XVIII
.^). Marc, xiv, 47-52; Mattii. xxvi, 51-56. 6. Schanz, 533; B. Weiss, 564.
l'arrestation
soin de Tobserver, c'était « afin que fût accomplie la parole qu'il avait dite : De ceux que tu m'as donnés, je n'en ai perdu aucun » Il est bien vrai que la parole à été dite dans un autre sens ~, dans un sens spirituel ; mais le salut corporel des apôtres, dans cette circonstance, est la figure du salut spirituel de tous les enfants de Dieu, de tous ceux que le Père a donnés au Fils. En cet exemple, qui n'est pas unique dans le quatrième Evangile, apparaît le genre de symbolisme affectionné par l'auteur : les choses et les discours ont un sens matériel et un sens spirituel ; tantôt c'est le premier qui est en relief, et tantôt le second ; l'écrivain passe de l'un à l'autre avec une égale facilité. Ne lui reprochons pas de rétrécir en cet endroit la pensée du Christ : d'abord on ne saurait distinguer les pensées du Christ de celles de l'évangéliste ; et de plus la pensée n'est pas rétrécie, parce que le fait matériel auquel on l'applique figure l'objet spirituel et total de cette pensée. Jésus préservant ses disciples est le vrai berger qui tient tête au loup et qui sauve ses brebis de la mort : ainsi retrouvons-nous sous une autre forme, en cet endroit, l'allégorie du bon pasteur.
Cependant Jean n'oublie pas le coup d'épée dont parlent les Synoptiques, et il en fait même honneur à Simon-Pierre. C'est une action bien digne de cet apôtre que de s'opposer inconsciemment à la mort du Christ et au salut du monde. Le coup d'épée de Pierre signifie donc encore la même chose que les paroles qu'il adresse à Jésus, dans les Synoptiques, pour le détourner de la mort Il est permis de penser que l'attribution de ce coup d'épée à un apôtre connu vient de l'habitude qu'a l'auteur d'individualiser les traits empruntés par lui à la tradition synoptique, et que le choix de Pierre a été suggéré par le commentaire que Marc ^ a donné à la déclaration du prince des apôtres touchant la messianité de Jésus. Un souvenir historique n'est pas nécessaire pour expliquer ces détails : l'intention symbolique suffît, et vu le caractère général du récit, elle explique beaucoup mieux les changements et additions qui sont introduits dans les données traditionnelles.
Il est vrai que l'évangéliste affecte aussi de connaître le serviteur du grand-prêtre, et qu'il le désigne tout exprès par son nom, Mal-