Cf. Marc, xvi, 4; Luc. xxiv
8. V. l. ïp'/j.xon. TTpô; Si'[j.ti)va Ilétpov xai Tirpo; xov aX'Xov p.aOrjTrjv.
pag-nes eussent vu les ang-es \ ou de trouver le récit de Jean préférable à celui des Synoptiques, au point de vue de l'histoire 2. La relationjohanniquen'est pas faite pour compléter celle de la Synopse, mais pour la remplacer en l'interprétant, et le « nous ne savons » trahit l'emprunt à un récit où Marie de Magdala n'était pas seule pour aller au tombeau. Si ce préambule des apparitions est moins chargé de merveilleux, c'est que les disciples, surtout le bien-aimé, doivent croire avant les femmes, et sans que les femmes leur aient sug-g-éré même l'idée de la résurrection.
Aussitôt qu'ils sont avertis, Pierre et l'autre disciple viennent en hâte au sépulcre. On verra plus loin que Marie les a suivis. Le disciple bien-aimé courait plus fort que Pierre ; il arrive le premier au tombeau, et, sans entrer, se penche par l'ouverture ; il voit les linges par terre ; Pierre, qui arrivait derrière lui, entre dans la caverne, remarque à son tour les linges étendus, et aussi le suaire, qui avait enveloppé la tête du Christ, roulé à part ; l'autre disciple, qui était arrivé le premier, entre derrière Pierre et voit l'état du tombeau ; il voit et il croit ^, ce qui n'est pas dit de Pierre ; cependant la remarque : « Ils ne savaient pas encore que, d'après l'Ecriture, Jésus devait ressusciter^ », laisse plutôt entendre que Pierre est associé à la foi du disciple comme à son ignorance des prophéties. Pierre et le disciple croient donc à la résurrection de leur Maître, en voyant le tombeau vide. S'ils avaient dès lors connu le sens des Ecritures, ils n'auraient pas eu besoin de venir au sépulcre pour savoir que le Christ était déjà ressuscité.
L'auteur ne veut pas répondre à l'hypothèse moderne qui fait déduire des prophéties la foi à la résurrection ; mais il tient à remarquer que les disciples ont cru d'abord pour avoir vérifié le fait, pour avoir compris que la disparition du corps était à expliquer par le retour du Sauveur à la vie. Dans l'histoire des disciples d'Emmaûs, la perspective est tout autre : Jésus leur prouve la résurrection par les Ecritures, avant de se faire reconnaître^. Pas plus ici que