XX
LE CHRIST RESSUSCITÉ
Le jour de la résurrection est indiqué d'après Marc ^, et l'heure où Marie de Mag-dala se met en route, d'après Luc 2. La mention des ténèbres avant l'apparition du Christ rappelle l'histoire de Jésus marchant sur les eaux 3, et doit avoir une sig-nifîcation mystique. Gomme il a réduit à trois personnes, sinon à deux, le groupe des femmes g-aliléennes qui assistaient à la passion, Jean ne conduit au tombeau, le dimanche matin, que Marie de Mag-dala. Sa tendance à individualiser les traits collectifs des Evangiles synoptiques a déjà été remarquée ailleurs. Le choix de Marie de Mag-dala peut résulter simplement de ce qu'elle est nommée la première dans les Evangiles antérieurs^. On verra que le récit, dans son ensemble, tend à diminuer, sinon à supprimer, la part des femmes dans l'édification de la foi au Christ ressuscité. Marie de Magdala est censée se rendre au sépulcre pour le visiter, pour y pleurer. D'après Marc 5, ou mieux peut-être d'après ce qui a été dit plus haut du tombeau de Lazare ^, il est sous-entendu qu'une grosse pierre, engagée dans une feuillure, servait de porte à la caverne sépulcrale. Marie s^aperçoit que la pierre a été écartée ^, et que le tombeau est ouvert. De ce qu'elle va dire à Pierre et au disciple bien-aimé on peut conclure qu'elle a constaté en même temps que le corps de Jésus avait disparu. Sans plus tarder, elle va prévenir Pierre et le disciple. Le texte ^ invite à penser que le disciple n'était pas avec Pierre, circonstance à noter pour le symbolisme, comme toutes les autres. Marie de Magdala est persuadée qu'on a enlevé le corps du Christ ; elle ne soupçonne pas la résurrection, et elle n'a pas rencontré d'ange pour la lui annoncer. Sa visite au tombeau et sa démarche auprès de Pierre correspondent au récit des Synoptiques concernant la venue des femmes, et à l'ordre que les anges leur donnent d'avertir Pierre et les autres disciples. Il est arbitraire de supposer que Marie avait quitté le Calvaire avant que ses com-