Ps. Lxxxii (lxxxi), 6, cité x
dans la même catégorie que les organes de la théocratie judaïque. S'appuyer sur ce passage, pour nier le caractère métaphysique et transcendant de la filiation divine, serait aller contre ce qu'il y a de plus clair dans la doctrine johannique. L'objection des Juifs semble donc écartée par un jeu de mots. Mais il ne faut pas considérer que ces apparences et la forme extérieure de l'argumentation. L'évangéliste pense au rapport du Verbe avec le Christ et avec les interprètes de la révélation ancienne \ Si une relation transitoire avec le Verbe permet d'appeler dieu celui qui en a été honoré, à plus forte raison celui qui est le Verbe peut-il se dire fils de Dieu, puisqu'il l'est réellement.
Il est certain que le Fils sur la terre est la manifestation du Verbe éternel, qu'il participe en tant que Verbe aux attributs divins, qu'il est, par ce côté, égal à Dieu, un avec lui ^. Et d'autre part, il lui est subordonné; surtout, dans son rôle de Fils, de Verbe incarné, il tient tout du Père, et le Père est plus grand que lui ^. Par là le Verbe entre dans l'histoire et dans le personnage historique de Jésus. La qualité de « Monogène » , l'unique engendré du Père, est donnée au Fils par comparaison avec les enfants de Dieu et lui appartient en tant que Verbe incarné. Qu'il soit déjà fils et engendré en tant que Verbe, c'est ce qui ne ressort pas nettement de l'Evangile ^. En revanche, il est parfaitement clair que Jésus est Fils en tant que sacré par l'esprit divin, par la divinité qu'il a reçue dans le Verbe . Gomme Fils monogène, le Christ n'est pas seulement le fils bien-aimé, il est le prototype unique et parfait de la génération divine d'où procèdent les enfants de Dieu. Le titre de Fils est réservé au Monogène, comme lui appartenant aussi exclusivement que le nom de Père, au sens propre du quatrième Evangile, appartient à Dieu. En pressant la signification de certains passages, on pourrait conclure que le Verbe devient Fils par l'incarnation, et telle paraît être la pensée de l'évangéliste, en tant que la génération du Fils est l'archétype de la génération spirituelle des enfants de Dieu. Mais l'identité personnelle du Verbe et du Fils induit à présenter le Fils comme préexistant à la mission terrestre du Verbe. Toujours est-il que l'unité d'essence dans le