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Ce serviteur avait nom Malchus. 11. Alors Jésus dit à Pierre : « Remets Tépée au fourreau. Ne dois-je pas boire la coupe que le Père m'a donnée ? »
La passion est racontée, dans le quatrième Evang-ile, au point de vue de la gloire du Christ : c'est Jésus glorifié dans la mort. Ainsi s'explique l'omission de la scène deGethsémani, que l'auteur, comme on l'a vu 1, a anticipée et idéalisée. Ayant achevé son discours testamentaire, Jésus se rend à l'endroit providentiellement déterminé pour son arrestation, et le fait se produit. Tout ce premier tableau est conçu de façon à montrer la liberté absolue du Sauveur s 'abandonnant à la puissance des ténèbres. Il faut se rappeler que Jésus lui-même a pris l'initiative de l'événement qui va s'accomplir, en envoyant Judas exécuter le dessein de trahison qu'il avait formé 2. L'heure fixée par la Providence est décidément arrivée, et le Christ va, pour ainsi dire, au-devant de ses ennemis. Il sort de Jérusalem avec ses disciples et traverse le torrent de Cédron ^. Peut-être y a-t-il dans ce trait quelque allusion à l'histoire de David se retirant devant Absalom^. Jésus se rendait à un jardin où il était venu souvent avec ses disciples, soit les jours précédents, soit durant les séjours qu'il avait faits antérieurement à Jérusalem. Si l'évangéliste parle de ce jardin, ce n'est pas pour montrer qu'il connaît les récits des Synoptiques touchant Gethsémani \ puisqu'il évite d'employer ce nom, mais pour faire entendre dès l'abord que Jésus a été pris parce qu'il Ta bien voulu, étant allé dans un endroit qu'il savait connu de Judas et où celui-ci viendrait certainement le saisir. Le Christ ne fuit pas devant ses ennemis, et il ne sera pas surpris de leur arrivée : il va les attendre. 11 s'avance d'un côté avec ses disciples, tandis que Judas, en qui Satan s'est incarné, s'avance de l'autre avec les satellites. La mention du « jardin » pourrait fort bien être, comme les Pères l'ont pensé, en rapport avec le jardin d'Eden, où le démon meurtrier "5, « l'antique serpent,