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II. Qaelques mots sur divemes bll»llothè<|aes de Londres

Nous avons sous les yeux un volume consacré à la description du Musée britannique et rédigé par M. Richard Sinis, employé dans ce riche établissement. A la fin de ce livre, sur lequel nous reviendrons peut-être, on trouve de courtes notices sur diverses bibliothèques de lx)ndres qui ne sont pas publiques dans la rigoureuse acception du mot, mais dans lesquelles les hommes d'étude ont facilement acci^s, d'après des règlements spéciaux. Nous allons passer rapidement en revue les plus importants de ces dépôts, fort dignes de l'attention des bibliophiles, et nous commencerons par la Bibliothèque des Antiquaires. Cette société, autorisée en 1751, tient ses séances -à Somerset House ; elle possède une nombreuse collection de livres; on y distingue un recueil de proclamations, en quatorze volumes, allant jusqu'à Tannée 1656, et un exemplaire du Missel mozara« bique ; les manuscrits relatifs à l'archéologie et à l'histoire de la Grande-Bretagne .sont importants. Un catalogue des livres et des manuscrits a été publié en 1816 en un volume in-4; un second volume se prépare.

Société AsiaUquCf fondée en 1823. U bibliothèque compte

4,0ûb voloinds environ; on y remarque 800 mennserite (

il en paraîtra bientôt un catalogue.

Société hotaxUqutj fondée en 1836. De bons ouTragee sv h

botanique, et un herbier considérable

Bibliothèque de la Cité de Londres, à Guildhall. On s*est proposé en formant cette collection, dont l'origine remonte à une vingtaine d'années, d'y réunir tout ce qui concerne l'iiistoire et les antiquités de Londres et des environs ; les cartes, plans et desains farment une portion intéressante de cette bibliothèque qui compte dqà piès de 2,200 articles et qui s'accroît continuellement, des fonds di quelque importance étant chaque année coniacrés à Tenrichir. C'est un exemple qui devrait être suivi dans bien d'autres capitales; des bibliothèques spéciales, dans le genre de celle qu'avait hrmk M. Co3tc à Lyon, et quia été achetée par le conseil nnunicipalde cette ville, seraient d'un prix inestimable pour les travailleurs.

Un grand nombre d'opuscules qu'on ne rencontrerait pas dans les autres dépôts publics sont réunis dans U bibliothèque de la Cité; on voit sous un cadre la signature autographe de Shakespeare ai bas d'un acte de vente : ce document a été payé 147 livres sterling (3,750 fr.) par la municipalité. Un catalogue a été imprimé^ et l'oo travaille à un supplément devenu nécessaire.

Bibliothèque du collège des //rm^. Collection spécialement généalogique et héraldique; nombreux manuscrits fort importants en ce genre, ainsi que pour Fhistoire d'Angleterre ; chroniques, correspondances inédites. Il n'y a pas de catalogue imprimé, mais de bonnes tables ont été dressées.

Bibliothèque de la Compagnie des Indes, fondée en 1805; 17,000 volumes environ; on y trouve tout ce qui a été imprimé au sujet de Tlnduustan, et une collection de 7,000 manuscrits dans les diverses langues de l'Asie. Ce précieux dé])ôt s'est fort enrichi, grâce à la libéralité de quelques savants distingués; le célèbre orientaliste Colebrooke a fait don de tous les manuscrits sanscrits qu'il avait rassemblés ; M. Hodgsou a oifcrt une importante réunion de manuscrits thibétains. 11 existe un catalogue des imprimés, 1845 et 1851, en deux volumes in-8.

Société de Géographie^ fondée en 1830. Sa bibliothèque contient 5,000 volumes, plus de 1,000 brochures; et 5,000 a 6,000 cartes et plans.

Bibliothèque du palais de Lambeth» c'est-a^ire de rarchevèché de Uanterbury. Fondée par l'archovêquo Bancroft, sous le règne de Jacques 1", celte collection a été notablement enrichie par plusieurs des successeurs de ce prélat. La théologie y domine, comme de raison ; les ouvrages de critique et de philologie sur la Bible sont fort nombreux ; on remarque un recueil en 72 volumes d'opuscules de théologici et une réunion fort considérable de sennons, ainsi que

des oumgeB imporUnU mr l'hbtoire d'ÀDgleterre. Oo compte en tout 26,000 ouvrages imprimés et 1,200 volumes manuscrits, parmi lesquels il en est d*un très-vif intérêt sous le rapport histo* rique. Un catalogue des manuscrits a été publié en 181 2, in-folio, et un catalogue des livres imprimés en Angleterre avant Tan 1500 et conservés à Lambeih Palace, a été mis au jour en 1845 (1).

Bibliothèque de Uncoln's Inn, c'est-à-dire de la société d'hommes de loi portant ce nom. C'est la plus ancienne des bibliothè<(ues de Londres ; elle remonte au règne d*Ilenri VIII. Enrichie par des dons importants, elle renferme 27,000 volumes imprimés et près de 900 manuscrits. La jurisprudence y occupe une place presque exclusive. Le catalogue des imprimés a été publié en 1835, et celui des manuscrits en 1838.

Sociiti Imnéenne. 10,000 volumes relatifs aux diverses branches de rbistoire naturelle; il y en a de fort précieux. La société possède aussi de riches herbiers, entre autres celui de Linnée et celui qui a été offert par la compagnie des Indes; des collections d'entomologie, d'ornithologie, de conchyliologie, méritent une mention.

Bibliothèque de l'institution de Londres, ouverte en 1819; plus de 60,000 volumes. Cette bibliothèque, soutenue par des souscriptions annuelles, est riche en ouvrages de littérature et d'histoire ; la partie des voyages et de l'histoire d'Angleterre est importante; les sciences sont bien représentées ; les divisions de la théologie, de la jurisprudence et de la médecine sont peu nombreuses ; les meilleurs ouvrages en langues étrangères sont réunis dans ce dépùt, dont il existe un bon catalogue imprimé en 4 volumes in-8 ; le second volume est consacré aux brochures et pamphlets.

Bibliothèque de Txmdres. 65,000 volumes, et, comme la précédente, soutenue par des souscriptions; le prince Albert la protège avec zèle, et il lui a fait don d'un très- bon choU de livres allemands. Fondée en 1841, cette collection comprend les meilleurs ouvrages en tout genre et en diverses langues. On a publié deux volumes de catalogues en 184 7 et en 1852.

Société de médecine et de chirurgie, fondée en 1805; 20,000 vo* lûmes environ.

Bibliothèque de ttnstitutioti royale, fondée en 1803 ; 26,000 volumes; bons ouvrages en tout genre; cet établissement est basé de même que les précédents, sur un sytème de souscriptions. Un catalogue^ publié en 1821 , est devenu fort incomplet.

Sociiti royale, fondée en 1660. Celte société correspond à peu près à notre Académie des sciences. Sa bibliothèque est importante; 50,000 imprimés et 500 manuscrits; les sciences, les voyages, les mémoires des sociétés savantes forment les classes les plus riches.

(1) On peut consulter, lar les livres cooservés il L9iml)elh, l'ouvrage de Beriab BoUield : Not€9 on eaihedral Libraries, 1809, fn-8, p. 1S9.

Parmi les manuscrits, on distingue le manaserit aatogn|ilM da Principia de Newton. On a publié successivement des catalogiies en 1825, 1839 et 1841.

Bibliothèque de la cathédrale de Saint-Paul Elle doit son origine au legs fait par Henri Caropton, évAque de Londres, mort en 1703. La théologie (surtout en ce qui concerne la Bible) et les classiques y figurent presque exclusivement. On compte environ 7,000 volumes. Cette collection n'a reçu d'ailleurs, depuis près d'un siècle et demi, que de Irës-faibles accroissements.

Bibliothèque du collège de Sion^ 40,000 volumes. Cette collectioD, fondée en 1 630 par des legs ou des donations, fut au dix-septième et au dix-huitième siècleTobjet des libéralités de plusieurs nobles ou prélats, ce qui lui a procuré sur la théologie, sur la controverse et sur Phistoire britannique nombre d'ouvrages curieux et qu'il serait trèsdifficile (parfois impossible) de rencontrer ailleurs. On s*occupe de faire imprimer le catalogue.

Bibliothèque du Temple. 16,000 volumes et 500 manuscrits; collection spéciale de jurisprudence.

Bibliothèque de Westminster. Elle appartient au chapitre de cette célèbre abbaye; sa création remonte au commencement du dixseptième siècle; la théologie y domine; on remarque une fort nombreuse réunion d'éditions de la Bible, et un recueil très-étendu de pamphlets relatifs, en grande partie, à des controverses religieuses. Parmi les livres les plus précieux on cite l'ouvrage de Burnard. Cathedral Music, dont on ne connaît, dit-on, qu'un autre exemplaire à Berlin, et un volume imprimé à Oxford, en 1482 iJohannes Lattebarius in Threnos Jeremie, in-folio. Cet exemplaire d'un volume rarissime est sur peau-vélin (1). Il existe un catalogue manuscrit rédigé en 1798.

Bibliothèque du docteur Williams. Ce ministre presbytérit»ii légua, en 1716, ses livres pour être mis n la disposition du puhlic, et il laissa une rente pour l'entretien de cette bibliothèque; elle s'accrut par des donations d'abord assez importantes, mais qui sont depuis devenues moins nombreuses. On compte 20,000 volumes environ ; la théologie et Thistoire ecclésiastique dominent ; on distingue quelques bibles anciennes, et un exemplaire de l'édition originale de Shakespeare (2). Un catalogue a été publié en 1 84 1 ; il forme deux volumes in-8 ; le second est en entier consacré aux pamphlets, parmi lesquels il en est beaucoup de fort rares, et concernant l'histoire de la Réforme et la polémique religieuse au dix-

(i; \siis bibliop^raphes frauçais ne Toat pas menlion, ce nous S4^inblc. de ce livre précieux et peu connu.

septikiiie tiède* On remarque aussi un très • ample recueil de sermons andens; nous doutons qu'ils soient fréquemment feuilletés, i B.

Nous ne devons pas passer sous silence quelques autres bibliotlièques particulières qui se trouvent à Londres, mais qui appartiennent à des hôtes de l'Angleterre.

Bibliothèque de S. A, le prince Lucien Bonaparte. Philologue aussi distingué que Test son frère Charles comme naturaliste, le prince Lucien a été conduit par son goût h former une bibliothèque, qui est peut-être unique au monde, composée de tous les ouvrages imprimés et manuscrits sur les langues de tout le Globe. Le prince en a fait dresser le catalogue, mais il n'est encore qu'en manuscrit.

Bibliothèque de S, A. le prince d'OrUanSy duc d*Aumale. Le duc d'Aumale est un bibliophile très distingué» et comme nous l'avons dit précédemment (p. 553), président de \^ Philobihlion Society. Sa bibliothèque est composée de livres rares et précieux que le libraire Techener de Paris, a eu commission d^acquérir dans les ventes à tous prix ; ainsi que d'un grand nombre de manuscrits intéressants pour la France, et qu'elle laisse échapper.

Bibliothèque de S. Ex. M. Van de Weyer, ambassadeur belge à Londres. Elégant littérateur et éruJit bibliophile, S. Ex. M. Van de Weyer a introduit dans sa riche bibliothèque des spécialités qu'il serait difficile de trouver autre part aussi complètes, parmi lesquelles on cite l'histoire de la Belgique, les Fabulistes, les Facéties, les Anas, etc. J. M. Q.

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