‹ Le quattrocento (volume 2)Chapitre 66 sur 77 · Poggio, Opéra, 1513. De avarilia, f · texte numérisé non relu

Poggio, Opéra, 1513. De avarilia, f

3. « Sans Homère, répète-t-il après Cicéron, le même tombeau qui recouvre le corps d'Achille recouvrirait sa renommée. »

4. « Quem niihi poetarum dabis,qui non prius eligat vita claudicare quam carminé ? Quem historicuin, qui cum res omnium saîculorum litteris memoriœque mandaverit... quid ipse agat, rerumque suarum ordinem, vitaeque brevis reddere ralionem velit aut valeat? Jam, ut percurrem aliquos, ostende uiihi rhetorem, qui non magis orationis aelbrmitatem horreat quam vilœ ? » (Pétharqi'e, Episl. fam.y XVI, 14.)

sublimes, puisqu'en des vers ou des proses sublimes ils n'ont fait qu'exalter dos renoncements sublimes. Ils souscrivent à leurs affirmations; ils s'émeuvent à leurs périodes; ils s'envolent sur leurs élans; ils pleurent sur leurs thèmes et se laissent prendre et duper les premiers par leur parole, comme un comédien se laisse prendre par son rôle et comme un tribun se laisse prendre par son discours. La patrie n'est plus que la République des lettres, et pour Laurent Valla défendre le Capitule menacé équivaut à composer des oraisons et des poèmes ^ L'Italie est l'antique Ausonie; les Italiens, les descendants par Anténor et par Enée des héros de la guerre de Troie ; la famille, le groupe restreint de quelques esprits ornés et choisis. Le père n'est pas celui qui donne le jour, mais celui qui donne le style; l'enfant n'est pas le fruit des entrailles, mais le fruit du cerveau. Et la vertu, la seule vertu qui demeure, c'est le beau latin. C'est ainsi que le vieux Niccoli ayant arrêté le jeune Pazzi dans la rue, et lui ayant demandé ce qu'il faisait, et ayant connu que, comme les autres jeunes hommes, il ne songeait qu'à se donner du bon temps, lui dit avec colère: « Etant lils de qui tu es et de bon aspect, c'est une honte que tu ne t'appliques pas à connaître les lettres latines, qui te seraient un grand ornement; et si tu ne les apprends pas, tu ne seras estimé en rien, et la fleur de ta jeunesse passée, tu te trouveras sans aucune verlu '-. »

D'une pareille attitude résulte ce néfaste divorce entre l'écriture et la vie que Pic de la Mirandole devait reprocher a son époque comme un péché ^ et qui aboutira

1. « Alius vestruin scribit historias, istud est Veios habitare. Alius (irœca transfert, istud est Ardeœ considère. Alius orationes, alius peina ta conipunit, illud est Capitolium arcemque defendere. » (Valla, Eleganliœ.)

2. « Sendo fi^iio di chi tu 9ei e di buoa aspetto, egli é una vergogna elle tu non ti dia a imparare le lettere latine che ti sarebbono un gran oniauienlo; e se tu non le impari, tu non sarai stiiualo nulla; passato il (iore délia tuagioventù, ti troverai senza virtù ignuna. » (Vesi'asia.no, Vile, p. 372.)

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