‹ Le quatrième évangileChapitre 755 sur 857 · Cf. XVIII, 38 : XIX · texte numérisé non relu

Cf. XVIII, 38 : XIX

LE CHRIST ET PILATE

ponsabilité mais l'exécution de la sentence, remplace l'ablution des mains dans Matthieu i.

Jésus arrive derrière Pilate, portant la couronne d'épines et le manteau de pourpre, et le gouverneur dit aux Juifs : « Voilà l'homme » Les commentateurs s'efforcent encore d'analyser les sentiments de Pilate, et ils y découvrent une sorte de pitié méprisante : la folie des prétentions de Jésus serait signifiée par ses ornements dérisoires ; Pilate ferait entendre aux Juifs qu'on ne tue pas un rêveur de cette espèce, qu'on le punit assez par quelques coups de fouet et en se moquant de lui. Mais il s'agit bien de Pilate et du secret de ses sentiments . C'est Jean et non Pilate qui attire l'attention sur la couronne d épines et le manteau de pourpre ; c'est lui qui a choisi, pour la mettre dans la bouche de Pilate, la parole : '< Voici l'homme. » Il veut que l'on songe à la royauté du Christ, au comble de sa gloire, en le voyant dans l'appareil de la doulear et de l'humiliation. Tout à l'heure les soldats qui saluaient Jésus en qualité de roi étaient des prophètes inconscients ; de même Pilate, en montrant Jésus sous les insignes symboliques de sa royauté ; et l'évangéliste fait dire au procurateur : « Voilà l'homme », pour que la conscience chrétienne s'écrie ; « Voilà Dieu ! » Car cet homme est « le Fils de l'homme », l'homme des prophéties, l'homme idéal, Thomme-Dieu, Dieu fait homme. Il ne faut donc pas trop s'arrêter à la psychologie de Pilate. Celui-ci pense que les Juifs doivent être satisfaits en voyant Jésus flagellé et humilié, et il leur montre leur victime en disant : « C'est cela », sans accent particulier de mépris ou de pitié, de façon néanmoins à signifier : « Ce n'est que cela », et à faire entendre qu'il est inutile et injuste de pousser plus loin le châtiment.

Mais les chefs des prêtres et leurs satellites se mettent à crier : Crucifîe-le ! crucifîe-le ^ ! » Ont-ils vu dans l'acte et les paroles du gouverneur une dérision de leurs espérances messianiques ? Rien n'invite à penser que Pilate ait voulu se moquer d'eux, ou que les Juifs l'aient supposé. Ils sont déconcertés dans leur projet sata-

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