom d'ami une idée qui n'y était pas comprise tout d'abord, Jésus ayant, pour commencer, justifié cette appellation par son amour pour ses disciples et par leur fidélité envers lui. Les disciples ne sont pas de simples instruments de ses volontés ; il leur a fait connaître tout ce qu'il a appris du Père, non seulement quelques principes de doctrine, mais tout le secret de ses desseins. Ce passag-e semble en contradiction avec ce que Jésus dira bientôt ^ touchant les choses nombreuses dont il ne parle pas à ses disciples, parce qu'ils ne sauraient les entendre, et que le Paraclet leur fera connaître. Outre que cette réserve de Jésus est encore une marque d'amour, la conciliation se fait par ce qui a été dit précédemment ^ de la réminiscence : là, tout est dit, mais non compris, et le Paraclet le rappellera en en donnant l'intelligence ; ici, tout est dit de ce qui pouvait être compris, et le Paraclet enseignera le reste. L'un revient à l'autre pour le fond. Cependant il semble évident, non seulement que Jésus n'a pas pu présenter la même idée, sous ces deux formes disparates, dans le même entretien, mais que Tévangéliste n'a pas conçu d'un seul jet ses deux discours après la cène. La dissonance n'en subsiste pas moins quand on limite au plan du salut 3 Fobjet des révélations faites par le Christ à ses amis.

Les disciples doivent savoir d'autant plus de gré à Jésus que l'amitié dont ils jouissent ne vient pas de leur initiative. « Ce n'est pas vous qui m'avez choisi, mais c'est moi qui vous ai choisis. » L'élection ne détruit pas l'espèce d'égalité que toute amitié suppose ; elle fait ressortir que l'amitié de Jésus a été un acte de pure bienveillance envers les disciples, sans aucun mérite de leur part, ce qui augmente encore, s'il est possible, l'obligation d'y correspondre. Par cette élection, ils ont été investis de l'apostolat. Jésus les a institués dans cette fonction pour qu'ils aillent ^ instruire l'univers, non pas précisément pour qu'ils ^progressent dans la vertu Le fruit qu'ils doivent porter n'est pas non plus le mérite de leurs bonnes œuvres, qui demeure pour la vie éternelle, mais le fruit de

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