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Il existe en France quelques associations de bibliophiles formées dans le but de faire réimprimer à petit nombre des ouvrages rares et curieux , ou de publier quelques productions inédites. Tous les amateurs connaissent fort bien les Mélanges mis au jour par la Société des Bibliophiles ; à Lyon et à Reims, d'autres sociétés ont fait paraître une série de livrets fort dignes de trouver place dans les cabinets les mieux choisis. Kous pourrons un jour entrer à cet égard dan^quelques détails ; aujourd'hui nous voulons parler d'un sujet peu connu en France, des associations des bibliophiles anglais.
1^ plus célèbre et la plus ancienne de ces sociétés est le Aofburgh Club, établi en 1813 ; nous ne nous y arrêterons pas; la liste de ses publications se trouve dans le Manuel du LibrairCt t. V., p. 843; on peut aussi consulter un article de M. O. Delepierre dans le Messagei' des sciences historiques^ Gand» 1845, p. 80-92.
L'exemple donné par les Roxburghers trouva des imitateurs; il est juste de distinguer dans leur nombre une association qui se proposa un but défini avec netteté : la Shakespeare Society ^ aujourd'hui dissoute, se donna la mission de tout fouiller, de tout découvrir, de tout publier au sujet de l'immortel auteur dramatique et de son époque; son zèle a enfanté 47 volumes iii-8. MM. Collier, Halliwell, Dyce, Laing, Wright, et autres littérateurs et archéologues fervents ont été les principaux collaborateurs de cette œuvre dont les résultats sont d'un intérêt véritable. Les limites dans lesquelles nous devons nous renfern)er ne nous permettent pas de donner^ comme nous Taurions désiré, la liste entière de ces publications ; uous signalerons du moins les plus importantes :
« The Goventry Mysteries with glossary » . « ïhe Ghester miracle Plays »^ 2 vol.
m IlhistrtlioD of the Fairy Mytbology ol Shakespeare t. « Memoirs of Ihe principal actors in ShakMpeare's Plays ». « A Life of the architect Inigo Jones, by P. Cunninghnm • (avec les fac-similé de quinze dessins de ce grand artiste).
• Smrock, Remarks on the plan of Shakespeare's Plays, translated wilb notes and additions ».
ff The Shakespeare Society Papers, being a roiscellany of contributions, 4 vol. ».
La Percy Society doit son nom aux désirs de quelques amateurs de se mettre sôus le patronage de Tévèque Pcrcy, qui le premier mit au jour un fort curieux recueil de ballada et autres chants populaires de la vieille Angleterre; elle s*est dissoute en 1852, après avoir publié 94 volumes. Elle s'attachait surtout aux anciennes poésies et aux romans ou légendes ayant cours parmi les classes illettrées. Voici les titres de quelques-unes de ses principales publications :
« A cx)llection of old Ballads anterior to the reign of Charles I m. c Early naval Ballads of England ».
a Political Ballads piiblisheil in England during the Gommonweallh ».
• Ancien! poetical Tracts of the XYIth. century ».
On y remarque the Doctrynal of good Servantes : c'est à coup sûr une traduction ou imitation du Doctrinal des bons serviteurs^ dont le ilfantf^I indique trois éditions (une d^elles 107 francs» vente Cailhava) et qui a été réimprimée dans les ytnciennes poésies françaises des 1S* et 46 siècles, Paris, Jannet, 1856, t. II, p. 140.
a Pleasant hislory of Regnard the Fox, reprinted from Gaxton's édition ». On ne connaît que trois exemplaires de l'édition de 1481 qui a servi de modèle à celte réimpression. Ils sont chez lord Spenser, au Musée britannique et dans la collection de sir Thomas Grenville.
' m Saint Brandon, a médiéval legend of the Sea ». Mous n'avons pas besoin de rappeler que M. Jubinal a publié en 1836 les trois curieuses légendes de saint Brandaines.
« The seven Sages, in english verse, from a manuscript al Cambridge, edited by Wright i.
« Popular Sohgs ofireland » (quatre parties).
« Descriptive and bibliographical notices of popular englisb historiés commonly called Chap Books, by Halliwell ».
L'English Bistorical Society qui formait le pendant de la « Société de l'Histoire do France » , bien connue dans le monde savant, a partagé le sort des autres sociétés dont nous avons parlé; elle ne subsiste plus, mais, de 1838 à 1856, elle a publié 29 volumes in-8. Nous y remarquons un ouvrage en français :
« Chronique de la trafson et mort de Richard dem, roy Dengl^ terre , > mise en lumière d'après un manuscrit de la biblîotiièqK royale à Paris, avec les variantes fournies par dix autres maDosoibi des éclaircissements et un glossaire, par Benjamin Williams. m4.
Citons un ouvrage fort important au pmnt de vue historique : Codex diplonuUicus aevi Saxomci, opéra J. H. Kemble, 6 vol m-S.
lious distinguons une édition nouvelle de VHistaria eeeUriagtki gentis Anglorum de Bède.
Le surplus des publications de la Société est formé d'anàeos historiens et chroniqueurs anglais» Gildas, Nennîus, Roger de Weodover, de Walter de Hemingburg, etc.
I^ Caxion Society a pris le nom du premier des typographes anglais; il s'établit à Westminster à la fin du XV* siècle et il édili un assez grand nombre de volumes qui se payent aujourd'hui ao poids de Tor. Nous connaissons quinze publications dues à Tactivité des Caxtoniens , deux sont en français :
« Le Cbasteau d* Amour de Robert Grossetète, évèque de Linoob, avec une traduction anglaise de ce poème &ite au VIII* siècle et h Vie de sainte Marguerite. Le tout publié pour la première fois par M. Cooke.
c La Révolte du comte de Warwick contre le roi Edouard IV t, d'après un manuscrit conservé à Gand, édité par le docteur Cules.
Parmi les publications en anglais, il faut signaler VAngUhnorman metrical chronicle de Geoffrey Galmers. Première édition complète, celle qui fait partie des Monumenta historica Britannica^ éditée aux frais de TEtat, est imparfaite. A la suite de cette chronique publiée par M. F. Wright, on trouve le Lay dHavelock le Danois ^ qui avait été publié par M. Madden pour le Roxburgh Club et que M. Francisque Michel a reproduit en France, Paris» 1833, in-8. (Voir un article de M. Saint-Marc Girardin, dans le c Journal des Débats oy 6 juillet 1844, et c THistoire littéraire de la France •, t.XVlIl ,p. 731-738.)
Un historien et archéologue anglais qui vivait au VII* siècle et qui a rendu à la science d'importants services, Camden, a donné son nom à une autre société dont Tactivilé est digne d*éloges ; elle a publié une soixantaine de volumes relatifs à l'histoire d'Angleterre et édités par MM. Wright, Ellis, Halliwell, Collier. Todd. et autres savants. Nous mentionnerons d'abord un volume qui intéresse rhistoire de France :
« Chronicle of Calais in Ihe reigns of Henry VU and Henry VIII, edited by Nichols » .
Les poèmes latins composes au XIIU siècle par Walter de Mapes, édités par M. Wright, ainsi que les Chansons politiques, depuis Jean sans Terre jusqu'à Edouard II, le Journal de l'astrologue John Dee, le Pèlerinage de sir Richard Guilford à la Terre-Sainte, en 1506, sont des volumes <\vû çréseuteat un intérêt réel.
Un recueil de pièces diveroes intitulé : Camden MUeeUmy, renferme une relation du siège de Rouen en 1691.
Citons aussi comme n*étant pas toujours d'un intérêt exclusivement britannique :
« Original Letters of eminent letterary Men of the 16th., 17th. and ISth. centuries, with notes by sir H. Ellis ».
« Secret services Monies received and paid in the reigns of Charles II and James II, edited by Akermann.
D'autres sociétés existent en Angleterre : VHakluyt Society se consacre aux anciens voyages et la Sydenham Society aux publications médicales ; n'oublionis pas une dernière formée, et dont nous avons déjà entretenu nos lecteurs, la PhiloMblion Society, de laquelle S. A. le duc d' Aumale est le président, et S. A. R. le prince Albert au nombre des membres, ainsi que S. E. M. Van de Weyer, ambassadeur de Belgique près la Cour d'Angleterre, etc. Cette aristocratique société a commencé ses publications par un volume de « Mélanges • dont nous avons signalé les principaux ouvrages (ann. 1855, pp. 374 et suiv.).
L'Ecosse présente VAbbotsford et la Surtees Society ; nous aurons l'occasion d'en parler une autre fois et nous n'oublierons pas VAs* Sudation littéraire de Stuttgard, à laquelle on doit plusieurs publications d*un intérêt véritable pour la France, notamment la Correspandanee fort curieuse de la duchesse d'Orléans, mère du Bégent, correspondance dont il a paru en 1855 une traduction en deux volumes à la librairie Charpentier. B.