Principalement Luc, xxii
LA PRIÈRE DU CHRIST
Tenir, Tassistance de l'Esprit, la parousie, le jugement final. Le point de vue de la prière, aussi bien que celui des discours précédents, correspond à la situation del'Eg-lise chrétienne au commencement du second siècle. En ce qui regarde la forme, on peut douter qu'il y ait imitation du livre des Actes ^ dans le chapitre où sont racontés les adieux de Paul aux anciens d'Ephèse L'auteur s'est inspiré des Epîtres de Paul, notamment de TEpître aux Galates 3, mais il dépend surtout 'de l'expérience chrétienne, de la vie de l'Eglise dans le Christ et du Christ dans l'Eglise par le moyen de l'Esprit, telle qu'il l'a éprouvée en lui-même et observée autour de lui.
L'idée alexandrine de la Sagesse, source d'immortalité, qui introduit ses adeptes dans un monde supérieur, patrie des âmes ^, n'a pu avoir qu'une influence assez lointaine sur la conception johannique de l'unité chrétienne et de la vie éternelle, vu que le quatrième Evangile connaît plutôt des individus et des vies, à la juive, que des âmes au sens grec du mot ; que son Christ est un Verbe de vie plutôt qu'un Verbe de sagesse; que la perfection de l'homme et de l'humanité ne consiste pas dans une simple révélation de la vérité divine, mais dans l'union mystique, pour le temps et l'éternité, de tous les croyants avec Dieu et son Christ par l'amour. Mais si l'on) veut apprécier d'un seul coup la différence de caractère entre lei quatrième Evangile et les Synoptiques, on n'a qu'à comparer cette prière à l'Oraison dominicale : on verra que Jean suppose réalisées spirituellement toutes les demandes du Pater, sauf la dernière, et l'on dirait presque qu'il les a paraphrasées l'une après l'autre, en les interprétant dans le sens de sa théologie ^. ^
Les discours d'adieu tiennent ici la place des discours apocalyptiques dans les premiers Evangiles ^. L'annonce du Paraclet, que Luc avait associée à la parousie ^, se substitue à celle-ci, sans y