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l'abbé F. de La HeaMl^.
L'abbé F. de La Mennais publia, en 1808| sous le voile de IV nonyme, un volume intitulé : RéflexioM sur Xétat prisent de VÉglise en France et sur sa situation actuelle. Paris, Société typog^rapbiaue, et Lyon, Rusand, in-8 de 151 pages. Malgré les précautions de I auteur pour ne point heurter le pouvoir de Pépoque, son livre fut saisi, et ne put être réimprimé qu*h la Restauration, en 1814, et depuis dans les « Mélanges religieux et philosophiques » de l'auteur, en 1821, in-8, et cette fois sous son nom.
Les deux premières éditions étant anonymes, leur citation appartenait de droit à A.-A. Barbier, qui effectivement les a mentionnées sous le no 15,914 de la seconde édition de son Dictionnaire, en mettant en note :
« Dans la très-courte Préface placée en tête de l'édition de 1821, « l'auteur déclare n'avoir rien ajouté à ses Réflexions sur l'état de « rÉglise. Il devait plutôt dire qu'il en a au moins retranché une « page entière. Voyez la page 95 de l'édition de 1808 et la page 91 « de celle de 1821. La page retranchée est un éloge pompeux de « Napoléon ».
De Feletz, de l'Académie française, s'étant chargé de rendre compte dans un journal, de la seconde édition du « Dictionnaire des ouvrages anonymei et pseudonymes » de l'ancien bibliothécaire de Napoléon, fixa les yeux sur la note concernant la réimpression des Réflexions de l'abbé de La Mennais, et entre autres notes reproduisit la substance de celle-ci dans son article. Une courte polémique s'engagea, au sujet de cette note, entre MM. F. de La Mennais et de Feletz. Nous donnons ici les pièces dans cette polémique.
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«m dans leur aniraosilô, ni dans bi< Maigre cplle espèce de proteshîion
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Au reste. I ^cnvain que M. ^ ne m
aucune répugnance à'senommerTuN en IS08, une Iirodiure Don pas ooit/,
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de La Mennais ft^est sans doute reconnu à la qualification d'éerhain célèbre, ou même de l'un de nos plus célèbres écrivains, que j'ai donnée à l'auteur dont je taisais le nom : il a eu raison, c'est de lui que je parlais; c'est lui que désigne M. Barbier dans l'article du c Dictionnaire des anonymes » que j*ai cité, et dont il se plaint.
« Son explication est aussi bonne qu'il était possible» etje m'applaudis de l'avoir provoquée. A la vérité, on m'avait assuré que les * louanges qu'il avoue étaient un peu moins froides que l'analyse qu'il en donne aujourd'hui; mais, ne les ayant jamais lues» je m'en rapporte parfaitement à lui.
ff J'observerai toutefois que son explication n'est pas tellement satisfaisante qu'il ne reste encore quelque chose d'équivoque dans la préface qui fait le sujet de cette i)etile discussion. Certainement, tout homme qui avait lu la préface devait croire que M. l'abbé de I^ Mennais faisait réimprimer son ouvrage en 1821, tel exactement qu'il l'avait fait imprimer en 1808» ce qui n'est pas rigoureusement vrai. Tel était pourtant le sens naturel de sa phrase; telle était l'idée que l'auteur semblait vouloir imprimer dans l'esprit de tous ses lecteurs. Je persiste donc à croire, après la lettre de M. l'abbé de La Mennais, comme avant, qu'il eût mieux valu ne pas faire de préface, ou du moins qu'il y eût eu plus de franchise à ne pas glisser celte petite phrase adroite et captieuse.
ft Quant à Tcxprcssion de fanatiques qu'il me reproche d'avoir donnée à ses admirateurs, elle doit sans doute paraître mauvaise à tous ceux qui pensent qu'on ne peut trop admirer M. l'abbé de I^ Mennais; mais M. de La Mennais sernit-il lui-même de ce nombre?
Ces deux lettres sont iniprimées à la suite du compte rendu de l'ouvrage de A. -A. Barbier» dans les « Mélanges de philosophie, d'histoiro et de littérature » de Ch.-M. de Feletz» Paris, Grimbert, (828, tome lU» pp. 474-486. Mais ni l'une ni l'autre ne nous fait connaître In page en question. A. -A. Barbier eût pu la donner, car» à la manière dont il en parle, il est indubitable qu il avait comparé les deux éditions des Jt^/l^.t:t07i^ de La Mennais; mais, plus sage que nous ne l'avons été pour nos « Supercheries littéraires dévoilées, » il a voulu qu'on le laissât en paix.
Un heureux hasard nous a fait conniître un bibliophile de Lyon, qui a eu autrefois à sa disposition l'édition de 1808, et il avait copié non-seulement de la page 95, mais encore des 99*" et 100", ce qui confirme l'assertion de Barbier, relativement au pompeux éloge de Napoléon supprimé. H y a quelque chose de plus piquant encore : c'est l'opinion d'alors de l'abbé de La Mennais sur la souveraineté du peuple. Quarante ans plus lard, il eût lui-même supprimé son livre pour ne point avoir à rougir de sa variation.
Page 95. « O France! réjouis-toi, tes calamités enfm sont à « leur terme ; voilà que des extrémités de l'Afrique la Providence
« t'amène, comme par la main, à travers les mers, un de ees bom- « mes puissants en œuvres qui, destinés à la représenter sur h « terre, apparaissent pour tout rétablir quand tout semble désesa péré. A sa voix, les ruines de la société entrent en mouvement, « chaque débris va trouver sa place, et l'édifice social se reconstruit « de lui-même. 11 guérit les plaies qu'il n'avait point faites, il essuie « les larmes qu'il n'avait point fait couler. La religion et la mo- « narchie renaissent ensemble, et la révolution est terminée v .
a Qu'à vingt-quatre ans un homme se soit montré le plus grand c capitaine de son siècle, et peut-être de tous les siècles ; qu'il ait c gagné lui seul plus de batailles que Gondé, Turenne, Vendôme, a Luxembourg n'ont livré de combats; que son génie ait cnchatoé « la fortune et que son nom soit devenu celui de la victoire, qu'il • brise à son gré et relève les trônes, et que les empires soient c sous sa main comme ces fragiles édiQces construits par l'enfance, « et quelle renverse en se jouant pour les reconstruire encore : ce « n'est pas là, ô Napoléon, ce qu'admirera le plus en toi la postérité! « Fils atné de la Providence, elle t'a réservé une gloire plus belle et c le restaurateur de la France a triomphé du vainqueur de FEu- « rope 1.
(Là suivent deux pages et demie sur les bienfaits de Napoléon enveis V Église, et V auteur continue ainsi à la page 99) :
a La France reconnaissante venait de proclamer Napoléon empe- « reur; il désira recevoir, comme un autre Charlemagne, des mains (( même du Souverain Pontife, cette auguste consécration qui fait de « la royauté une espèce de sacerdoce. Celui devant qui la terre a s'est tue^ reconnut hautement la souveraineté de Dieu, et la « cérémonie du couronnement fut comme une renonciation for- € mellc au principe athée de la souveraineté du peuple • .
o Ainsi, les antiques maximes et les institutions anciennes fleu- « rissaient ensemble pour le bonheur de la société. Un prince qui « jamais ne fléchit devant aucune opinion ni devant aucune puis- € sance, exécutait avec toute l'énergie de son caractère ce qu'il (( avait conçu avec toute la force de son génie, et la merveille de « son règne sera d'avoir employé, pour tout recréer, moins de temps « qu'il n'en fallut à cent mille tyrans pour tout délruiro ».
{Ici suivent sept lignes sur les espérances que la religion peut concevoir de Napoléon, et Vauteur ajoute^ page 100) :
<x Reposons-nous, pour ce qui reste à faire, sur celui qui jamais c ne fit rien à demi ; n'en doutons pas, il achèvera pour sa gloire ce « qu'il commença pour notre félicité • .
Quel chaleureux éloge de Napoléon! En 1821, ce n'était plus que Vhomme (sans nom) qui régnait alors. Les Bourbons avaient à cette époque les affections de l'auteur.