‹ Le quattrocentoChapitre 52 sur 151 · Fiamini, ib · texte numérisé non relu

Fiamini, ib

5. Buser, Die Beziehungen der Mediceer zur Frankreichy Leipzig, 1879,

maison. Ils ontde l'instruction. Us possèdent des papiers. Ils savent lire. On les attristerai l en lesassimilant aux vulgaires faiseurs de tours de passe-passe; ils sont gracieux; ils sont hommes à fournir un renseignement, parfois à composer, tout comme un autre, un hommage princier, une belle laude, un capitolo bizarre, un sonnet facétieux. Dans le livre de l'un d'eux, on trouve les Beautés d'une femme, les Beautés d'un homme, la Description du printemps, les invocations faites à san Martino, sonetfi, capitoli^ et stramhoUiK Us ont la mémoire remplie, farcie, gonflée d'histoires; plus ils en connaissent, plus ils sont de requête dans les places et les compagnies. Quelquefois et le plus ordinairement, ces histoires sont d'autrui, et alors ils les apprennent par cœur* en s'aidant de recettes habiles qui sont les secrets du métier. D'autre fois ces histoires sont d'eux-mêmes; ils les inventent ou mieux les improvisent, là, sur place, devant les assistants, au fur et à mesure, et alors ils sont illustres. Ils s'appellent Antonio di Guido, Niccolô Cieco d'Arezzo, Francesco Cieco de Ferrare, Cristoforo Fiorentino qu'on nomma l'Altissimo. Ils sont connus de tous, du peuple, de la ôona (jente^ du public descampagnes et desrues, comme des doctes, des dames, des princes et des prélats. Antonio di Guido est pareillement pleuré par Luca Landucci-, chanté par Polilien, admiré par Michèle Verino. « Sais-tu, Fabiano,dit i*olilien, ce qui distingue Antonio d'Orj)hée? Orphée attirait les bêles, Antonio attire les hommes^. » « J'ai entendu un jour, ajoute Michèle Verino, Antonio di Guido chanter sur la place de San-

1. Opère deirAllisnij/in, poêla fiorentino, nelle qitali descrice le ISe.llezze d'iina donna, le l'ellezze d un liuomo, La deserillion di l'rimavrra. Le invncalioni faite in san Martino, Sonelli Capiloli Stramhotli, Florence, l')T2.

2. <i K a di dclto, mori un maestro Antonio di (îuido, cnntatore iinprovisd, inolto vaienlc iiomo. In qiiella arle passo igiiuno ; pcri> si nolu qui, j> (I.ANDi'fxi, p. 51.)

3. « Tusrus ah olhrysio, Kiiltianf, Aiilonius Orphco Hoc diircrl : lioin'ines liic Iraliil. iilc fi-rns. »

(^PouriKN, ("-d. (ici l.iingo, p. 121.)

Marlino les guerres d'Orlando avec tant d'éloquence qu'il me semblait entendre Pétrarque '. » Poggio écoute Niccolô Cieco d'Arezzo : « Dieux excellents! quel public réunissait Niccolo Cieco lorsqu'aux jours de fête il chantait de l'estrade en rimes étrusques, soit les histoires sacrées, soit les annales antiques"^. » Gristoforo Fiorentino reçoit le laurier du poète. Francesco Cieco, qui tait les délices de la cour d'Urbin, compose une œuvre qui appartient presque à la littérature, le Mamhriano. Andréa di Barberino est si docte qu'il écrit en prose un nombre infini d'histoires, riches de généalogies et très exactes. Mais que si la renommée des chante-histoires dépasse souvent les enceintes de la rue, les chante-histoires n'en restent pas moins de souche, d'esprit et de culture toute populaire.

Ils sont les romanciers attitrés du petit peuple qui n'a que leurs récits pour le charmer.

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