‹ Le quatrième évangileChapitre 89 sur 857 · Cf. L'Evangile et VÉglise · texte numérisé non relu

Cf. L'Evangile et VÉglise

8. HoLTZMANN, II, 445. L'objection que l'on pourrait tirer de viii, 28-41, où les Juifs semblent être dans le même rapport avec le diable (jue Jésus avec Dieu, serait écartée par le fait que les Juifs, vivant dans le royaume de Satan, doivent le connaître, comme Jésus, venant de Dieu, connaît les choses célestes. Mais il n'est pas nécessaire d'atténuer la portée de la comparaison. Les Juifs

Évangile dépasse encore de beaucoup les données communes des Synoptiques. Ceux-ci ne vont pas jusqu'à établir une correspondance absolue et perpétuelle, l'identité de science et de vouloir, entre le Christ et Dieu; ils laissent ignorer à Jésus certaines choses, lui font déclarer que Dieu seul est bon, le montrent priant et sacrifiant sa propre volonté à celle du Père. Bien que le Christ johannique proclame que le Père est plus grand que lui, on ne voit pas qu'il lui soit inférieur par la science, et sa volonté paraît aussi comme adéquate à la volonté divine; sa perfection morale est une nécessité de sa nature ^; il n'est pas tenté; il ne peut demander que le calice de mort lui soit épargné; il ne prie que pour la forme, pour Tédification des assistants 2. La conscience du Verbe-Fils se présente, relativement à la conscience de Jésus dans les Synoptiques, comme une entité idéale, une conception théologique, non comme la simple expression d'une réalité psychologique.

C'est encore à l'idée de l'incarnation qu'il faut rattacher les transformations que subissent dans le quatrième Évangile l'enseignement et l'action de Jésus. L'instruction morale fait place à la révélation symbolique, à la parole mystérieuse et vivifiante. Le miracle bienfait, récompense de la foi, s'éclipse devant le prodige divin, significatif de vérité et de gloire, que Jésus accomplit par sa toute-puissance ^. C'est la divinité du Christ qui empêche ses ennemis de l'atteindre, tant que l'heure n'est pas venue, et qui le rend arbitre de sa propre mort. Si quelques traits d'apparence purement humaine subsistent dans les récits, ils sauvent les dehors de l'histoire et ont un caractère symbolique. L'allégorie supprime la contradiction qui paraît en résulter ^. Le quatrième Évangile est une théopha-

sont enfants du diable par une communication d'esprit satanique, et Judas est un démon (vi, 70 ; xiii, 27) par une sorte d'incarnation de Satan. L'idée johannique des enfants du diable est analogue à celle de la génération du Fils et des enfants de Dieu.

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