Godet, ap. Scuanz, loc. cit
LA PRIÈRE DU CHRIST
les hommes, de la conversion du monde, dans la suite des âges ^. La prière de Jésus ne contredit pas ce qu'il a dit plus haut du monde inconvertissable, et Ton sait assez que, dans la conception johannique, la prédication de rÉvangile n'a pas d'autre objet que le rassemblement des enfants de Dieu dispersés dans le monde ~. Dans la perspective de la prière, la communication de gloire est faite aux disciples; mais on aurait tort d'y chercher, pour cette raison, un privilège particulier aux apôtres-''; il est assez clair que l'évangéliste associe, dans sa pensée, aux disci23les immédiats du Sauveur les chrétiens de tous les temps ; s'il était question des apôtres seuls, on devrait admettre encore une anticipation dans le discours, puisqu'ils n'ont pas reçu encore l'Esprit qui fera la vie et Funité de l'Eglise primitive; cette anticipation existe à peine, parce que la prière du Christ se place, pour le cadre apparent, entre la passion et la gloire éternelle, et qu'elle échappe, pour le fond, à toutes circonstances déterminées, étant une prière du Christ glorieux et eucharistique.
Mais si le Christ prend souci de ses disciples sur la terre, c'est afin qu'ils soient réunis un jour avec lui dans le séjour éternel. « Père, ceux que tu m'as donnés^, je veux que, là où je suis, eux aussi soient avec moi, afin qu'ils voient ma gloire, que tu m'as donnée, parce que tu m'as aimé avant la création du monde ^. » Le Christ « veut », il ne demande pas, parce que ce qu'il veut est la volonté du Père, et que lui-même a reçu tout pouvoir pour le salut des enfants de Dieu'^. 11 est bien douteux que ce « je veux » indique une disposition testamentaire, une dernière volonté ^. La gloire dont on parle maintenant n'est pas celle que le Christ communique aux siens sur la terre, mais sa gloire éternelle, qu'il tient de son origine, et qu'il recouvre par la résurrection. Jésus parle comme s'il était déjà auprès du Père et en possession de cette gloire. En un