‹ Le quatrième évangileChapitre 720 sur 857 · Cf. AcT. I · texte numérisé non relu

Cf. AcT. I

A. LoisY. — Le quatrième Évangile. , 52

contredire, mais en la rejetant à l'arrière-plan de la pensée chrétienne. Le sentiment de la présence invisible du Christ au milieu des siens l'emporte sur l'attente de son retour visible. Mais que l'auteur ait voulu réagir contre le millénarisme et les tendances qui produisirent bientôt le montanisme \ c'est ce qui ne paraît pas évident. Bien qu'il ait, dans l'amour du Christ et la joie de la communion spirituelle avec Dieu par le Christ, la satisfaction de sa piété , il toucherait à la parousie sans s'en étonner, il la trouverait toute naturelle dans l'instant même, et s'il en paraît peu préoccupé, rien n'invite à penser qu'il la juge indéfiniment retardée ou qu'il répudie une seule des espérances chrétiennes qui ont trouvé leur expression dans l'Apocalypse. Y a-t-il rien de plus conforme aux doctrines et même au style du quatrième Evangile que cette finale de la grande Révélation : « Et l'Esprit et l'épouse (l'Eglise) disent (à Jésus) : Viens. Et que celui qui entend (cela) dise : Viens. Et que celui qui a soif s'approche, et que celui qui en veut prenne pour rien l'eau de vie ^ » ? La parousie est comme latente dans le rapport actuel du Christ avec les siens ; elle peut éclater d'un moment à l'autre; et, bien que cette assertion ait l'air d'un paradoxe, on pourrait soutenir que la perspective en est, d'une certaine manière, plus rapprochée que dans les Synoptiques et dans saint Paul. Ce ne sera pas une révolution, mais la manifestation de ce qui est déjà, du Christ glorieux et de la gloire qu'il donne aux siens

1 HOLTZMANN, loC. cU.

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