F.*X. GAINEAU, HISTORIEN DU CANADA
Rechercher les écrivains français de toutes les parties du globe, et les faire connaître à la France, tel est le but que nous nous sommes proposé par la publication de notre journal. Or l'annonce d'un ouvrage important dans le présent numéro (Voy. les Annonces) nous commande de réparer une omission de « la France littéraire » , et bien entendu de ses continuateurs, dont a été victime un homme éminent du Canada, écrivain français.
GARNEAU (F. -X.), originaire de Saint-Augustin, près de Québec, wl né en 1809. Mis à l'école à l'âge de 5 ans, des malheurs de famille tirent ensuite négliger son éducation. Cependant il entra à Tâge de 14 ans au greffe des pronotaires de la cour du banc du roi comnK clerc du vénérable M. Perrault, cet ami si dévoué de la jeunesse canadienne, et à 16 ans dans celui d'un notaire. Pendant sa cléricature, il se livra à des études diverses, et, outre le droit, il commença à apprendre l'anglais, le latin et même l'italien. En 1831 , un an après avoir été reçu notaire, il partit pour l'Europe, et à Londres il devint secrétaire de l'honorable D.-B. Viger, agent du Bas-Canada auprès du gou-
— t7;> — vtîraeuieiit britannique, avec luquel il resta près du deux ans. Il alla deux fois à Paris, où il fuL présenté à plusieurs hommes célèbres daas les lettres et dans les sciences. Pendant sa résidence à Londres, il fut admis dans les rangs de la Société littéraire des amis de la Pologne, dont Thomas Campbell, l'auteur du beau poème anglais a The Plea* sure of Hope » , était président, et dont faisaient aussi partie le comte de Camperdown et plusieurs autres membres de la chambre des lord» et de celle des communes. Il s* y lia d'amilié avec un savant Polonais, le docteur Zcbinna, ancien professeur de philosophie morale à l'Université de Varsovie , et connut une partie des réfugiés'- polonais qui vinrent à Londres : le poète national de leur infortimé pays, le vieux Niemcewitz, ancien aide «le camp de Kosciusko, le prince Czartoryski, le général Pac, etc. Il mit quelquefois la main à la rédaction de Ift revue u The Polonia » , publiée à Londres sous les auspices de la Société. De retour dans son pays, M. Garneau se livra, dans ses mœnents de loisir, à son goût pour les lettres, chérissant dans le modeste silence du cabinet cette indépendance de l'esprit sacrifiée si souvent sur la scène politique. Il fonda VAbHIle canadienne (Québec, 1834-1835} ; il a aussi publié dans les journaux de son pays un assez grand nombre de pièces de poésies, dont nous rappellerons plus bas une partie, et une Histoire du Canada, publication corrigée et augmentée dans la seconde édition, de 1853 ; la mention ici de ce dernier ouvrage est pour nous Toccasion d'exhumer cette courte notice sur son auteur, que le hasard nous a mise entre les mains il y a quelques années. Quoique V Histoire du Canada de M. F.-X. Garneau ait eu à subir plusieurs critiques, elle a mérité à son auteur des témoignages non équivoques d*apprubation d*hommes, au Canada, en France et dans les Etats-Unis, dont les suffrages doivent flatter son cœur. Son but, dans ce livre grave, est de repousser la calomnie et les assertions mensongères prodiguées contre les Canadiens par des écrivains ignorants ou imbus de préjugés, et de rallier au culte de leurs ancêtres ceux qui désespèrent de la cause sainte de la nationalité.
Une grande partie des poésies de M. Garneau a été réimprimée dans le «Répertoire national», Montréal, 1848, 4 vol. in-8, où l'oo trouve :
Tome 1. Le Canadien en France ; — le Voyageur, élégie, 1832 ; — l'Étranger, 1833; — TAn 1834; — Pourquoi désespérer, 183& ; — la Harpe, 1834 ; — le Marin, 1834; — la Pologne. ia3i.
Tome 11. Au Canada, 1837 ; —le Rêve du soldat, 1838 ; — A moD ûls, 18:i8; — la Presse (en cent vers), 1839 ; — les Oiseaux blancs, 1839; — THiver, 1840; — le Dernier Huron (seize strophes, de huit ver> libres), 1840; — Louise. Légende canadienne (en sept chapitres pl en vers), 1840; — le Vieux-Chêne (douze strophes de dix vers), 1S41; — le Papillon ^en vers de quatre et cinq syllabes)^ 1841: — les Exilés en cent huit versi, 1841.
BIBLIOGRAPHIE
LES UTTRES FRUCftlSES El EUROPE
ET LES HISTORIENS ÉTRANGERS DE LA PRAlfCB.
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