‹ Le quatrième évangileChapitre 88 sur 857 · I, 33-34 ; ni, 34; vi, 27, 69; x · texte numérisé non relu

I, 33-34 ; ni, 34; vi, 27, 69; x

INTRODUCTION

Père et le Fils est plutôt supposée qu'affirmée ^ : la tradition l'a déduite des affirmations johanniques.

L'union morale du Christ avec le Père est fondée sur le rapport métaphysique du Verbe et du Fils avec Dieu. Le Verbe incarné, devenu type de sainteté parfaite et médiateur de l'union des croyants avec le Père, rejoint le Christ synoptique; mais c'est évidemment comme Verbe, et à raison de son origine éternelle, que le Fils seul connaît le Père ^, qu'il fait tout ce que fait le Père, qu'il a, comme le Père, la vie en lui. L'amour mutuel du Père et du P'ils remonte à l'éternité ^ ; il n'est pas fondé sur les dispositions morales du Christ historique. On conçoit aisément que l'évangéliste se soit efforcé de rattacher sa théologie à la tradition synoptique et d'interpréter celle-ci par celle-là. Ce n'est pas raison pour nier l'existence de l'une ou de l'autre, ni pour ramener toute la christologie des discours johanniques à la conception ou mieux à la réalité que présentent les premiers Evangiles. Rien de plus conforme à l'esprit de Jean que de représenter sous forme humaine et temporelle, dans la vie de Jésus, le rapport transcendant et éternel du Verbe avec Dieu C'est ce qui a permis à l'auteur de reprendre certaines sentences synoptiques qui acquièrent chez lui une signification nouvelle. Le parallélisme est surtout sensible entre ce qu'on lit dans Matthieu, touchant le Fils qui seul connaît le Père ^, et dans Jean, touchant le Fils qui seul voit Dieu, qui ne fait rien de lui-même, qui exécute les œuvres que le Père lui montre. C'est que le passage de Matthieu représente un essai de spéculation christologique, qui prélude à celle de Jean, non une parole authentique de Jésus . L'assertion de Jean se fonde sur le rapport métaphysique de Dieu et du Logos, et, en même temps, elle présente leur union comme une correspondance de pensée et de volonté, d'où résulte l'unité d'action ^. Mais, par ce dernier côté, le quatrième

1. XX, 17, comparé à x, 30, montre bien que l'évangéliste n'a pas l'idée nette d'hypostases consubstantielles.

2. I, 18 ; m, 11, 32; vr, 46; vu, 29, etc.; cf. Matth. xi, 27; Luc, x, 22.

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