MISCELLANÉES BIBLIOGRAPHIQUES
La Légende du bonnet quarré. — On connaît, sous le titre de Légende et description du bonnet carrée un opuscule en vers, qui est demeuré en vogue, et qui renferme des traits satiriques et ingénieux contre les gens d'Église, les gens de loi et les professeurs pédantesques. Deux éditions ont paru de ce livre : l'une, qui ne se retrouve plus, porte le nom de Blason, et a été reproduite dans le tome XIY de la collection des Joyeusete:^^ mises au jour chez Tcchener ; l'autre, datée de Lyon, 1578, Pierre Hazart, petit in-8del3pages, a été réimprimée dans une publication qui a cessé de paraître : le Journal de Camateur de livres. Paris, Jaonet, 1. 111, p. 189-204.
Ce que le dernier éditeur de cette satire a ignoré, et ce que peu de personnes à Paris savent, c'est qu'un fécond écrivain allemand, auquel on doit une curieuse paraphrase de Rabelais, Jean Fischart, a traduit, ou plutôt imité, en vers gennaniques, cette legetide, en conservant assez fidèlement sqb titre. Voici le titre exact de cet écrit : Die wundêrUchsif unerhoBTtest Legent und Beschreibung des abgefUhrten y qufouriiwten, vicrheernigen Jesuiten HiUtleins, 1580. Ce pamphlet fut réimfffimé ea 1591 et en 1593.
SujfpUmeni au Catalogue des livres de la bibliothèque de Saint- Victop. — Fischart, que nous venons de nommer, s'amusa à publier, en 1590, un catalogue de livres imaginaires , inlilulé : Catalogus ca-^ lalogorum perpetuo durabilis. Cet inventaire n'a pas été connu, ce mo semble, des auteurs de divers articles sur les ouvrages supijosês^ insérés au Journal dr Famafrur de livras, Mw^ ç^tWv^ àsi^ vmVSi
qu examine Kiscliarl se trouve déjà dans Rabelais; il y a joint des ouvrages réels i?i d'autres dont il est l'inventeur; quelques titres sont en latin, d'autres en allemand; ces derniers, en général fort longs, ne sauraient être traduits d'une manière exacte. Citons on petit nombre d'exemples :
Gabelinus, De Co$mograp/Ua Furgaiorii.
Olearius, De Fide canâibùuirum in êocerdoies. (Ouvrage non imaginaire, réimprimé assez souvent; le a Manuel du Libraire » en signale les diverses éditions, etDibdin, Bibliographical Decameroo, t. I, p. 229-235, en parle avec détails.)
Anatomie des puceê.
Le Jardin d'épines spirituel^ dans lequel il faut, selon la règle de saint François, traîner la chair rebelle, après l'avoir roulée dans h neige ; par frère Jacques de Gamibus.
On trouvera dans l'ouvrage de Floegel, Geschichie dtr komiMchm Liferatur, 1786, t. III, p. 391, des titres allemands qu'il serait trop long et très inutile de transcrire ici.
J'ajouterai seulement que la a Revue archéologique» , n** du 15 septembre 1851, t. VIII, p. 354-363, renferme une Notice de M. Silvestre sur l'ancienne bibliothèque de Saint- Victor, envisagée au point de vue historique, et nullement sous l'aspect rabelaisien.
Bibliothèque bibliophilo- facétieuse des frères Gébéodé. — Notis avons déjà eu l'occasion de parler d'une petite collection qu'ont entreprise deux bibliophiles, et qui a pour titre : Bibliothèque bibliophihh facétieuse éditée par les frères Géhéodé. Trois tomes ont déjà vu le jour. Le preniier a reproduit une ravissante production imprimée en 1608 : Le premier Acte du synode nocturne à la ruine de Calianihe\ le second a donné des extraits de divers ouvrages facétieux ; le troisième, qui vient d'être mis au jour, offre un choix de Chansons historiques et satiriques sur la Cour de France.
Ces couplets, qui commencent en 1615 pour se terminer en 1746, ont été pris dans un des nombreux recueils manuscrits de ce genre qui existent dans des bibliothèques publiques ou dans les cabinets de quelques amateurs. On sait que la plupart de ces poésies sont d'un genre qui n'en permet pas l'impression. Les frères Gébéodé ont prudemment laissé de côté tout ce qui était de nature à révolter le moins chaste des lecteurs et à faire rougir un matelot. Ils se sont bornés à ce qu'on peut placer dans un livre, qui pourrait, s'il recevait tous les dévdoppements dont il est susceptible, occuper une place non loin de Brantôme et de Tallemant des Réaux. Quelques notes ont été ajoutées en certains endroits. Il est à regretter que plusieurs fautes typographiques soient restées dans ce livret de 125 pages ; mais il faut les imputer à ce qu'il a été imprimé en Angleterre. B.