‹ Le quatrième évangileChapitre 728 sur 857 · VIII · texte numérisé non relu

VIII

chus ^ Le nom est des plus communs. On dira plus loin qu'un disciple, qui doit être le disciple bien-aimé, avait ses entrées dans la maison du g-rand-prêtre : c'est peut-être pour préparer cette assertion, nécessaire à l'équilibre symbolique du récit, que Fauteur se montre si bien informé. Il a pu se dispenser, dans ce cas, d'attacher au nom du serviteur une signification mystique. Se conformant à Luc -, il dit que le coup fut porté à l'oreille droite, sans ajouter que Jésus guérit le blessé. Ce miracle lui aura paru insignifiant en lui-même et peu avantageux comme symbole. Il laisse entendre simplement que l'acte inconsidéré de Pierre a eu le plus chétif résultat. Que la leçon profite aux chrétiens persécutés qui auraient la tentation d'imiter cet apôtre !

Les paroles de blâme que Jésus lui adresse ne ressemblent pas au discours parallèle de Matthieu ^. Dans le premier Evangile, l'essai de défense par le glaive est condamné comme injuste devant Dieu, et aussi comme injurieux au Père, qui enverrait ses anges au secours du Christ, si les Ecritures ne devaient avoir leur accomplissement. Le Christ johannique ne veut pas qu'on l'empêche de boire le calice que le Père lui a préparé. Ce calice procède évidemment du récit de Gethsémani dans les Synoptiques ^, et il est assez curieux que ce terme symbolique, emprunté à une prière que Jésus a faite pour échapper à sa destinée, soit introduite dans un discours où Jésus manifeste sa volonté irrévocable de subir la mort. S'il fallait apprécier le quatrième Evangile comme un livre d'histoire, il y aurait dans cette transposition, comme dans mille autres particularités des récits johanniques, autre chose qu'une certaine liberté de rédaction Mais l'auteur n'entend pas supprimer comme données de fait les traits des Synoptiques, qu'il déplace, modifie ou même contredit. Tous les changements qu'il y pratique ne tendent pas à donner une fausse idée de l'histoire, mais à inculquer une haute idée du Christ et de son œuvre.

1. Il y a, observe .1. Réville, 263, <( des hagiographes qui connaissent les noms des rois mages ».

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