LES STAEL-HOLSTEIN
STAEL-HOLSTEIN (Ânne-Louise-Oennaine Neckbr, baronne de), l'un des écrivains qui font le plus d'honneur à notre littépalore ; oSeà Paris, le 22 avril 1766, de Tancien ministre de France Neoker. Ble avait épousé en premières noces, en 1786, le baron de Staôl-flolstein, ambassadeur de Suède en FYance, mort en 1802, et en secondes noces (vers la fin de 1810) M. Rocca, nom sons lequel elle ne lot jamais connue ; elle est morte à Paris, le 14 juillet 1817.
M""' de Staël était une femme très remuante et ambitieuse. Elle voulut jouer un rôle principal pendant la Révolution, et n'y parvint point. (( A répoquc où il y eut à Saint-Thomas-d'Aquin un renouvel- » lement du club des Jacobins, presque chaque jour on prononçait » quelques diatribes contre Benjamin Constant et M"* de Staël ; les » journaux du lendemain, en rendant compte de ces diatribes, lui cao- » saient des colères affreuses. Dans ces moments elle envoyait souveut » chercher le [général Le Michaud d'Arçon, son voisin. Après quelques » Jieures elle se calmait, mais le lendemain de nouvelles injures re- » nouvelaient sa colère (1). » Sous le Consulat, M"»* de Staël eut la velléité de devenir un des premiers personnages de France : elle n'ambitionnait pas d'être président du conseil des ministres ; elle se fût contentée d\m pompadouriai ou d'un maintenoniat ; mais Napoléon ne comprenait pas les Egéries. On se rappelle la réponse soldatesque qu'il lit à Coppet à cette femme à barbe. Elle se vengea d'abord de Napoléon, en épousant M. Rocca, en 1810. Puis, la même année, elle lit paraître ce fameux pamphlet contre la France (ïAllemagne), composé en société d'ennemis de la France. Napoléon, chef de l'Etat, fut indigné de cette publication, et la fit saisir. En Russie, son auteur eût été envoyée en Sibérie pour ce crime de lèse-nation ; Napoléon eut la générosité de ne renvoyer qu'à Coppet, dans son château. Ecoutez M. Baudrillart^ son apologiste, poiur savoir comment et dans quel but M*"*" de Staël viola son ban : « Un matin, au printemps
(1) Sou/oenirs du IHrêctoifé ti de V Empire, par M"* la btreone de ¥"* ^aodey). Paris, 1848, iii-8» p. S.
» ^ 1813, avec M. Bocca^ et accompagnée de ses enfants, elle B monte en voiture, tête nue, un éventail à la main, sans avertir ses » gens, comme pour faire une promenade^ résolue à se rendre en » Angleterre par la Russie, puisque toute autre issue lui était fermée. » Elle traverse l'Allemagne, la Pologne, arrive à Moscou avant Tannée » française, conseille, excite l'empereur Alexandre ; passe en Suède, 9 j trouve sur le tr5ne ce général français qu'autrefois elle avait 9 reçu chez elle, Bemadotte; ravive les ressentiments et l'ambi- » tion de cet ancien rival du premier Consul, cherchant parmi les 1 rois des instruments à sa vengeance, semant la haine par l'Eu- » rope; et elle arrive enfin en Angleterre, où elle attend les événe- 9 ments» . Ces événements, c'était l'envahissement de la France, où elle rentre sous la protection des Cosaques et des Anglais, intrigue encore sous la Restauration, meurt enfin en 1817, laissant, pour publier après elle, un autre livre infâme contre la France, ses Considératiom sur les principaux événements de la Révolution française, où, cette fois, ce sont les Anglais qu'elle a mis au-dessus de notre nation. Et nous avons un Institut assez peu français pour avoir mis au. concours reloge de cette anti-française 1