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1. Telle qu'elle résulte <lcs laudes, des vnppresenlazioni sacre, des prédications populaire» qu'il nous a clé donné d'examiner, elle est h tout
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VU, elle enveloppe encore la vie, elle ne la pénètre plus. Elle est parallèle à la vie. Il y a des âmes pieuses ; il n'y a plus un peuple pieux. Il y a du bien clairsemé ; il n'y a plus une tradition du bien. Saints enthousiasmes d'un François d'Assise, d'un Jacopone da Todi, d'une Catherine de Sienne, nobles folies, élans éperdus, comme ces choses sont aujourd'hui Unies! Aujourd'hui, le cœur le plus ému, San-Bernardino, ne veut plus se l'aire ermite pour des laiterons trop amers. Aujourd'hui, les chrétiens les meilleurs ressemblent aux bergers de la Nativitâ^ qui consentent bien à suivre l'étoile de Bethléem, mais non sans s'être garni l'estomac au préalable. Aujourd'hui une guerre, un fléau, une disette, pourront bien soulever un instant des foules éplorées ; mais, le danger passé, l'émotion terminée, chacun deviendra « plus grand ribaud qu'auparavant ». L'air du siècle a envahi le temple. Toute notion de justice, de vérité, de rectitude morale, semble irréparablement oblitérée. Le don de s'étonner et de s'indigner est perdu avec la notion exacte de ce qu'est le bien et de ce qu'est le mal. Une perversion, touchant l'aberration et l'inconscience, règne comme en pays conquis. Le cri qui monte est un cri de plaisir. Plus de chaînes, plus de fausses hontes, plus d'imporlunes et misérables retenues! Gloire à la nature, à la raison et à la vie! Jouissons au soleil jusqu'au crime! Satisfaisons nos appétits et nos instincts ! Cultivons nos goûts et nos passions ! Demeurons fidèles à la terre! Vautrons-nous dans la joie!
Alors un homme se lève.
Il n'est rien, ni riche, ni beau, ni éloquent. C'est <( un petit homme de trois sous », au manteau troué, au profil de bouc, aux yeux qui cependant lancent des flammes dans l'ombre du capuce baissé de sa tunique.
prendre en pleine décadence. La laude quattrocentiste n'est que la putréfaction du genre; \n. sdcra rappresentazione se iransforme à mesure Qu'elle avance en divertissement profane ; le frère prêcheur enlève la discipline des mains de la princesse de Milan.
Il est né en 1452, à Ferrare ; mais, ne reconnaissant pas sa patrie dans cette ville de fête, il l'a quittée. Il a pris à Bologne la robe des Dominicains, portant le deuil éternel de son âme; il a prêché à Bologne, à Ferrare, à Florence, à San-Gimignano, à Brescia, à Gênes ; en 1494, il est venu se terrer pour toujours à Florence, dans le cloître de Saint-Marc.
Il semble qu'il assume à lui seul l'horreur de tout son siècle ; il se charge de la responsabilité écrasante de ses fautes ; il souffre en proportion du mal qu'on commet. Mieux qu'un dignitaire de l'Eglise, qu'un prince du monde, qu'un savant, qu'un platonicien, qu'un orateur, qu'un maître d'éloquence, c'est dans cette époque qui décline, s'affaisse et tombe, cette chose unique : une conscience. Les autres n'en avaient plus ou n'en avaient pas : il en a pour le compte de tous.
Dans l'ombre du cloître, dans le commerce quotidien de la Bible, dans ses voyages, dans ses méditations, dans ses prières, lentement, sourdement, une immense indignation s'est accumulée en lui, a grandi en lui, et elle anime son âme de solitaire ascétique d'un zèle farouche. Il a le cœur soulevé de dégoût, le palais frotté d'amertume, le fiel gonflé d'imprécations ; et devant les scélératesses, les ignominies, les abominations qui s'accomplissent à journée faite, d'autant plus grand qu'on est plus misérable, d'autant plus pur qu'on est plus souillé, douloureux dans la mesure mémo où l'on jouit, il se dresse, justicier formidable.
Seul et unique, il se carre en face de son époque et prétend l'arrêter sur la pente fatale où il la voit précipitée. II ne rit plus, ne transige plus, ne temporise plu8 comme les autres Frères Prêcheurs. Le temps de rire est fini. Le moyen de distinguer et de signer des compromis, quand c'est la descendance d'Adam qu'il s'agit de sauver du déluge, quand c'est Sodome et Goniorrhe qu'il s'agit de sauver du feu du Ciel! Il leur crie : « Vous êtes une race de cochons ! » II leur crie : « Vous
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êtes corrompus en tout, dans la parole et dans le silence, dans l'action et dans l'inaction, dans la croyance et dans la mécréance ! » Il leur crie : « Il n'en est pas resté un, un seulement qui veuille le bien; il nous faut retourner à l'école des enfants et des humbles femmes, les seuls chez qui demeure quelque ombre d'innocence. » Serviteur de Dieu, ambassadeur de Jésus, automate de sa conscience, il va, contraint à aller, sans savoir où il va, instrument docile et passif aux mains d'une volonté supérieure qui l'oblige et le torture.
Il parle. 11 faut qu'il parle. « Un feu interne brûle mes os, avoue-l-il, et me contraint h parler. » Il parle contre tous et contre tout, contre les idées, contre les tendances, contre les forces qui déchirent ou emportent son pays misérable ; contre la richesse, contre la volupté, contre la gloire; contre les habitudes qui semblent les plus acquises, contre les institutions qui paraissent les mieux solides ; et à cette Italie épicurienne, raffinée, savante, aux Alexandre Borgia, aux César Borgia, aux Lucrèce Borgia, aux Ludovic le More, aux Pierre de Médicis, il prêche le Sermon sur la Montagne. « Tu dis : la bonne vie, l'heureuse vie, c'est le gain; et Christ dit: heureux les pauvres en esprit... Tu dis : l'heureuse vie, c'est le plaisir et la volupté; et Christ dit : heureux ceux qui pleurent... Tu dis: l'heureuse vie c'est la gloire; ei Christ dit : heureux quand les hommes vous auront persécutés et méprisés ! » Que lui importent les précautions, les ménagements, les colères qu'il sème et qui vont se déchaîner contre lui? Laurent de Médicis qui le flatte, et à qui il mande de prendre soin de son salut? Le Bentivoglio, dont il appelle la femme une diablesse? Le pape Alexandre VI, qu'il appelle un vieux fer? II n'a peur de rien, « Et si tout le monde, Père, se dressait contre toi? Je resterais solide parce que ma doctrine est la doctrine du bien
vivre. » Rongé par les privations, par les macérations, par les jeûnes, nourri de ramcre substance des Prophètes, dévoré de visions d'Apocalypse, une flamme sombre l'illumine. Il brandit son crucifix comme une verge. Il lance sa voix comme un tonnerre. Il déverse son éloquence comme un torrent aux flots de lave sur les immondes écuries d'Augias. Absolu, tyrannique, despotique; dur aux autres et dur à lui; jour et nuit sur la brèche, il prêche, il prédit, il prophétise, il écrit, il organise, il travaille, il crie. Il crie tant qu'il s'enroue. Au-dessus des foules qui, au cloître de Saint-Marc, se prosternent devant le pied de roses, qui remplissent le Dôme, qui remplissent la place du Dôme, son cri passe au large dans la stupeur et dans Tefl'roi. Il retentit jusqu'à Rome, jusqu'en Allemagne, jusqu'en Turquie. Il frappe, il ne se lasse de frapper à coups redoublés, à coups pressés, le scandale, la corruption, l'abjection générales ; et tous se croient visés, parce que tous se sentent atteints. Ce n'est pas seulement ceci ou cela qu'il faut détruire, c'est le système existant dans sa totalité effrontée, l'univers social, politique, moral, intellectuel, religieux : l'anarchie, l'apathie, la tyrannie, la lettre, le curialisme.il n'y a rien qui vaille, rien qui n'appelle l'anathème et la colère de Dieu, L'Italie, en proie à la haine, à l'ambition, à la luxure, est peuplée de ruffians et de scélérats. Rome est devenue une étable de courtisanes : « Mille, c'est peu; dix mille, c'est peu; quatorze mille, c'est peu ; les hommes et les femmes se sont faits courtisanes. » L'Eglise, dont « la puanteur est montée jusqu'au ciel » et qui « a multiplié ses fornications par le monde », s'est transformée en lupanar. L'autel n'est plus que « la bouti(|ue du clergé ». Les prélats nourrissent des courtisanes, des chevaux, des chiens; leurs maisons sont remplies (h» tapis, de soies, de parfums cl d'esclaves ; leurs cloches ne sonnent que pour le pain, l'argent et les chandelles ; ils vendent les bénéfices, ils vendent les sacrements, ils vendent les
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messes du mariiige, ils vendent tout. Jadis le pape appelait ses enfants ses neveux ; aujourd'hui il les appelle ses fils. Les princes sont luxurieux, avares et superbes; yeux pourris, oreilles pourries, bouches pourries; ils corrompent les magistrats, dépouillent la veuve et l'orphelin, oppriment le peuple, de telle façon que le peuple est devenu pusillanime, que chaque vertu est morte, que chaque vice est exalté. Les cours sont les refuges de tous les animaux et monstres de la terre, le nid de tous les ribauds et scélérats ; ils y accourent parce qu'ils y trouvent façon et excitation à se passer leurs envies les plus elTrénées ; là, les mauvais conseillers qui sucent le sang du peuple ; là, les philosophes et les poètes qui, grâce à mille fables et mensonges, font remonter aux dieux les généalogies des princes ; et là, ce qui est le pire, les religieux. Les savants sont emprisonnés dans l'antiquité comme dans une geôle; ils ne savent rien que courir après les Grecs et les Romains, veulent la môme forme et le môme mètre, évoquent les mômes dieux, ne savent pas employer d'autres mots ni d'autres noms que ceux employés par les antiques ; non seulement ils n'osent rien dire contre l'antiquité, mais ils n'osent rien dire que l'antiquité n'ait dit; avec Aristote, Platon, Virgile et Pétrarque, on sollicite les oreilles et on ne s'occupe pas du salut des âmes. « 0 grand avantage des âmes, délecter les oreilles du peuple, s'attribuer des éloges divins, citer avec une bouche ronde les philosophes, chanter, moduler vainement les chants des poètes, et oublier l'Evangile ! » Ceux qui se le rappellent ne font guère un meilleur ouvrage. « L'exemple d'une pauvre ignorante qui, agenouillée, prie Dieu avec ferveur, apporte aux Ames une utilité bien plus grande que le poète et le philosophe, qui célèbrent pompeusement les louanges de Dieu. » Les peintres représentent la sainte Vierge comme on représente une courtisane. La religion ne consiste plus qu'en un étalage de belles
mitres, de beaux surplis, de belles cérémonies; pierreries, chandeliers d'or et d'argent, orgues, encens, musiques, chasubles de brocart, chapelles patriciennes, calices armoriés: « Va ici ; va là; baise saint Paul, baise saint Pierre, ce saint, cet autre. » La beauté n'est plus que dans les couleurs et les effigies, l'éloquence dans la lettre, la poésie dans hi quantité des syllabes et dans l'ornement des mots.
Sus à cet opprobre du monde ! Point de quartier, de trêve et de merci! CEil pour œil! Dent pour dent ! Guerre au mal, guerre au tyran! «Coupe-lui la tète, et quand môme il serait le plus grand de la maison, coupe-lui la tète !» « 0 Florence ! ta clémence est de la démence! » Sus aux courtisanes, « morceaux de viande avec des yeux » ! Sus aux joueurs, « maudits dans les champs et dans les cités, maudits dans le fruit de leur ventre et de leurs terres, maudits en allant et maudits en retournant ! » Sus aux sodomiles ! Sus aux livres inutiles! Sus à la fausse éloquence, à la fausse beauté, à la fausse science qui ne se repaît que d'orgueil ! Sus à Rome ! Sus à l'Kglise! Et sus à la joie, à tous ceux qui vivent dans la joie, à tous ceux qui vivent de la joie! « Suspendez les jeux, suspendez les bals, fermez les tavernes ! C'est temps de sanglots et non de fêtes ! » Dft grands fléaux se préparent. Les puissants du jour vont^ mourir. Charles VIII s'approche; Gaston de Foix s'approche. Des chrétiens véritables, qui rougissent en Allemagne et en France des péchés de l'Eglise, sont déjà debout ; Rome sera ceinte de fer, et l'Italie sera la proie de l'Etranger. Il y aura désordre sur désordre, guerre sur disette, pestilence sur guerre ; désordre ici, désordre Ik; on entendra un barbare à cette place et un autre barbare à cette autre place ; la loi des prêtres sera morte, et ils perdront leur dignité; les peuples seront écrasés de tribulations; fous les hommes perdront l'esprit. « Croyez-en le frère, les gens ne suffiront pas à ensevelir leurs morts; et il n'y aura pas moyen de faire
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tant de sépultures. Il y aura tant de morts parmi les maisons que les hommes iront par les rues disant : sortez les morts! et ils les mettront sur des chars et sur des chevaux, et ils en feront des tas et ils les brûleront. Ils passeront par les routes, criant fort : Qui a des morts? Qui a des morts? Quelques-uns apparaîtront disant : Voici mon fils, voici mon frère, celui-ci est mon mari... Ils iront de nouveau par les routes, criant : Est-ce qu'il n'y en a plus un qui soit mort? Qui n'a plus de morts?... «Tous éclatent en sanglots et celui qui prêche pleure comme les autres.
A tout prix, par tous les moyens, il faut fermer la bouche à ce forcené : il résiste. Le pape le flatte : il résiste. Le pape le menace : il résiste. Le pape l'excommunie : c'est lui qui excommunie le pape : « Et si jamais pape a dit quelque chose contre ce que je dis maintenant, qu'il soit excommunié ! » Plutôt qu'aux hommes, lui prétend obéir à Dieu. C'est Dieu qui Ta élu à cette mission terrible d'oracle et de vengeur, qui l'a arraché à sa famille et à sa patrie, qui l'a jeté dans cette mer de tempéle, qui l'oblige à ne pas pouvoir, à ne pas vouloir retourner en arrière, et qui le conduit à un supplice dont il porte la douloureuse certitude. II parle au nom de Dieu, prophétise au nom de Dieu, travaille sur la terre au triomphe de Dieu.
0 Dieii, à la place de cette Italie morcelée, factieuse, enroulée dans la fange, une Italie unie dans le bon vouloir, contrite et repentante, pleurant ses péchés et besognant en bon accord et en paix pour son salut ! 0 Dieu, à la place de cette Eglise aux calices d'or et aux prêtres de bois, une Eglise aux prêtres d'or et aux calices de bois, régénérée et purifiée, guérie de ses fautes, lavée de ses misères, ayant chassé du temple les vendeurs et les oripeaux, et prêchant dans des cathédrales nues la simple parole de vérité et de vie! 0 Dieu, à la place de celte Florence putréfiée dans le palais des Médicis, une commune libre, n'ayant pour
corps que le peuple universel, n'ayant pour roi que le Seigneur Jésus-Christ, rendant des ordonnances dans le style des versets de la Bible, brûlant ses mauvais instincts comme ses fausses images, et purifiant la Péninsule au cœur de laquelle Dieu l'a placée dans ce but ! Toute une humanité austère, sévère, hargneuse dans le bien et pour le bien ; les laudes dévotes remplaçant les chansons obcènes ; les processions pieuses remplaçant les mascarades du carnaval ; une science de vérité au lieu d'une science de mensonge; une beauté d'âme parlant à Fâme au lieu d'une beauté de forme parlant aux sens ; les tavernes fermées, les lupanars fermés ; les livres inutiles, les livres faux, les livres méchants, les livres du diable jetés au feu avec les peintures et les parures du monde ; des gens gardant au chevet de leurs lits des images de la mort, se rappelant à chaque heure « qu'ils n'ont été mis sur la terre que pour y apprendre à mourir » ; des femmes vierges d'ornements, marchant les yeux baissés dans la rue ; des marchands lisant la Bible sur leurs comptoirs; des enfants aux petites étoles blanches psalmodiant des litanies ; plus de crimes, plus de scandales ; rien que des privations agréables, des dépouillements joyeux, des vertus roides, frustes et rugueuses ; et au-dessus de cet édifice idéal, long comme la foi, large comme la charité, haut comme l'espérance, la croix de Dieu. Tel le rêve du Frère.
Il veut arrêter le siècle, supprimer l'histoire, reconduire la Florence de Laurent de Médicis à la Florence de Cacciaguida. Alors Florence l'attacha h un poteau et mitle feu dessous. Selon un contemporain, «il pleuvait du sang et des viscères ».
Savonarole mourut le 23 mai 1498. Avec son supplice, toute fin est accomplie, et l'Italie, qui a déjà été soumise à l'expédition de Charles VllI, vit son dernier moment.
Ce fut le 22 août 1494 que le roi de France se mit
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en route pour franchir le mont Genièvre et descendre dans la Péninsule ouverte. 11 avait avec lui 3.600 lances, 6.000 archers bretons, autant d'arbalétriers, 8. OCO arquebusiers, 8.000 piquiers suisses, 140 canons et une multitude de pièces légères. Il avait plus et mieux, il avait cette mission vengeresse dont Savonarole l'avait investi, et il avait l'escorte de Dieu, qui selon son historiographe Commines, conduisait son armée. D'Asti il se rendit à Pavie, de Pavie à Pise, de Pise à Florence, de Florence à Rome et àNaples. Et lui, le petit roi barbare de vingt-deux ans, chétif, maladif et illettré, s'empara, sans coup férir*, de cette Italie esclave de l'intelligence, de la beauté et de la joie, qui pouvait l'éblouir par sa richesse, sa culture et ses fêtes, qui ne pouvait lui opposer aucune foi, aucune volonté et aucun peuple. Et après lui, qui a ouvert le chemin, c'est Louis Xll. Et après Louis XII, c'est François I'"'. Et après François I", c'est Charles-Quint. Et après Charles-Quint, ce sera le long sommeil de mort sous la domination étrangère.
Ainsi finit le Quattrocento et ainsi finit l'Italie.
Le Quattrocento, qui redonna à l'humanité confiance dans sa force et dans sa raison, qui produisit les exemplaires (Ihumanité les plus complets, les plus harmonieux, les plus universels qui furent au monde, qui vit briller un Leone-Battista Alberti, régner un Laurent de Médicis, mourir un Pic de la Mirandole et naître un Léonard de Vinci, montra tout ce que l'homme pouvait. Et ce fut sa gloire.
Il montra aussi — et c'est là la leçon qu'il nous laisse — que l'homme livré à ses propres forces, arraché de l'ensemble, n'appuyant que sur lui-môme et ne vivant que pour lui seul, ne peut pas tout.
\. « Les François, écrit Commines, y sont venus avec les espérons de bois, et la croye en la main de fourriers pour marquer leur logis, sans autre peine. »