‹ Le quattrocentoChapitre 102 sur 151 · XIV, 7.) (VII · texte numérisé non relu

XIV, 7.) (VII

11 rit de parler à des savants, à des poètes, à des raffinés comme à un public de faiseurs de clous et de batteurs d'empeignes. 11 rit d'entretenir le noble Marsile, qui s'élève à Dieu sur les ailes de l'intelligence et de l'amour, de hochepot, d'andouilles, de rognons, de tripes, de lasagne, de vin poiré, du migliaccio qui ne veut pas être brûlé, mais bien cuit, de la tourte qui est la mère et de la tourtelette qui est la fille, des fegatelli, qui peuvent être un, deux et trois. Il rit de citer à Politien, qui collige les Miscellanea, ses textes d'Arnaldo, de Turpino, d'Alfamemnone, de soulever des doutes, d'opposer des restrictions, de fournir des mesures, d'indiquer qu'à Roncevaux les chrétiens étaient 20.600 contre 600.000, car « celui qui écrit histoire ou comédie, il convient qu'il se rapporte à l'écriture^ ». Il rit de raconter aux Pic de la Mirandole, aux Acciajuoli, aux Rucellai, aux Médicis, à tous ces mécènes illustres et princiers, comment les grands seigneurs se comportent, leurs politesses, leurs discours, leurs lits en or, de leur montrer Marcobaldo qui joue aux échecs pour son plaisir dans une tente de cuir de serpent « ainsi qu'il est des grands seigneurs coutume 2», de leur montrer Corbante faisant à Rinaldo les honneurs de son royaume : « Ainsi que tu vois, le pays est fourni d'un beau jardin, grotte ou désert^. » Et dans le noble recueillement du palais de Via Larga, où le buste de Platon apporté de l'Ilyssus penche sa douce gravité, il rit de voir s'épanouir ses imaginations rubicondes, ses inventions pansues, ses termes gras, ses mots crus, son esprit faubourien. Et autour de lui les autres rient, tous : les Médicis qui sont les

1. « Colui che scrivc istoria o commedia Gonvien che alla scrittura si rapport!. »

(XXVII.llS.)

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