‹ Le quatrième évangileChapitre 723 sur 857 · C^f. viii, 44;. sw/)/'. p · texte numérisé non relu

C^f. viii, 44;. sw/)/'. p

l'arrestation

qui est le diable et Satan i », est entré pour perdre le premier homme.

Ainsi qu'il a été déjà observé "^, la trahison de Judas, incident qui ne relève pas extérieurement le Messie et qui prête même facilement aux objections des incrédules, n'est pas racontée dans le détail. Il n'est pas question d'entente préalable ni de marché. Tout se passe comme si le traître n'avait eu qu'à signaler aux prêtres l'endroit où l'on pouvait trouver Jésus et l'arrêter. Judas se comporte vraiment comme « prince de ce monde ». L'évang-éliste dit, comme une une chose toute naturelle, que le traître prit la « cohorte », c'est-àdire les soldats romains qui tenaient garnison dans la tour Antonia, imecoh orte entière, six cents hommes, et non un détachement de la cohorte sous les ordres du chiliarque^, ou le tiers de la cohorte, un manipule^ bien moins encore la garde du temple. L'arrestation se fera par les soldats romains, et la passion de Jésus sera, d'un bout à l'autre, comme le type des persécutions chrétiennes. Plus la troupe qui vient pour s'emparer de Jésus est considérable, plus son impuissance devant le Sauveur fera ressortir la souveraine liberté de celui qu'elle est venue chercher.

Pour faire d^oit à la tradition synoptique ^, on associe aux soldats romains des satellites fournis par « les chefs des prêtres et les pharisiens » , ces derniers étant toujours considérés comme une fraction du sanhédrin. La cohorte n'étant point aux ordres des magistrats juifs, il faudrait supposer une entente préalable entre le sanhédrin et Pilate : le concours des soldats romains aurait été jugé indispensable par crainte d'un soulèvement populaire 5. Mais Jean paraît se soucier fort peu des réalités et des vraisemblances historiques : Pilate semblera ne rien savoir encore au sujet de Jésus quand les Juifs le lui amèneront, et un soulèvement n'était pas à craindre au milieu de la nuit, pour un coup de main dont la population n'avait pu être prévenue. Si l'auteur ne donne pas plus de détails sur l'intervention de la cohorte, c'est qu'il n'emprunte pas cette donnée à une tradition historique, mais qu'il l'ajoute aux données des Synoptiques, pour compléter la

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