‹ Le QuérardChapitre 54 sur 166 · COMPOSITEUR DE MUSIQUE FRANÇAIS · texte numérisé non relu

COMPOSITEUR DE MUSIQUE FRANÇAIS

S les premièreo années de la Révolution (en 1792), est mort à m honnne dont les compositions musicales avaient fait le charme nateurs pendant les vingt précédentes années. Quel était cet e? L'n vain mystère, si Ton recherche sa naissance, sa famille, ie et son nom; une réalité estimable, si Ton considère sa conson caractère et son talent. Ne voulant pas se nommer, il signa eniières compositions d'abord de Z., puis D, Z., dont, par la iciation, on a fait I)rzc(h. S'appelait-il Desèdes, Dezèdo, De- 011 Desides (suivant la forme anglaise) ? D'où lui venait ce nom? était sa pal rit?? l'Allemagne, l'Angleterre ou la France? Quel :>n pèie? Vnc miniature, une tresse de cheveux, une inscription nte, récemmcMît découvertes, font murmurer aujourd'hui le 'un roi, de Frédéric-le-(irand. C'est qu'effectivement ce futw sitoui" élait le fruit de l'amour illicite de Frédéric- le-Grand et )elle Barbarini, aFlisle du Théâtre royal de Berlin. 11 fut transà Lyon , presque aussitôt sa naissance. Aucune biographie

encore fail connaître ces particularités. On savait se^ilement *zède (1) i(u:e\ail d'une main inconnue, pendant sa jeunesse, îusioii de -25,000 fr., et que cette somme avait été doublée à je de Sii majorité. Mais le jeune honmie était tourmenté par la ' du mystère doni son origine était enveloppée; il avait besoin r; il voulait déchirer le voile qui le séparait de sa famille : on it que, s'il pers<'véj'ait à vouloir éclairer ce que l'on croyait aire de laisser dans les ténèbres, la source de sa fortune tarirait ►t. 11 ne tint compte de la menace : sa pension fut supprimée; )a dans la misère, et il dut songer à travailler pour vivre. 11 ludié par amuseuKMit la Musique; un abbé lui avait enseigné la

et il se trouva, par bonheur, qu'il avait du goût pour la comn. 11 lit la musique d'un assez grand nombre d'opéras-comiques t été représentés sur la scène italienne à Paris, dont les paroles plupart étaient dtî Monvel (mort membre de l'Institut); il rapid(^ment au succès : on goûta surtout les mélodies où il it de peindre les impressions de la nature, les mœurs et les is des villageois, selon la manière de sentir propre au XIX* siècle; ithousiasma et on le surnonuna même « l'Orphée des champs » . u'aucun de ses opteras ne soit resté au répertoire, il en est irs dont on a conservé le souvenir; par exemple : Les irais rs et Blaisf et BnheL

1 a vécu en France, et nous le comptons au nombre de ceux dont le i honoré notre patrie; il est <lonc naturel de ^ivéÇçT^T^^xixVwVÎWi- (ie son nom, une forme française.

La première composition de Dezède parait être celle de la muâque de la Cinquantaine, pastorale en trois actes (paroles de DesfoDtaines), 1771. Lié avec Monvel, il fit la musique de toutes les pièces suivantes de celui-ci : Julie, comédie en trois actes, 1T7S; F Erreur d^un moment y ou la iuite de Julie, comédie en un acte, 1773; lei trois Fermiers, comédie en deux actes, 1777; Jérôme le porte» de chaises, comédie-parade en deux actes, 1779; Biaise et BakH, w la suite des trois Fermiers, comédie en deux actes, 1783; Aleais H Justine, comédie-lyrique en deux actes, 1785; Sargines, ou FÈlhe de l'amour, comédie en quatre actes, 1789. Il fit aussi la musique de Cécile, comédie en trois actes (par Mabille, inspecteur des forêts de la famille d'Orléans), 1780 (1), et celle d* Auguste et Théodore, m les deux Pages, comédie en deux actes (par le baron de Mantauffeld), 1789. On a toujours fait erreur en donnant Dezède comme collabo^^ teur du baron de Mantauffeld. 11 n'est absolument pour riod dans la pièce intitulée a Auguste et Théodore, ou les deux Pages », quoique la pièce porte son nom, et en voici la raison. La pièce composée par le baron de Mantauffeld était primitivement un opéra-comique dont Dezède avait fait la musique. Lorsqu'à la demande de M'** Contât, qui voulait donner un rôle à Fleury, l'auteur la transporta au Théâtre- Français, on mit, comme auteur, le musicien, afin de le dédommager de la perte de sa partition. Mantauffeld était Prussien, et connaissait l'origine du compositeur ; pour être utile à celui-ci auprès de la famille de Frédéric II, mort en 1786, il plaça l'action de cette pièce à la Cour de Berlin, mit le défunt roi en scène, sous un beau jour, et laissa à Dezède le mérite de cet hommage à la mémoire de Frédéric, car la pièce ne porte que son nom et les initiales B. M. Le baron de Mantauffeld avait composé une seconde pièce, intitulée : Ferdinand, ou la suite des deux Pages, dont Dezède avait ausâ fait la musique, mais qui ne paraît pas avoir été imprimée.

On cite de Dezède la musique de beaucoup plus de pièces que nous n'en indiquons; mais n'ayant pas réussi à la scène, librettiet partitions sont restés en manuscrits, ce qui fait que nous ne pouvons ni faire connaître les auteurs, ni donner de dates pour les partitions. Parmi ces pièces dont Dezède a composé la musique, on cite notamment: te Stratagème découvert (1773), Zulima, opéra-féerie; A trompeur, trompeur et demi; à l'Opéra : Fatmé,oule Langage des fleurs; Péronne sauvée (1785), Alcindor (1787).

En 1785, le duc Maximilicn de Deux-Ponts, depuis électeur et roi de Bavière, fit venir Dezède à sa Cour et lui donna un brevet de capitaine, avec cent louis d'appointements, sans lui demander rien de plus que sa présence à Deux-Ponts , pendant un mois de chaque année.

(1) Sur le frontispice de la pièce imprimée, le nom du composîteor est écrit Dezaides.

Dezède aùuail le luxe, la belle toilette , les broderies, les grands airs; il affectait la brusquerie, le ton grondeur; on prétend que, par sa tournure et son geste, il avait quelque ressemblance avec Greuze. Il était dissipateur, généreux, spirituel. On conçoit qu'avec ses travers et ses goûts, Tarrière-saison arrivant, Dezède devait tomber dans la misère, et cela était inévitable, si le comte de Gardenne, qui le connaissait et lui portait un grand intérêt, ne l'avait attiré chez lui, où il s'éteignit entouré de constantes sollicitudes, en 1792, ainsi que nous l'avons dit.

Greuze, qui était intimement lié avec Dezède, a fait son portrait; il est la propriété de M. le comte de Gardenne, le fils de celui chez lequel, dans ses dernières années, le musicien avait trouvé une noble hospitalité. Ce portrait a été dessiné par M. Chevignard, et une jolie gravure sur bois en a été insérée dans le a Magasin pittoresque», novembre 1854, à la tète d'une Notice sur Dezède (par M. Gilbert, membre de la Société impériale des antiquaires de France), notice que nous reproduisons ici avec quelques changements et additions.

REPONSE A LA QUESTION BULIOGRAPHIQUE DE M. B. G...^ BIBLIOPHILE DB NANTES.

Monsieur,

Je viens de lire, dans les numéros 7 et 8, pages 269-70, de votre estimable et excellent journal le Quérard, une réclame de M. E. G... sur un volume manuscrit de la a Cité de Dieu d, et je m'estime heureux de pouvoir lui fournir, non-seulement quelgttes renseignements y mais tous les renseignements qu'il a l'espoir d'obtenir.

Le manuscrit qu'il recherche est maintenant le plus bel ornement de la bibliothèque du muséum Meermanno-Westreenianum^ à La Haye. Voici comment il y parvint.

M. Gérard Meerman, auteur des Origines typographicœ, possesseur d'une grande bibliothèque, a acheté en 1765, en bloc, les manuscrits du collège de Clermont. Ils sont indiqués dans le Catalogus manuscriptorum codicum coll^ Claromontani, etc. Parisiis, in Palatio, apud Saugrain et Leclerc, 1764, in-8.

Parmi ces manuscrits se trouvait, sous le n<» DCCLXXV, « la Cité 9 de Dieu, de saint Augustin, translatée de latin en français, par Raoul » de Presles, deuxième partie, qui comprend le XI* livre jusqu'au XXll« » inclusivement. 1 vol. grand in-fol. sur vélin, écrit à deux colonnes o (de 252 feuillets), avec une miniature au commencement de chaque » livre, et des lettres capitales en or bruni, bien conservé.

» Si ce manuscrit n'est pas original, il est du moins précieux et cu- » rieux par la finesse du vélin, la beauté des vignettes et autres ome- » ments.

ii On lit il la fin, aprc^ Explirîi : Cette translation et exposition fu » conjim.'nœe par Niaisire Raouî de Preslps, à la Toiissaîns, l'an de » grâce mil CCCLXXI, et fu achevée le premier jour de septembre Tan » de grâce mil CCCLXW. Deo gratias » .

M. Meerman a inscrrit en marge la note suivante :

(( Dolendum quod hfx: exemplar sil niutilum, quia codex hujus libri » vetustus est. 11 y a à Abbevilleun manuscrit de 1387, id est oannis » post mortem auctoris. Et ad hune codicem facta est edilio Abbev.

» a. am».

M. Meerman acheta, en J769, à la \ento Gaignat, le n® 242, c'est- «'j-dire un manuscrit de la « Cité de Dieu », qui contient les dix premiers livres. Pour compléter son exemplaire, il hii ôfa son ancienne reliure vl le lit relier avec le manuscrit de la Bibliothèque de Clcrmont, en deux volumes, en cuir de Russie. Heureusement les marges sont restées intactes, de sorte (pie Ton y \oit encore très distinctement les armes de domines, qui, du reste, se trouvent répétées au bas des grandes miniatures, qui ornent le commencement de chaque livre.

Dans la « Bibliotheca^ Meermannianai supplementum secundum m, manuscrit on se trouvent les achats faits par M. Meennan depuis 1786. h» possesseur a inscrit ces volumes de la manière suivante :

(( Les livH's de saint Augustin sur la «Cité de Dieu ». translatés du » latin en français par Kaoul de Prosles. Manuscrit sur \élin. m deux » volumes, dont chaque est de diflërenLe main, l-e premier esl orné » de 286 excellentes niinialures. Le second, qui paraît plus ancien, » a dix miniatures faites avec finesse, mais qui cèdent en beauté à » celles du premier volume ».

En marge il indique le prix d'achat, de 170 florins (359 fr. 78 ci. Ce ([ui s'explique ainsi : le deuxième volume, celui de Clermont, n'est pas porlé (.'il ligne df compte, puisqu'il était acheté eu bloc avec tant d'autres manuscrits, ix) premier \olume coulait, à la vente Gaignat, :W)0 fr. (IVI il. 75). n U's59 fr. 78c. rrsiants se retrouvent soit daus 1rs frais de venl(", soil dans le prix des reliun.'S.

La Bibliolhèciue de M. (i. Meerman ])assa, ai)rès s«'i mort, à siHi lils, le savant Jos. Meennan. Ce dernier élait coushi germain du banm de Westreenen, un bibliophile très distingué, qui avait réuni une belle bibliothèque, riche surtout en éditions du XV^ siècle.

11 i)araît (jue Meerman, pour témoigner de son all'ection pour son cousin, lui lit cadeau de plusii;urs ouvrages remarquables dt» sa Bibliothèque, entre autn'S de saint Augustin. C'est pourquoi ces volumes ne se trouvent j)oint au Calaloguc; d(* la vente des livres de J. Meerman. qui eut lieu à La Haye, en 1824.

M. Van Westreenen acluaa à celle vente, pour un(i somme très considérable, et augmciula sa collection de beaucoup d'éditions rares et précieuses, et di3 quelques manuscrits. Après sii mort , ([ui arriva en W35, i) Jaissa toutes ses collections, livres, manuscrits, antiquités, médailles, etc. , avec tous ses b"u^t\s '^ Yt\'AV, ^^w^ ç.^w^x\1xqçv d'en for-

mer, dans son tiôtcl, un musée, qui, pour honorer aussi la mémoire de son cousin Meerman , porterait le nom de Muséum Meermanno- Westreenianum. Le gouvernement ayant accepté ce legs, j*eus l'honneur d'en être nommé le directeur. Les travaux qu'exigeait l'arrangement de ces différentes collections m'ont mis à même de fournir ces renseignements à M. G...

Je vous prie, monsieur, de vouloir bien les lui communiquer. Agréez l'expression des sentiments distingués avec lesquels j'ai l'honneur de me nommer, monsieur, votre obéissant serviteur,

J.-M. HOLTROP,

Bibliothécaire en chef de la Bibliothèque royale de La Haye. La Haye, ce 5 juin 1856.

Sur un mot fameux de Talleyrand^ qui.... n'est pas de Talleyrand.

Tout le monde attribue à Talleyrand cette observation peu flatteuse pour l'espèce humaine, a que la parole a été donnée à l'homme pour déguiser sa pensée » . Certes ce n'est pas à nous, humble comparse, qu'il appartient de juger les traits plus ou moins spirituels de l'illustre diplomate. Nous ne dirons qu'un mot. C'est que, sMl n'a fallu que ce trait pour établir la réputation de Talleyrand comme homme d'esprit émérite, cette réputation, il l'a franchement volée, puisqu'il la doit à Voltaire : Dialogue XVII des « Dialogues et Entretiens philosophiques (édition stéréotype de F. Didot), intitulé : le Chapon et la Poularde». C'est dans la bouche ou plutôt dans le bec du chapon, un chapon! que Voltaire a mis cette boutade chérie des misanthropes (1). Mon spirituel ami De... est aux anges de cette trouvaille. Et... voilà comme on écrit l'Histoire, s'est-il écrié. Vous, monsieur Quérard, dans votre justice bien connue, vous n'ajouterez que deux mots : Suum cuique.

Votre tout dévoué,

£. Grtmal.

L'aphorisme en question n'est pas la première chose qui ait été contestée à Talleyrand. Un livre tout entier, très important, qui lui a fait une grande réputation, est devenu le sien par le même procédé. Tome IV, pages 441-42 de nos a Supercheries littéraires dévoilées », nous avons établi que le célèbre a Rapport sur l'instruction publique », fait à r Assemblée nationale en septembre 1791, et imprimé sous son nom, est de H.-C. Guilhe, ancien directeur de l'École royale des sourds-muets à Bordeaux. J.-M. 0-

(I) Voici la phrase tout entière : Ils (les hommes) ne se servent de la pensée que pour autoriser leurs injustices, et n'eti\p\o\«ù\. V^% "^^X^ ^'ît pour déguiser leurs pensées.

LETTRES BIBLIOGRAPHIQUES

EIUUIS BHUOGmAPHIQUIS lELITte.

Au Ridacieur^

Mille pardons, Monsieur, de vous avoir écrit un jour trop t6t : le numéro de mai m'est advenu aujourd'hui. Mon excuse est dans l'irrégularité des courriers depuis que tant de calamités interrompaient les communications... Maintenant Tordre est rétabli.

Pardon aussi de l'observation minutieuse de ma lettre d'hier : fl faut bien passer quelque chose à un pauvre bibliophile exirav^ , qui ne trouve guère à qui parler. Au demeurant, j'ai joint à diverses biographies et bibliographies des notes plus importantes , car je m'honore d'être votre disciple; depuis longtemps vos ouvrages me sont connus; et j'ai appris, par votre exemple, qu'il faut rechercher les opuscules, recueils et journaux, plus difficiles à trouver, au hesm, que les livres.

Perinettez-moi de vous citer quelques-unes de mes notes.

« L'Encyclopédie des gens du monde » et la Biographie-Didot disent, à l'article Bredow (Gabriel-Godefroi) : « Il fut atteint, à Breslau, » d'une maladie incurable, et mourut, après de grandes souffrances, » en i814. C'est vers cette époque que parurent ses Episiolœ pain risienses » (1). (Le Supplément de la « Biographie » Michaud dit simplement : Episiolœ pan sienses, 1814, in-8). Or, en 1814, Bredow était trop malade pour engager une polémique avec les érudits de France, car dans ces Epistdœ la partialité nuit à l'érudition ; aussi excitèrent-elles de nombreuses réclamations, entre autres dans « le Mercure de France». Le fait est qu'elles virent le jour en 1812 : EpiitolœparxsienseSy in quitus de rehus variis auœad studiumantiquitor Us pertinent agitur. Editœ a Praes, Bredow. Leipziae , apud Weidman, 1812, gr. in-8. Je n'eus pas besoin de recourir au « Manuel du libraire » de M. Brunet pour trouver cette date ; je la connaissais depuis longtemps. Voyez «Journal général de la littérature étrangère», août 1812, pag. 248.

On lit à l'article Boettiger (Ch.-Aug.) de la Biographie-Didot , tome VI, colonne 373 : Sabine, ou Matinée d'une dame romaine à sa /of7^f/^, etc., traduit en français (par Clapier). Paris, 1802, in-8, fig. 1802 ! Or l'original ne parut à Leipzig qu'en 1803 ; la seconde édition est de 1806. La traduction française ne parut qu'en 1813 (2).

(1) Il est naturel que la même faute se trouve dans les deux ouvrages, MM. F. Didot ayant acquis la propriété de < l'Encyclopédie des gens do monde » afin d'en pouvoir reproduire tous les articles tels quels. J.-M. Q.

(2) EfTectivement, la première annonce de cette traduction se trouve soos le no 3207 de la « Bibliographie de la France » , ann . 1813, et est ainsi conçut : Sabine, ou Matinée d'une dame romaine à sa toilette^ à la fin du prmm siècle de Vére chrétienne, pour servir à Vhistoire de la vie ôrivée des Romams et à rintelligence des auteurs omicient ; It^d^ivi dft l'allem. de C.-A.

M. Boutard rendit compte de cette version dans le c Journal des Dé* bats» du 27 décembre 1813. Je possède cette traduction et le numéro du journal qui a rendu compte de Touvrage.

Mais cette erreur et quelijues autres que j'ai notées dans les sept premiers volumes de la Biographie-Didot (1), ne sont rien en comparaison d'un amphigouri que j'ai remarqué, il y a longtemps, au tome XXXV, page 5^, colonne 2* de la « Biographie universelle». Voyez les notes du Sophietoska, poème polonais, traduit en français par Trembecki (2). Lisez : Sophiowka, poème polonais de Stanislas Trembecki, traduit en vers français par le comte de Lagarde. Vienne, deTimpr. de Strauss, 1815, gr. in-^, avec six belles gravures en bistre. Superbe édition, honorée de la souscription de plusieurs souverains. On trouve d'amples détails sur le comte Potocki et sa famille, sur Sophiowka et Tremibecki dans le « Voyage de Moscou à Vienne», par Aug. de Messence, comte de Lagarde. Paris, Treuttel et Wûrtz, 1824; 2« édition, Londres, Harding et C*, 1825, in-8. Les méprises de la « Biographie universelle » n'ont point été corrigées au Supplément; elles le seront certainement dans la seconde édition, et l'article Trembecki, incomplet, y sera refait.

Votre tour vient aussi. Monsieur, dans mes épluchures bio-bibliographiques. Au sujet de la biographie de Cyrano de Bergerac , vous dites, dans votre journal, ann. 1856, pag. 195, que M. Œttinger (qui a pris le nom du lieu natal pour le nom du poète ) , mentionne une réimpression postérieure, qui peut-être n'existe pas, sous le titre de : B. Desperriers et (S.) Cyrano de Bergercu;; par Ch. Nodier. Paris, 1841, m-12. Cette réimpression existe; elle a paru, en 1841 , chez

Bœttiger. Paris, Maradan, in-Sde 26 feuilles, plos 13 gravures (6 fr.). A.-A. Barbier, qui, sous le n» 16724 de son € Dictionnaire des ouvrages anonymes et pseudonymes » , a révélé le nom du traducteur, donne la date exacte de cette traduction ; la « France littéraire > la également donnée. J.-M. Q.

2) Il n'y a rien d'extraordinaire que la Biographie-Didot fourmille de foutes it d'indications bibliographiques. Dans un procès récent, on a contesté au dernier des Michaud d'èlre l un des principaux auteurs de la « Biographie universelle » ; et pourtant, non seulement les frères Michaud ont conçu le plan, fourni beaucoup d'articles à ce fu^nd ouvrage, qui restera lon^mps le plus remanpable dans son genre , mais encore ils lui ont appliqué une excellente direction : le marquis H. de Laporte, homme d'infiniment de go6t, a été le réviseur littéraire de l'ensemble de l'ouvrage ; Beuchot, et, après lui» Villenave, ont été les réviseurs de la partie bibliographijque. MM. F. Didot, ne faisant qu'une spéculation commerciale, se sont dispensés d'employer de semblables collaborateurs-accessoires aussi importants.

(2) Cette erreur, fort heureusement, ne se trouve pas dans « la France littéraire », IX, 544, où il est dit au contraire : < Trembecki, qui est considéré » comme l'Homère polonais, ayant entrepris , à l'âge de soixante-dix ans,

> de composer un poème sur un jardin magnifique que le comte Potocki » avait consacré , sous le nom de Sophiowka, à la femme qu'il avait tant • aimée , le comte de Lagarde entreprit de traduire ce poème en vers fran- » çais : il y réussit autant que cela était possible. Cet ouvrage est accom- » pagné de notes savantes , de recherches sur l'origine des peuples slaves. » Les gravures qui ornent le volume sont exécutées par les plus habiles ar-

> tistes de Vienne » . j.-M. Q.

Techener, sur pap. collé. La biographie de Deq»mers tonne 68 p^g» (puis vient une pa^ en blanc), et celle de Cyrano va de la page 71 ï la page 112. Les litre et faux-titre portent par une erreur typognphiqiic : Cirano.

Admirateur de Gh. Nodier, je ne manquai pas d*ac(piérir celte brochure dès que je la vis annoncée au « Catalogue général du Comptoir central de librairie », décembre 18i5, pag. 57, colon. 2^. La biographie de Cyrano a été reproduite dans a TAbeille littéraire )>, 18U, t. II, pp. 104-111.

Je vous prie, Monsieur, de ne voir dans ces notules que TintentioD de prouver que je tiens la bibliographie en honneur, et qu^en conséquence votre recueil m'est infiniment agréable. Votre, etc.

Un abonné au a Quérard ».

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