IloLTZiMANN, loC. cU
sens, le Verbe n'a pas perdu sa gloire par rincarnation car il en retient la propriété, son rapport essentiel avec le Père n'étant pas changé ; mais, dans un autre sens, il l'a perdue, parce qu'il a cessé, en quelque façon, d'en jouir, et qu'elle a été comme voilée et limitée par les conditions de la vie humaine, ne se manifestant qu'à travers des signes sensibles, paroles et miracles. S'il demande que ses disciples soient admis à contempler sa gloire, Jésus ne dit pas qu'il viendra les chercher, et l'idée de la parousie -, sans être exclue autrement, n'est pas exprimée dans le discours.
xvn. 25. « Père juste, le monde ne t'a point connu, mais moi je t'ai connu, et eux aussi ont connu que tu m'as envoyé ; et je leur ai fait connaître ton nom^ je le leur ferai connaître, afin que l'amour dont tu m'as aimé soit en eux, et que je sois aussi en eux. »
C'est affaire à la justice divine de ne pas confondre avec le monde incrédule et réprouvé ceux qui ont ap23ris du Fils à connaître le nom du Père ^. Le monde n'a pas connu le Père, en tant que le monde est le royaume de Satan, l'ennemi de la foi et des croyants; ce n'est pas celui dont on a dit plus haut qu'il connaîtrait la mission divine du Fils. Mais le Christ, vivant au milieu du monde, a connu le Père, et les disciples aussi l'ont connu, envoyant en Jésus le Christ envoyé de Dieu. La connaissance que le Verbe incarné a eue du Père ne doit pas différer de celle qu'il avait de lui dans l'éternité; mais l'incarnation introduit comme une relation nouvelle entre le Verbe et le Père, et la science du Verbe est aussi comme incarnée dans l'humanité; de là l'espèce de dédoublement que l'évangéliste conçoit dans la conscience et dans la science du Verbe en ses deux états.
Non seulement le Christ a fait connaître le Père à ses disciples ; il le leur fera connaître encore, non par sa mort ^, qui n'est pas une révélation du Père, et qui, dans la perspective du discours, appar-
1. HoLTZMANN [loc. cit.), qui croit trouver une contradiction entre xvii, 5, 24, et la doctrine commune du quatrième Évangile.