Encore le décret sur T Institut; par M. Léon Plée
Impr. dans « le Siècle », no du 6 juin. Contre l'article de M. Granier de CÂnagnac, donné au < Constitutionnel » quelques jours auparavant.
75. Académie des Sciences morales et politiques (par M. Eug. Pelletan).
Impr. dans le journal le « Dix-neuvième Siècle *, dont M. Pelletan était le rédacteur en chef, no du 21 novembre 1841 .
76. Académie (1') des Sciences morales et politiques; par M. Frédéric Morin,
Impr. dans la « Revue de Paris >, en août et septembre (1«0 1855.
LETTRES BIBLIOGRAPHIQUES
Monsieur ^éditeur du journal le QoitABD.
Monsieur, Vous qui connaissez si bien tous les petits secrets de la bibliographie, vous n*ignorez pas quel prix les Anglais attachent à des éditions françaises du Nouveau Testament, où Ton s'est permis en effet quelques altérations dans le texte sacré. Les théologiens d'Oxford, s'emparant de cette drconstance, font grand bruit de ce qu'ils appelteul \^^t«»às^
audacieuses du papisme. Il s'agit de la traduction connue sous le nom
des docteurs de Louvain.
La Vulgate rend ainsi deux passages du Nouveau Testaaient; dans le premier, il s*agit des apôtres : Ministrantibw auiem illiê Domimo rt jrjunantibm (Actes, XIII, 2); dans le second, saint Paul écrit aux Corinthiens : lp»e aulem salvus erit; sic lamen quasi per ignem. (!'«épître, ch. I!!, v. 15.)
L'édition de Rouen, 1611 (1), et plusieurs autres également anciennes, traduisent ainsi ces versets : «Servaût dans leur i&inistère au Seigneur et jeusnants. — Il sera sauvé toutesfois ainsi comme par te feui.
Dans l'édition de Paris, 1647, in-4, on lit: a Eux donc disant la MESSE au Seigneur » . Le passage de saint Paul est conforme à l'édition de 1611; seulement une note marginale porte que : a saint Augustin et austres interprètent ce feu estre le Purgatoire n .
L'édition de Paris, Charles Fosset, 1672, in-12, reproduit le texte de 16i!i>7; le mot messe est hardiment introduit dans le récit de saint Luc ; le mot de Purgatoire reste en marge.
On est allé plus loin dans une édition de Bordeaux, 1686, in-8, veuve G. de La Court; le passage de l'épître aux Corinthiens est traduit ainsi : « Il sera sauvé quant à luy, ainsi toutefois comme par le feu du Purgatoire)). \}n clergyman , auteur de bons ouvrages de bibliographie, le docteur Cotlon, a publié en 1827 un écrit spécial sur cette édition, qu'il signale comme extrômcment rare, les exemplaires ayant été supprimés à cause du scandale que produisit l'altération du texte sacré.
Je possède une édition de ce même Nouveau Testament, Bordeaux, (i. de Ui Court, 1661 , 5138 pages ; tome II, 1663, 390 pages. Je la crois 1res peu commune, et les bibliographes que j'ai consultés n'en parlent |)oint; la bibliothèque publique de Bordeaux ne la possède pas, circonstance singulière, puisque ce volume aurait dîi se trouver parmi les livres prov enant des couvents de la ville, et qui sont entrés eu si grand nombre dans le dépôt municipal. Voici comment se présentent les deux passages controversés :
a Comme ils leitourgisoicnt au Seigneur, disant LA MESSE.
M II sera sauvé quant à luy» ainsi toutcsfois comme par le feu au Purgatoire » .
Remarquez la gradation et les quatre états différents de cette phrase. D'abord il n'est question que du feu, comme dans la Vulgate: ensuite vient une note marginale, qui annonce qu'il s'agit du Purgatoire; en troisième lieu, le mot Purgatoire se glisse dans le texte, mais en italique ; une différenco est ainsi signalée ; enfin il est imprimé saa^
(!) Observons en passant que le frontispici' de co Nouveau Testament est ornr de la marque^ de riini»rimpur, la(iuclle ropréK*ntc une femme dépouillée du plus simple vêtement. CoAW in('on\enancp, qui ne se reproduirait pas •lujourd'liui, n'isl paR trèfi rare dans les anciens livres. 11 suffira de rappeler quelques-unes des vignoUesqui iu-«'oinpagnent U^ Psaume» de Marul, Lvon, / (h rourne^. 1563.
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que rien le dislingue du reste, et l'immense majorité des lecteurs a dû croire et a cru que saint Luc et saint Paul avaient en effet employé les mots meê9e et purgatoire.
Le Gataloguede la belle bibliothèque de sir Thomas Granville (jointe au Musée britannique) signale, parmi les raretés qu'elle possède, l'édition de 1686 (p. 724), et elle indique (p. 451) un opuscule anglais imprimé à Londres en 1674, et provoqué par l'édition de 1672 : Famou$ amfertnce beiween Pope Clément the Xth and cardinal de Monte Atto^ conceming the late Discovery of the Musse in Holy Scripture.
Je lis dans le Serapeum, 1849, p. 381, qu'à la vente Lyte, à Londres, en 18i9, un exemplaire de l'édition de Bordeaux, 1686, fut adjugé à 26 livres sterling (662 francs)! En France, elle n'aurait pas été cataloguée, et se serait donnée à vil prix ; car on ignore les circonstances qui doivent la faire rechercher.
Donnez place, monsieur, dans le Quérardy à ces détails, si vous les jugez dignes de cet honneur, et agréez, etc.
Un bibliophile de province.