OUTRAGES SOUS PRESSE
Chez F. DIDOT, frères, împrîmeurt de riattîiiit, me Jaodb, M.
RBCHBBCIIBS SUR L HISTOIRE DES TEMPS HÉROÏQUES DE LA GRECE; parle baron Behr, ancien ministre de Belf^iquc à Constantinople. Un vol. iih8, avec cartes. [80]
Ghex LABË, libraire de la Facalté de Médecine de Paris , place de l'Ecole-de-Médecme.
ANÉVRisMEs (des) ET DE LEUR TRAITEMENT; par le doctour Paul Broca» professeur agrégé à la Faculté de Médecine de Paris, chirurgien des hôpitaux , etc. 1 vol. ia-8 avec des figures dans le texte.
TRAITÉ DES MALADIES DES TESTICULES ; par M. Curlitig y chirurgien de rhôpital de Londres, président de la Société huntérienne , etc. ; traduit de Tanglais, sur la deuxième édition , avec des additions et des notes, pir M. L. Gosselin , ancien chef des travaux anatomiqucs et agrégé libre de U Faculté de Médecine de Paris, chirurgien de l'hôpital Cochin, etc. i fort vol. in-8 avec des figures dans le texte.
TRAITÉ ÉLÉMENTAIRE ET PRATIQUE DE THÉRAPEUTIQUE GÉNÉRALE BT APPLI- QUÉE, suivi d^un Dictionnaire abrégé de matière thérapeutique et de Pharmacologie; par le D^ Fr,-A. Aran, médecin de l'hôpital Saint- Antoine, professeur agrégé à la Faculté de Médecine de Paris , etc. t très fort vol. iû-8. [SI]
MALLBT-BAGHELIEE,
qojû des AngusfàDt, 9S
ANif ALBS DE l'observatoire IMPÉRIAL DB PARIS ; Dubliées par M. Le Vet' fier. (Tome H.)
CouKs d'analyse de l'École impériale Polytechnique ; par M. Sturm^ membre de rinstitut. 2 vol. in-8 avec figures dans le texte. COURS DB MtcANiQUE de FÉcole impériale Polytechnique; par M. Sturm, membre de Tlnslitut. In-8.
Cours de géodésie de TEcoIe impériale Polytechnique; par M. Paye, membre de rinstitut. In-8 avec planches.
DE LA CARÉNÉ DO NAVIRE ET DB L'ÉCHBLLB DE SOLIDITÉ ; par M. Ad. ^ £r troyat, constructeur. In-4, avec j)lanches.
ÉLÉMENTS DE MÉCANIQUE; par M. FuTtet, ingénieur des Mines. In-fi, avec figures dans le texte.
ÉLÉMENTS DE TRIGONOMÉTRIE LOXODROMIQUE , Suivis d'ÂpplicatiODS à !« Navigation, d'après M. Gruner, professeur à l'Université de GreiFswald : pw M. A.'P, Terquem, professeur d'Hydrographie , membre de la Société Donkerquoise pour l'encouragement des Sciences , Lettres et Arts. In-8.
ÉLÉMENTS DE CHIMIE GÉNÉRALE rédigés Conformément aux nouveaux Programmes officiels; par M. Chancela professexu* à la Faculté des Scienc<^ de Montpellier.
ÉTUDES ET LECTURES SUR LES SCIENCES D'OBSERVATION ET LEURS APPLICA* T10NS pratiques; par M. BMn$t ^ membre de l'Institut. Id-12. -^ Tome III.
GÉOMÉTRIE ÉLÉMENTAIRE, contenant les notions sur quelques courbf» usuelles, la description, le levé des plans et le nivellement; suivie des réciproques et d'un grand nombre de problèmes de Géométrie pure et de
Questions résolues par le calcul, d'après le nouveau plan d'études à l'usage es candidats au Baccalauréat ès-sciences et aux Écoles du gouvernement; par M. Duviynau, ancien élève de l'École Polytechnique. In-8, avec figures dans le texte.
Journal de l'école polytechnique, 36« cahier. In-4.
LEÇONS de céramique professéos à TEcolc centrale des Arts et Manufactures par M. Salvétat , chimiste à la Manufacture impériale de Sèvres. In-12, avec figures dans le texte.
LEÇONS d'optique NOUVELLE ; par M. Billet^ professeur à la Faculté de Dijon. 2 vol. in-8, avec plancnes.
MANUEL DES ASPIRANTS AU GRADE d'iNGÊNIEUR DES PONTS ET CHAUSSÉES; par M. Regnault^ professeur de mathématiques. 2 vol. in-8, avec planches {Partie pratique),
MANUEL DES CANDIDATS A l'écolb POLYTECHNIQUE; par M. Catalan, In-12, avec figures dans le texte.
MANUEL DU CONDUCTEUR DES PONTS ET CHAITSSÉES , rédigé d'aurès le nouveau Programme officiel ^ par M. E. Endrès, ingénieur des Ponts et Chaussées. 2^ édfition. 2 vol. in-8, avec planches et figures dans le texte.
MÉLANGES DE GÉOMÉTRIE PURE; par M. E. de JonquièreSy lieutenant de vaisseau, ln-8, avec planches.
BCOEIL d'exercices SUR LE CALCUL DIFFÉRENTIEL ET INTÉGRAL| par
". Prmet » professeur à la Faculté des Sciences de Lyon. ln-8.
Rîî
RÉTLIIIONS SUE Là MÉTAraTSIQIIt DU GAIjCUL tHniOTittOIAL; pW M. Ctfnot. In-S, avec planches; ¥ édition.
THiEORii DBS DÉmiiraAirrs n lkitis rantavAUf àtnxknom; vtt M. Briofchi; traduit de Titalien par M. Ctmbneure^ profeaMor de Mathématiques. Id-8.
TRAITÉ éLÉVBirrAIEB DB CALCUL DlFFÉIBlfTlBL ET DE CAICUL UnftGEU; par S. 'F. Lacroix, memhre de l'Institut. 6« édition, revue» oorrûrteet annotée par MM. HermiU et Serret; 2 vol. in-8. [8Sf]
Ghes Cai. TARERA , ia>raSre-édîtear po«r l'Art mOitaM, ^aai àtê àm-
gnstins, %1,
ÉTUDES MIL1TAIEE8 SUT les campagues da 1848 et 1849 en Lombardie ; par Ch. Martin, i vol. in-8.
AppENDicB AU PEÂcis DB L*AET DB LA GUEEEB ; par le général de Jomm. Brochure iD-8.
TfisTOiBB DB LA poETiPicATioif PBEMANENTB OU Mauuel des meilleon ilsystèmes et manières des fortifications ; par A. de Zastrow, TroisièmB édition , considérablement augmentée , traduit de Tallemand ; par Ed. de k Barre Duparcq , capitaine du génie. 2 vol. in-8 et aUas de vingt plancbai in-folio. GB3]
Chez Jniet TARDIEU, rae de TournMi, IS.
Art D'ftTEB MALHEUREUX (l'). Un volomo gr. in-18.
HISTOIRE DB PRAiicE. Tableaux synoptiques avec les synchroniiinei di l'histoire générale. Cinquième édition. 1 vol. in-4 oblong. [84]
Caiex VIDEGOQ, me SonflUt, 1.
rpEAiTÈ DES ASSURANCES TERRESTRES ; par QuenauU. Un fort vol. in^ àe i 800 pages au moins. [85]
Le rédacteur en chef, gérami,
J.-M. QutRARD.
Hrlfl. DviruHMi tt C*. Imprinif rie ipécltlt tt en conmiuii ponr Im Journaux, me CQ^Bén««S.
HISTOIRE LITTÉRAIRE
Un oputcule inédit de Grkgoies de Tours (1).
A la fin de son Histoire des Francs, Grégoire de Tours, récapitulant les travaux de son ministère et les œuvres de sa plume, s'exprime eo ces termes au sujet de ses écrits : « Decem libros historiarum, septem miraculorum, unum de vitis patrum scripsi ; in psalterii tractatum librum unum commentatus sum ; de cursibus etiam ecclesiasticis librum unum condidi d. Il cite donc le dernier, et avec une légère nuance de dédain, comme le moins important de ses ouvrages, un traité intitulé : De cursibiu ecclesiasticis.
Tout le monde regardait depuis longtemps ce traité comme perdu. Dans la préface de la grande édition des œuvres de l'évéque de Tours, donnée par dom Ruinart, ce savant bénédictin déclare que l'on a conservé seulement de très courts fragments du commentaire sur les psaumes, et quant au livre Ue cursilms ecclesiasticis, il a, dit-il, entièrement péri.
On vient de le retrouver en Allemagne, dans un manuscrit de la bibliothèque de Bamberg.
M. Fréd. Haase, professeur à Breslau, l'a récemment publié (2) avec des commentaires qui témoignent de la sagacité de ce savant, non moins que de son érudition.
L'opuscule occupe quatorze pages dans le manuscrit de Bamberg. En voici le titre :
In Gnaisn nominb nfCipiT db cyesv stellaivm iatio qtalitee ad
OPPIOTM IMPLBNDVH DESEAT 0B8ERVARI.
(1) Extrait du BulUtin de la Société de l'Histoire de France.
(2) « S. Georgii Florentii Gregorii Turonensis episcopi liber ineditus de cursu stellamm, ratio qualiter ad officium impfeDdum debeat observari live de cursibus ecclesiasticis ; nunc primum eaidit, recensait, vindicavil Frid. Haaae, phîl. dr., antiq. iitt. et eloq. professor ord. Adject» sont stelbnim figurœ et scriptur» spécimen e cod. Bamb.; Vratislavi» venumdant Jos. Max et socii. hdgcclui *. ^ pages in-4.
Oi) voit i^d'ji «'y «poijilde nom d'atol^iff et qu'il pLuX i regarder (le près {)(i^r s'eÉsurtr qi» c'est kien It tfiiilf désigné îansl^ Hi$toriœ Fr$nèorum ptr le» Biots : /><? curébus r$cl1fi^if^i8. Mais M. Haase ne laisse subsister aucun doute à cet égard. Il démontre par de nombreuses citations que le style de son auteur a les plus grandes aflinités avec le ruêticiar sermo que riliustre évéque de Tours ayooaii modestement pour son style habituel, et avec des locutions qui lui étaient familières. Dans deux passages l'auteur parle des signes célestes qui annoncèrent, le premier, une maladie contagieuse par laquelle fut ravagée l'Auvergne; le second, la mort du roi Sigebert C'est donc un frYaac cp paria, |in Franc qui eanjMft surtout le pays des Arvernes, et de plus les mômes faits sont consignés dans les W#loriœ Francorum, en termes plus développés, mais qui laissent voir la même main se répétant avec quelque difTérence de langage, plutôt que l'œuvre d'un copiste. Enfin, pour ce qui regarde la dissemblance des deux titres, M. Haase, en rappelant que le Curêus ecclesiasticut était le règlement des parties de l'olDce divin suivant les différentes heures du jour ou de la nuit, et que ce titre convient fort bien à l'opuscule tiré du maiiuscrit de Bamberg, explique combien il est naturel que Grégoire de Tours, dans l'énuméi-ation rapide qu'il fait de ie& œuvres à la fm de son dixième livre, ail employé une expression concise au lieu de reproduire en entier le long intitulé : De cyrw slellurum, ratio qualiter, etc.
Si ce rapide aperçu peut laisser place encore k quelques doutes, la lecture de la préface de M. Haase n'en laissera subK&ister aucun dans l'esprit du lecteur sur la réalité de la découverte.
Voici maintenant un résumé de Topuscule dont il est question.
L'auteur commence par citer les sept merveilles du monde antique, dont la premièi'e, suivant lui, est l'arcluî de Noé. a Plerique philosophorum dum studiis litterarum vacant quasi plus cseteris septem scripserunt miracula ex quibus mihi quaidam pra»termittere et alia plus admiranda libuit memorare, quonmi haec habeutur vel formï vel operae. Primum ergo miraculum ponimus Noe arcam, que Domini ore qualis fierel est mandata ; cujus longitude trecentorum, latitudo quinquaginta, alliludo triginta cubitorum est habita, etc. »
La seconde merveille est Babylone avec ses cent portes et ses remparts immenses ; la troisième le temple de Salomon ; viennent ensuite le tombeau du roi de Perse (régis Persiri) taillé dans une seule améthyste, le colosse de Rhodes, le théâtre d'Héraclée, creusé tout entier dans le flanc d'une montagne, et le phare d'Alexandrie.
Toutes ces choses, continue Gregorius, ont été façonnées par la main des hommes, et sont par conséquent périssables ; mais il en est d'autres que la destruction ne saurait atteindre : ce sont les merveilles que Dieu lui-méjne a données au monde. Le vénérable auteur efl compte aussi sept, et voici 1p mélange bizarre dont il compose ce tableau :
— ai»3 —
a La première de toutes est le mouvement de la mer Océane, dans laquelle il se fait chaque jour une dilatation telle que le flot arrivant remplit le littoral, et se retirant ensuite laisse à 3ec le chemin qu'il a parcouru; une abondante multitude de poissons ou de plantes diverses est recueillie par les populations, qui s'avancent alors sur la terre encore humide. Dieu a préparé là au gej[U'e humain une première merveille qui fût digne de son admiratXQn et qui marquât bien sa dépendance.
ji La seconde, assez semblable à la précédente, est ce qui se passe pour les grains des plantes et les fruits des arbres, lorsque la sc^mience, jetée sur la terre et couverte par les sillons, se dresse, à rapproche iie Tété, en tiges qui, parées de barbes et d'épis, s'engraissent intérieurement d'une moelle laiteuse. Il en est de même dç la nature des arbres; elle me semble une image de la résurrection, lorsqu'en ï^\er, dépouillés de leurs feuilles, ils semblent comme morts, mais qu'au printemps ils se décorent de feuilles nouvelles, s'ornent de fleurs, et à l'été se couvrent de fruits. Quoi qu'il en soit de la justesse de la comparaison, ce miracle annuel apporte constamment aux peuples ce bienfait que l'homme sache qu'il reçoit sa nourriture de celui par qui lui-même a été créé de rien » .
La troisième merveille de l'auteur est le phénix, d'après ce que Lactance en rapporte ; la quatrième, le mont Etna ; la cinquième, la fontaine de Grenoble, d'où s'écoulent alternativement l'eau et le feu ; la sixième est le Soleil et la septième la Lune.
L'auteur donne ensuite une faible notion de la marche du Soleil, de celle de la Lune, de celle enfm de quelques étoiles, qu'il ne se coo&ente pas de décrire, mais qu'il reproduit par le dessin. Les constellations dont il s'occupe, avec les oflices qui doivent, dit-il, s'y iBpporier, ^ont : Arcturus (qu'il appelle Rubeola), la Couronne boréale {Symma, id est Stefadium), la Lyre, le Cygne {Crux major), le Dauphin {Crux minar aut Alfa), l'Aigle (Trion), le Cocher, ta Chèvre et une partie du Taureau (iignum Chriiii), les Gémeaux {Anguii), les Pléiades (quidam Massam vacant, nonnulli Pleiadas, plerique Butrianem), la fin du Taureau, ou Aldebaran, et les Hyades {Mastœ fere- Irum), Orion (Fajci«), le petit Chien, le grand Chien (Quinio), la grande Ourse {Plausirum).
En passant ces astres en revue, Grégoire de Tours nomme seuleaient les époques de l'aimée où chacun d'eux se montre. C'est dans une dernière partie de son opuscule qu'en reprenant les mois l'un après l'autre, à ccmunencer du mois de septembre, il apprend à son lecteur quels sont les oflices dont l'heure est venue d'après l'inspection du ciel.
Ce travail, en /somme, brille par la piété plus que par la science; Biais i*on y trouvera néanmoins de précieux renseignements sur le style et l'érudiUon de Grégoire de Tours.
Le Bourgeoii poli et son autair.
Mon cher Monsieur,
Depuis longtemps je ne m'occupe plus guère de recherches
sur la typographie chartraine.mon imprimerie et mon journal preoanl tout mon temps, et je ne sais pas si je vous ai envoyé une petite notice biographique sur un anonyme de notre ville, dont j'ai râmprimé, à petit nombre, un opuscule fort rare, car l'original que je poeafcde est peut-être unique; en cas d'oubli de ma part, je vous envoie cette page, qui termine ma réimpression. Les poétiei du même aolenr, dont il est parlé dans cette notice, ne sont pas anonymes et je les ai également. Si vous avez besoin d'en avoir le titre exaa, je vous renverrai, comme celui du Bourgeois poli.
Veuillez croire, mon cher Monsieur, à tous mes sentiments affectueux.
GAEmn.
Chartres, le 13 mai 1856.
Voici le titre de la réimpression fac-similé faite par M. Gamîer, imprimeur de Chartres.
Le Bovrgeois poli. Ou se voit l'abrégé de diuers compliments selon les diuerses qualités des personnes , Oeuure très utile pour h conuersation. (En IX dialogves, en prose.) A Chartres, chez Glavde Peigné, imprimeur, rue des Trois-Maillets, M.DC.XXXI. (Chartres, imprimerie de Garnier, août 1647), in-18de 3 feuillets non chiffrés et 39 pages.
Cette réimpression élégante, sur papier vergé, n'a été faite qa'à 70 exemplaires, et est déjà devenue rare.
La 59* et dernière page se termine par ces mots : fin êam fin. A sa suite est une page signée G. D. [Gratet Duplessis, qui a soigné la réimpression du petit volume]. C'est une note du savant éditeur, ainsi conçue :
tt Les rares monuments qui peuvent jeter quelque lumière sur la vie intérieure et sur les habitudes domestiques de nos aïeux oui assez de prix aux yeux des véritables amateurs, pour qu'ils mettent tous leurs soins et même une certaine ardeur à les recueillir. Ce* donc pour satisfaire un goût que nous partageons, que nous avons \oiilu tirer de ToubU un petit livre tout à fait inconnu, dont nous n'avons jamais vu d'exemplaire que celui qui a servi de copie à cette fidèle réimpression. 11 nous a semblé que cet opuscule, écrit avec une naïveté qui n'est dépourvue ni d'art ni de grâce, présentait une esquisse aussi vraie qu'agréable des UKEurs de la bourgeoisie chartraine au commencement du XVll® siècle, et dès lors nous avons désiré communiquer à quelques lecleui-s choisis le plaisir que nous
avions retiré de cette lecture. Celte rcinipression a été liréc à 70 exemplaires seulement, et reproduit avec exactitude l'édition originale. » G. D.
Lors de la réimpression du Bourgeoiâ poli on ne connaissait point encore le nom de l'auteur de cet opuscule ; mais des recherches actives ne tardèrent pas à le faire découvrir. Immédiatement il fut imprimé un feuillet, non paginé, qui fut placé à la fin du volume (il faut même s'assurer s'il s'y trouve, car il est détaché] ; ce feuillet donne les renseignements suivants sur le Bowrqeoit poli et son auteur :
Dqrais ia réimpression de cet opuscule, nous avons été assez heureux pour en découvrir l'auteur. Le Bmirgeois poli est une des premières œuvres de François Pédoûe, chanoine de Chartres.
Né à Paris, d'une noble race, Pédoûe appartenait à la Beauce par la famille de sa mère, Françoise de Tranchillon, sœur de M. d'Armenonville, dans le château duquel il fut mis en nourrice. Après de brillantes études chez les jésuites de la Flèche, ce jeune homme fut promptement pourvu, par les soins du cardinal de Retz, d'une prébende de la cathédrale de Chartres, dont il prit possession en 1623. Agé alors seulement de vingt ans, et n'étant pas encore engagé dans les ordres sacrés, il employa douze années d'une vie plus séculière qu'ecclésiastique à publier, en vers et en prose, des productions légères qu'il ne tarda pas à désavouer, et à supprimer, autant qu'il hii lut possible. Un des rares exemplaires de ses poésies, imprimées à Chartres, chez Peigné, en 1626, se trouve dans la riche bibliothèque de notre compatriote, M. Roux, ancien professeur de rhétorique. Le chanoine Lefebvre, auteur de la vie manuscrite de Pédoûe, parle « d'un de ses ouvrages, entre les autres, intitulé Le Bovrgeùiê poli, » dans lequel étoit représenté au nayf toutes les conditions ; et n'y
> avoit ni petit ni grand qui n'en fust garni b. Le môme bi(^n^phe nous le représente alors a vestu de satin, portant point coupé à son
> rabat, escorté de deux laquais dont il avoit appelé l'un Tant-Pis et » l'autre Tant-Mieux, enfin général de l'Ordre des Chevaliers de n Sans-Souci» , dont il avait été le fondateur, et avec lesquels sa verve hisait assaut de saillies et de réparties.
Cette jeunesse exubérante fiit suivie d'une carrière admirable de «dnteté et de vertus. Les grands services que Pédoûe a rendus à la cité en qualité d'échevin^ son rôle de négociateur et do pacificateur dans les sanglantes querelles des Nobles et des Bourgeois, en 1651, les oeuvres de charité qu'il a fondées, et dont la principale subsiste encore après plus de deux cents ans, l'austérité des trente dernières années de sa vie, le zèle infatigable avec lequel il s'est dévoué aux choses de son ministère : tels sont les titres sérieux qui le reonnmandent à la postérité chartraine, bien plutôt que ce badinage de sa 9, auquel vient d'être donnée une nouvelle publicité.
IS MA.M'SCRIT INÉDIT DE !VKRARD DE SAIITr-JUST.
Les bibliophiles connaissent tous le nom de cet écrivain fort médiocre : il avait la manie de publier des opuscules à très petit nombre, d'en faire tirer des exemplaires sur vélin ; c'était le seul moyen de leur donner du prix.
M. J.-Ch. Brunet n'a point manqué, dans le « Manuel du Uhrairet, tome ni, page 360, d'indiquer onze des productions de cet autev; il signale entre autres ses FaUe$ ei ConttBy 1791 (la Bibliothèque impériale en possède un exemplaire sur vélin, décrit dans le Catalogue de M. Van-Pract, t. IV, p. 243); il n'oublie pas VOùcaêion ei le JUammi, recueil de poésies fugitives, le plus considérable des ouvrages de Mérard; il est divisé en quatre tomes; oTEspritdes journaux», juin 178-2, p. 4i, en rendit compte.
Le m Manuel > cite le Catalogue Labédoyère (1837), n"* 1301, comme donnant les titres de dix-huit ouvrages de Mérard ; le Catalogue Bignon (1848), n** iâl2, 2225, en signale un plus grand nombre; nous nous contenterons d(ï citer la Lrifre dWrtiomphile sur PExpotitkm du Louvre en 1781 ( indiquée comme tirée à six exemplaires seulement).
On sait d'ailleurs que Mérard de Saint-iust est l'auteur d'un recueil fort peu édiûant, en vers et en prose, intitulé : Œucres de la mar* quise de Palmarèze, ou Espiègleries,' joyeusetés , botis-mots, 3 vol. in-18. Voir la note du Catalogue Solleinne^ n"" 3863. A la vente Nodier, en iSik, un exemplaire sur grand papier véhn fort, avec additions et corrections autographes, s'est adjugé à lli fr. (n® a67).
M. Renouard, qui avait connu NlSrard, a dit de lui : a C'était ua assex bon homme, mais une sorte do niais eii littérature. Sans cesse occupé II composer de petits romans, de petites poésies, et à en faire de petit(»s éditions, tirées à fort petit nombre, il ne se reposa que quand des revers do fcn-tune le forcèrent de mettre fin à cette continuelle élaboration ; sans cela, le recueil de ses œuvres formerait peutêtre 60 à 80 volumes in-18. Le nom de Didot fait sinon estimer, au moins conserver chez les curieux six ou huit de ces volumes ».
J'ai acheté un manuscrit autograplie intitulé : Mélangea. Ludibris venlis. L'auteur destinait complaisamment ces vers à TimpreasioD; il donne des instructions au typographe ; nul ne sera sans doute tenté de tirer ces poésies de l'obscurité ou elles reposent; une portion d'entre elles, fruit de la vieillesse de l'autour (il mourut en 1813), sont assez maussades : d'autres, composé^5 bien antérieurement, montrent le rimeur (Votiquc et le conteur graveleux. Dans ce nombre, on distingue les Pommes d'or, chaason, et un petit conte intitulé : Les goûts de ces dantea. Parfois, on rencontre des tradiidioni de poètes latins: Moranl s'est oxorcé à faire passer dans notre langue le Perri-
iigiupn Venerh (1), et la tirade de Juvénal sur Mcssaline. Voici les derniers vers de cette terrible diatribe :
Mais cependant du jour l'aube va bientôt luire ; Le chef du lupanar veut que Ton se retire ; Messaline frémit, et, maudissant son sort, La première au travail, la dernière elle sort: Bf!« sort à regret, encore extasiée, Lasie, n'en pouvant phis, mais non rassasiée, Et de r affreuse odeur qui vient de la souiller, Impunément de Glaurld infecte l'oreiller.
?fou9 finirons en transcrivant un quatrain oii se glisse pe<it-élrp fine intention épigrammatique.
Ici gît une chatte; on fa nommait Pomponne,
On ne lui doit regret aucun,
Elle égratignait un chacun; Sa maîtresse jamais n'égratigna personne.
SUR MARIE CàPELLE, DàMB UFARGE.
Mon cher monsieur Quérard,
En franc bibliophile et en bibliographe consommi», comme je vous connais, vous êtes, j'en suis sur, friand de primeurs littéraires, ou, pour mieux dire, de morceaux inédits. Je ne doute nullement aussi que vous n'acceptiez sans cérémonie la copie d'une lettre ciffietise que je vous offre de grand cœur. Elle est d'une femme qui, on Y à prétendu, à voulu devenir célèbre à la manière d'Erostrate, faire du bruit, tous l'avez nommée : c'est M"" Lafarge. L'original de cette lettre médite m'avait été donné, i! y a dix ans, par M"* R... h qui M"* Lafarge s'adresse, et, maîlienreusement pour moi;, j'eus le torf de faire éclater vivement une joîc par trop autographomanr. Cette lettre me fut redemandée sans pitié.
Maintenant, monsieur, je m'empresse de vous donner des détails authentiques sur son origine.
Vous savez que M** Lafarge a subi la plus grande partie de sa peine dans la maison centrale de Montpellier. La prisonnière de la tour élevait trois tourterelles, qu'elfe affeclionnait beaucoup. \Jn jour ces oiseaux s'envolèrent. M"' Rocjnet, qui dejneurait en face de la prison, eut l'amabilité de lui en rapporter une qui s'était abattue sur
f f) Nôïontf eti passant que le tette Litin do ce petit poème, accompagné d'une diasei'tatioB et. d'une traduction en vers, par M. &i Guyrol, se Irotve da» les Métaoins de la Seciété d*AbbevUle, 183(»-37. et renvoyons ii une ■oie àa aavaiil ouvrage de M. Edelesland Dumêril , Poésies popiêlmrfê latinm, p. HiL
le toit de sa maison. M"** Lafarge, reconnaissante^ se lia intimement avec cette dame, et l'engagea à lui envoyer son petit ange Uood pour charmer s<a captivité. Marie Capelle prit ce petit garçon ea afiectioo, et quand il venait la voir, elle lui remettait une lettre pour sa mère. Celle que je vous envoie est une des premières qui furent reoiises à Tenfant.
Elle respire une charmante sensibilité, et me paraît étrangement significative par son poêi-êcripium. Je crois remplir la missîoD dont M"« Roquet avait été chargée.
Dans tous les cas, c*est un document de plus à ajouter à tous ceni qui pourront un jour éclairdr les ténèbres de cette mystérieuse existence.
Vous pouvez publier ma lettre comme pièce justificative.
J'ai l'honneur, Monsieur, de vous présenter mes respects, en voas priant d'agréer mon affectueuse estime.