Pecuant qui dissidium cordiset linguie faciunt
fatalement aux pires aberrations du « seicentisme ». Chez CCS écrivains qui exaltent des sentiments qu'ils n'éprouvent point et chez ces poètes à qui il arrive de chanter des femmes qui n'ont pas existé et même, à l'exemple de Beccadelli, des obscénités qu'ils n'ont pas commises, la réalité et l'œuvre littéraire n'ont plus entre elles aucune correspondance, et au lieu de se nourrir de la même matière, de battre du même pouls, de s'enrichir des mômes expériences, à tout jamais disjointes, elles existent chacune pour son compte d'une existence particulière. Comme le disait gravement Guarino, répétant son concitoyen Catulle, « la vie est une chose et la littérature en est une autre • ».
Hélas! grâce aux humanistes, qui apprendront à l'Italie à ne voir que par les livres, à ne sentir, à ne penser, à ne comprendre que par les livres, il n'y aura bientôt qu'une seule chose, la littérature, et qu'une seule vie, la vie littéraire.
1. « Plus valet apuJ me conterranei mei, vatis non illepidi auctoritas c[uam imperitorum clamor..., iinmemores quod aliud in vita, aliud in oralione spectari convenit. »