Mahc, XV, 7; Luc, xxiii
5. Marc, xv, G; Matth. xxvii, 15; Luc, xxiii, 17 (cf. siipr. n. 1).
LE CHRIST ET PILATE
« les Juifs )), où il ne distingue pas nettement les chefs et le peuple. Ce vague des indications, qui surprendrait de la part d'un témoin oculaire et dans un livre d'histoire, sert mieux que des données précises le but didactique et symbolique du quatrième Evangile.
XIX, I. Alors Pilate prit Jésus et le fit flageller; 2. et les soldats, ayant tressé une couronne d'épines, la lui mirent sur la tête, et ils le revêtirent d'un manteau de pourpre ; 3. et ils s'approchaient de lui et disaient : (( Salut, roi des Juifs » ; et ils lui donnaient des soufflets, i. Et Pilate vint encore une fois dehors et leur dit : « Je vous l'amène dehors, afin que vous sachiez que je ne trouve pas de crime en lui. » 5. Jésus donc vint dehors, portant la couronne d'épines et le manteau de pourpre. Et il leur dit : M Voici l'homme ! » 6. Mais lorsqu'ils le virent, les chefs des prêtres et les valets crièrent : Crucifie-le ! crucifie-le ! » Pilate leur dit : « Prenez-le vous-mêmes et crucifiez-le; car, pour moi, je ne trouve pas de crime en lui. » 7. Les Juifs répondirent : « Nous avons une Loi, et selon la Loi il doit mourir, parce qu'il s'est fait Fils de Dieu. »
Dans les Synoptiques, l'affaire de Barabbas termine les pourparlers de Pilate avec les Juifs, et le sort de Jésus est réglé par le fait que le peuple a demandé l'élargissement de Barabbas K Ce n'est, dans le quatrième Evangile, que la première escarmouche entre le juge et les accusateurs de Jésus. D'autre part, comme la flagellation servait de préliminaire au crucifiement, d'après la pratique ordinaire des tribunaux romains, avec laquelle s'accorde le récit des Synoptiques ~, il semblerait que la condamnation définitive soit déjà prononcée. La suite du récit johannique montre qu'il n'en est rien. Développant en tableau comj^let une proposition que, d'après Luc ^, Pilate a faite aux Juifs et que ceux-ci ont écartée, Jean laisse entendre que le gouverneur s'est flatté de faire accepter aux accusateurs, comme un châtiment suffisant, la flagellation seule, appliquée sans condamnation. Qu'un tel procédé soit peu conforme aux habitudes de la justice romaine, il est à peine besoin de le remarquer : ce n'est pour l'évangéliste qu'un moyen d'allonger le drame et de rendre plus significatifs les éléments d'histoire qu'il emprunte aux Synoptiques. Marc et Matthieu garantissent le fait de la flagellation ; ils ont fourni le trait de la couronne d'épines, le manteau de