SciiANz, loc. cit
2. Cf. Mattii. XXVII, 17; Marc, xv, 6-11. .3. La plupart des commentateurs.
plutôt les intentions de l'évangéliste que les sentiments intérieurs de Pilate. Jean ne prête au gouverneur que des sentiments très simples et d'une psychologie peu raffinée. Il semble que, pour ce qui est de la lettre, Pilate emploie le titre de roi des Juifs parce que ce titre résume l'accusation et définit le crime reproché à Jésus. Quant au fond, l'auteur se plaît à faire proclamer Jésus roi des Juifs, c'est-à-dire Messie, par le magistrat romain, qui ne comprend pas la portée des paroles qu'il prononce. L'ironie existe seulement dans l'esprit de l'écrivain, qui songe à la royauté du Christ et à l'aveuglement des Juifs. Israël ne veut pas du roi que Pilate lui présente, il ne veut pas du Messie que Dieu lui envoie : Jésus n'en est pas moins roi et Messie; et malheur à ceux qui l'ont rejeté!
La dépendance de Jean à l'égard de Marc ^ apparaît en ce que les Juifs « crient de nouveau : Pas lui, mais Barabbas ^ C'est la première fois que les Juifs crient dans ce récit ^ ; mais ils crient plusieurs fois dans les Synoptiques, et Jean, qui passe le plus vite qu'il peut sur une scène peu propre à faire valoir la gloire du Christ, retient par inadvertance une locution qui n'est à sa place que dans la relation plus développée du second Evangile. Barabbas est qualifié de « brigand » ou « voleur », non pour corriger mais pour résumer en un seul mot la notice des Synoptiques sur ce personnage. Barabbas, au dire de Marc, avait été arrêté pour homicide dans une sédition ^. Ce que dit Pilate : « Il est de coutume chez vous que je vous mette quelqu'un en liberté à la Pâque », convient tout aussi bien au 14 qu'au 15 nisan ; et si l'on voulait que la formule convînt mieux au 15, l'influence des Synoptiques ^ suffirait à expliquer une façon de parler qui s'adapterait plus naturellement à la chronologie des premiers Evangiles qu'à celle du quatrième. D'après les Synoptiques, la grâce de Barabbas est sollicitée par le peuple à l'instigation des prêtres; par suite des coupures que Jean a faites dans le récit primitif, on pourrait croire que Pilate traite avec les accusateurs, c'est-à-dire les membres du sanhédrin ; mais ce n'est qu'une apparence. L'évangéliste met en scène un groupe ennemi,
1. Marc, xv, 13. Pour l'ordonnance du récit, Jean suit Luc, xxiii, d8-19, peutêtre même 17, bien que ce verset soit suspect à la critique.
2. V. 40. èxpauyaaav ouv zàXtv XéyovTô;- [xr] toù'tov, àXXà tov Bapa68àv.
3. Impossible cPadmettre, avec B. Weiss, 581, une référence au v. 31.