‹ Le QuérardChapitre 101 sur 166 · II. Qm*e«l-ce que c'est que le meYe« de moa enele · texte numérisé non relu

II. Qm*e«l-ce que c'est que le meYe« de moa enele

AVTBCE DB LA c LÉGENDE DES PHILOSOPHES ».

Monsieur,

' Aujourd'hui, chassé de la rue par une pluie continue, je me suis refiigié sous les galeries d'un des édifices de la capitale; heureusement pour moi, j'ai aperçu dans cet endroit un étalage de bouquiniste. Après une recherche assez active, je désespérais de trouver quelque chose, lorsque je découvre un petit volume portant l'approbation de Monseigneur Marie-Joseph-François-Victor Monycr de Prilly, évéque de Châlons. Le titre me semblait assez singulier pour piquer ma curiosité. Vous qui n'ignorez rien des publications modernes, vous serez sans doute à même de me faire connaître le nom de l'écrivain de cette production bien peu chrétienne, malgré l'approbation dont elle est revêtue; en voici le titre : Légendes des philosophes, par le neveu de mon oncle. 3« édition. Paris, Waille; Plancy, Société de Saint- Victor pour les bons livres, 1860, iD-16 deiy-244 pp. Cette légende n'est en définitif qu'une collection de biographies dans laquelle on trouve bien des renseignements qu'on ne trouvera certainement nulle part. La série s'ouvre d'abord par les aventures de Pigault-Lebrun. Pigault-Lebrun n'était qu'un filou, un escroc, etc., etc. Soit, mais l'auteur aurait dû en parler avec plus de ménagements, maintenant que cet écrivain ne peut lui répondre. Lalande est moins durement traiié, car élevé chez les jésuites, il a toujours révéré ces bons Pères elles a toujours défendus; il ne faisait que leur rendre justice. J'ai toujours cru avec les badauds que le goût de Lalande pour les araignées était un résultat (le son organisation, mais le neveu de mon oncle nous apprend que cet écrivain, ne sachant comment attirer l'attention sur lui, se mit à manger des araignées pour faire parler de lui; s'apercevant que le public était accoutumé a cette excentricité, il voulut produire unevariété de sensation, et se mit à manger des cheniUes ; il essaya mime de manger des soum, et ne sut pas y parvenir. Après Tarticle sur Lalande, vient celui sur Silvnin Marescbal, puis celui de ce coquin de marquis de Condorcet. I /historique des saints-simoniens contient naturellement la biographie peu flattée de Saint-Simon. Le chevalier de Parny, qui les suit, méritait bien une leçon pour ses productions immorales et anti-religieuses, mais l'écrivain religieux aurait dû nous éviter le détail dégoûtant des infirmités du chevalier. Le chapitre intitulé : Comment Chassebœuf fit son chemin, est curieux, mais peu flatteur pour ces pauvres bourgeois parvenus, à l'air gauche, aux gros pieds, aux 'ambes cagneuses, ne pouvant entrer les qros os de Umx%

MfMref et podfiant cette iiBftàtioa dd génie poâthjM de POrielit en bien inférieure à Sehirin ». « Que peuvent faine de mieux les poètes » de l'Europe quand ils nous peigpnent les images orientales que de co- » pier les anciens- et vrais tableaux de rOrient?etc. » (1).

Ce poëme de M. Jos. de Hammer n*est mentionné ni dans le « Manuel du libraire b de M. Ch. Brunet, ni dans « l'Encyclopédie de$ Gens du Monde v, publiée par les Treuttel et Wûrtz.

Souscripteur depuis 1811 à la a Biographie Michaud d, j'acquiesce volontiers atix éloges que Vous donnez (page 393) à cette vaste collection. Je suis persuadé que la 2* édition réparera les erreurs et les omissions, entre autres celle de la famille des Ranchin^ magistrats et poètes. Mais M. Michaud n*a-t-il pas un compte à régler avec ses anciens souscripteurs? Quoi ! durant 43 ans, notiS avons patiemment retiré 83 Volumes qui ne nous coûtent ptiÉ moins de 581 francs; et maintenant on nous oublie sans la momdre fiche de coâsolatfcm... Ne pouvait-on pas dire à ces fidèles souscripteurs qu'il letfT Éen loisible (l'acheter les derniers volumes de la 2* édition Une fois parvenue à l'article Teyssieuf (2). Un grand nombre, il est Vrii, aura pôûf lors descendu la garde ; mais ceux-là s'adresseront à vous, Monsieur, devenu bibliothécaire chez le Père Étemel.

4.% Cuique summ : Si la « Biographie Didot » tenferme des n^igences bibliographiques, il est juste de dire qu'on y trouve nombre d'articles capitaux et une grande variété d'articles secondaires. Poar moi, j'ai eu le plaisir d'y voir (je ne dirai pas Un grand homme), mais une notabilité de ma petite ville, le théologien Contenson, auteur de l'ouvrage intitulé Theologia mentis et cordis.

L'honorable famille qu'il a illustrée dans le temps, existe encore, bien que son nom ait pris une désinence gasconne. Ce nom ne vousest pas inconnu. Monsieur, car vous l'avez enregistré dans votre « France littéraire » , l'abbé Contenstms, auteur du poëme de Louis U bienfaésant...kh\ c'est lui singulier poëme... Si la bonne intention avait suffi, c'eût été un chef-d'œuvre; mais l'auteur, homme instruit d'ail* leurs^ avait rêvé qu'il était poète. Je me garderai d'analyser sob ouvrage ; je citerai quelques vers du chant 9*, imité en partie dhi 4* de VÉnéide.

Le poète suppose que le comte d'Artois étant fe la cour de Catherine II, celle-ci, âgée de plus de 60 ans I veut séduire le prince français, et organise à ce sujet une brillante partie de chasse^ où elle déploie tous les genres de séduction, mais en vain :

D'Artois, nouyeau Joseph « quitte ces Iteut pértPtÉ, Rt;part, gagne rEoxio, vole au d«l)t dei iàers >.

. (i) Voyaçe en Autriche, par Wdlfeand Meùtzel, l'un des rédactemde la Morgcnblatt. 1831.

(2) Ce nom termine le iome^^.

Los biographes ne sont pas toujours aussi heureux que nous Tavons été pour rencontrer d'honorables cl d'émouvantes vies à faire connaître, comme celle que nous avons donnée dans notre dernier numéro sur M*"* la baronne Barberot de Vaudey, plus connue sous le nom de Vellexon. Quel terrible exemple de la fragilité des choses d*ici-bas que la vie de cette respectable dame! Fille d'un général célèbre, et alliée, par son mari, à une grande famille, ayant possédé un immense patrimoine, et sur ses vieux joursj devenue infirme, ne plus rien posséder ! et supporter son adversité avec une résignation toute chrétienne! telles sont les phases que M*** la baronne de Vel*lexon a parcourues I

Cette vie exceptionnelle nous avait frappé, et M»« la baronne de Vellexon ayant été un jour forcée de faire imprimer quelques brochures, une occasion toute naturelle s'offrait à nous, historien des auteurs et de leurs livres, de dire quelques mots n nos lecteurs sur cette noble infortune, et nous l'avons fait dans une louable intention.

Mais le grand âge et le malheur ont rendu très susceptible M">* la baronne de Vellexon. Cette dame ayant eu connaissance de notre notice, nous en a témoigné du mécontentement. Morte au monde depuis plus de vingt ans, elle ignore le progrès de notre époque, et, par cette raison, nous a presque contesté le droit de faire sa biographie, elle encore vivante. Ce qui surtout a irrité M*»* de Vellexon. c'est d'avoir fait d'elle un bas-bleu à Tâge de 75 ans, elle qui n'a jamais eu la velléité de faire imprimer quoi que ce soit, avant le jour où la nécessité, venant frapper à sa porte, la mit dans l'alternative de contracter des obligations près d'anciens amis,, ou d'écrire pour ue pas mourir de faim. La fierté l'emporta.

M"« la baronne de Villexon nous a adressé la réclamation suivante, que nous nous empressons d'insérer, non à titre de réparation^ ainsi qu'elle le dit dans sa lettre, terme qui implique un préjudice quelconque, et notre courte notice est loin d'en établir aucun ; mais pour rendre le calme à cette respectable dame, âgée et aveugle, que notre notice , quoique très*favonibIe, a vivement affectée.

Monsieur,

J*ai été aatsi surprise qu'atYligée, lorstju'on m'a donné connaissance de la bio« graphie que vous avez publiée dernièrement dans un Journal qui porte votre nom. Morte an monde, Je ne puis comprendre comment on a pu soulever lé suaire dont je me suis enveloppée depuis si longtemps.

Sans doute, vous avez été induit en erreur par les brochures dont vous avez publié des extraits et par le prétendu manuscrit remis à M. Weiss.

£n recherchant dans tous mes £ouvenirs, J*ai retrouvé qu'en 18S7 je Ds un voyage à Paris, oii je ne devais passer que six semaines; mais, attaquée d'une longue maladie, Je me décidai à m'y fixer de nouveau ; j'écrivis à madame de Bravant de faire embaUer quelques meubles auxquels Je tenais, pour me les envoyer; de bra*

duction anglaise et ime traduction espagnole , laquelle porte le tkre de : Entaya poïuico sobre la hla de Cuha^ et qui n*a rien retranché des opinions indépendantes que m'avaient inspirées les sentiments d*humanité.

» Il parait aujourd'hui à New-Tork une nouvelle traduction anglaise calquée sur la traduction espagnole, et, tout en rendant justice aux additiom intéressantes, que Tauteur de la traduction a ajoutées à mon travail, et à l'esprit de modération avec lequel il discute mes opinions quand il ne les pa^ tage pas. je ne puis passer sous silence qu'il a trouvé bon de supprimer, dans un ouvrage qui porte mon nom, tout le septième chapitre de la tradaction espagnole. J'attache à ce chapitre plus d'importance qu'à la partie parement scientifique.

» J'ai examiné avec franchise, telles sont les expressions dont je me sois » servi il y a trente ans, ce qui concerne Torganisation des sociétés humaines » dans les colonies, l'inégale répartition des droits et des jouissances de la

> vie, les dangers menaçants que la sagesse des législateurs et la modéra- » tion des hommes libres peuvent éloigner , quelle que soit la forme des » gouvernements. Il appartient au voyageur qui a vu de près ce qui toar- • mente et dégrade la nature humaine de faire parvenir les plaintes de » l'infortune à ceux qui ont le devoir de les so^ilager. J'ai rappelé dans cet » exposé combien l'ancienne législation espagnole de Tesclavage est moins » inhumaine et moins atroce que celle des Ëtats à esclaves dans T Amérique

> continentale au nord et au sud de Téquateur >.

» Ayant toujours défendu la plus large liberté des opinions parlées ou écrites, j'aurais supporté les plus violenteo attaques, mais, en retour, j'aurais cru devoir m'attendre à ce qu'il fût permis de dire dans les Etats libres d'Amérique ce qui avait circulé dès la première apparition de l'ouvrage, dans sa reproduction espagnole » .

— Aux ouvrages de bibliographie et de bibliothéconomie, plus ou moins importants, que nous avons cités sous les n»* 9B9 à 1051 du Quérardy il faut en ajouter deux récemment publiés. Le premier est intitulé : Memoin of Librairies ;together toith apraetical Hand-Book of Ubrary Ecmtomy; by Edward Edwards, esq., of the British Muséum. Lond., TrUbner, 2 vol. in-8, i 1. 4 sh. Nous connaissons du même auteur, et la possédant : « A atatistical Wiew of the principal publics Librairies of Europe and America » doDt la 9« édition, corrigée, avec des tables additionnelles et 12 cartes gravées, est de Londres, 1849, in-lbl. de 48 pages et 12 cartes ; pois : « A Mannal historical and practical on the formation, organization, and cDconomy of public Librairies , and more especially of printed Books ». Londres, 185., 1 vol. in-8, avec un grand nombre de plans gravés, de diagrammes, de fac-similé et autres illustrations. Le second ouvrage est un Index Pseudcnymorum. Worterbuch der Pseudonymen, oder Verzeichniss aller Autaren, die sich falscher Namen bedienten. Leipzig, Veriag von Falckeu. Ronsler, 1856, gr. in-8 de x-282. Ce volume a été publié sous le nom de Bmil Weller, mais, à sa contexture, au dédain avec lequel l'auteur parle de ceux qu'il a pillés, on doit lire Oettinger's Schere, ou ce livre est d'un des fervents disciples de ce compilateur, prenant partout, et injuriant tous ceux à qui il emprunte. Nous reviendrons prochainement sur cet ouvrage, aussi incomplètement universel que la • Bibliographie biographique >•

— Puisque nous sommes en train de parler d'ouvrages de bibliographl \ DOS Jecteurs dous permeilroiiV d« Wt àVe% ^«Vo^sm mots sur ceux qui ap-

G6 qui se rattache à la bibliographie argotique française ; le Jargmi de Targot réformé, le poème de Grandval, dont Cartouche est le héros, et les autres productions de cette espèce sont énumérées et décrites en détail ; leurs diverses éditions ont été examinées. Les ouvrages italiens» espagnols, anglais, allemands, qui se rattachent à Targot «ont de même l'objet de recherches fort étendues, tout à fait neuves et où préside cette exactitude scrupuleuse que M. Francisque Michel apporte dans ses citations.

Je me bornerai à signaler deux des remarques que m'a suggérées la première et rapide lecture d'un ouvrage qui mérite, ce me semble, que le Quii'ard en reparle.

A l'appui du sens indiqué {pag. liii) pour l'expression : jouer au reverri, je mentionnerai une pièce de vers insérée dans les Etrennes luriques et anacréontiques, 1782, p. 169.

Comme il est impossible de tout connaître, il ne faut pas s'étonner si M. Michel n'a point indiqué, parmi les ouvrages anglais modernes qu'embellissent les ressources de l'argot britannique, les Mysteries of London, par Georges Reynolds, 1845, 2 vol. gr. in-8.

On sait d'ailleurs que la vogue du livre de H. Eugène Sue fit éclore une multitude de mystères; on dévoila ceux de Berlin, de Bruxelles, de Vienne, de Madrid, etc., et celui qui prendrait la peine de consulter ces tristes imitations d'un modèle trop vanté, y trouverait beaucoup plus d'argot que de talent.

La seconde production dont je tiens à vous parler est un Discours sur la nudité des mamelles des femmes, par ur^ révérend père capucin, publié pour la première fois , diaprés un manuscrit du 48^ siècle, avec une préface et une bibliographie, par Ch. D. (Ch. Duquesne). Gand, 1856, pet. in-8, x et 34 pnges. Je soupçonne là un de ces ouvrages qui font partie du domaine de vos Supercheries littéraires ; le prétendu discours me paraît une fabrication récente; mais ce n'est pas ce que je veux discuter. Je m'en tiendrai à dire que ce livret a eu les honneurs d'un tirage à deux exemplaires sur peau vélin et à huit exemplaires sur papier de couleur, et que la bibliographie spéciale qu'il contient énumère soixante-deux ouvrages; mais s'il s'agissait d'une liste d'un autre genre, j'ajouterais qu'elle est à refaire. En effet, le rédacteur a grossi sa liste d'ouvrages tels que V Apologie d'Henri Estienne pour Hérodote, et le traité fort connu de Parent Duchâtelet, qui n'ont qu'un rapport fort indirect avec son sujet; il a énuméré deux livres de médecine (c'est trop ou trop peu) des docteurs Bérard et Velpeau sur les maladies du sein; il n'a point enregistré des écrits qui rentraient de plein droit dans le cadre qu'il voulait remplir; je n'en mentionnerai que deux :

L'un, en anglais, est de Francis Hav^kins ; il est dirigé contre la poudre des cheveux, la nudité de la gorge, les mouches et autres modes nouvelles alors; en voici le litre : Youths Behaviour, with a discourse upon som^ innovations of habits and dressings, against

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